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Le jeu libre pourrait être autorisé dans 1500 rues de Gatineau

Des enfants jouent au hockey dans la rue.

Des enfants jouent au hockey dans la rue (Archive).

Photo : Radio-Canada / Jennifer Choi/CBC

La Commission Gatineau, Ville en santé (CGVS) dresse un bilan positif du projet pilote du jeu libre dans la rue à Gatineau et propose maintenant l’élargissement du projet dans plus de 1500 rues ou impasses.

En février 2020, le conseil municipal de Gatineau a donné unanimement son accord de principe à un projet pilote d’un an qui a permis le jeu libre dans 50 rues de la municipalité. La Ville a reçu 471 demandes de citoyens désirant transformer leur rue en espaces de jeux libres sécuritaires pour les résidents.

Dans le cadre du projet pilote des rues et impasses, 20 d'entre elles à Gatineau, 13 à Hull, 11 à Aylmer, 4 à Masson-Angers et 2 à Buckingham ont permis le jeu libre.

Jeudi, les membres de la CGVS ont recommandé au conseil municipal d'augmenter de façon importante le nombre de rues où le jeu libre sera permis. Le groupe a présenté deux scénarios.

Un panneau indiquant : jeu libre.

La Commission Gatineau, Ville en santé propose l'autorisation du jeu libre dans plus de 1500 rues.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault

Le premier scénario vise à autoriser le jeu libre dans toutes les rues et impasses qui respectent les critères de sélection et de sécurité. Cela représente environ 1600 rues ou impasses. Une analyse plus détaillée de chaque rue devra être réalisée avant d’y autoriser le jeu libre. Ce scénario prévoit qu’aucun panneau de signalisation ne sera installé. La Commission propose cependant le déploiement d’une vaste campagne de sensibilisation.

Le deuxième scénario propose l’autorisation annuelle d’un nombre maximum de 25 rues y compris celles pouvant être comprises dans les pâtés de maisons. Selon la demande, le déploiement pourrait prendre plus de 60 ans. Dans ce scénario, des affiches seraient installées pour signaler la présence d’enfants.

Les coûts liés au premier scénario sont évalués à 148 200 $, alors que le deuxième pourrait coûter presque le double, soit 268 800 $. La signalisation additionnelle et les ressources humaines expliquent la différence de coûts.

La CGVS recommande au conseil municipal d’autoriser la mise en œuvre du premier scénario. La prochaine réunion du conseil municipal aura lieu le 28 septembre. Si le conseil municipal appuie le scénario, un nouveau règlement entrera en vigueur en mars ou avril 2022.

Renée Amyot en entrevue.

La conseillère du district de Limbour et présidente de la Commission Gatineau, Ville en santé (CGVS), Renée Amyot, indique que le jeu libre a permis des rapprochements entre les voisins des secteurs inclus dans le projet pilote.

Photo : Radio-Canada

En entrevue, la conseillère du district de Limbour et présidente de la CGVS, Renée Amyot, souligne que si le projet est adopté par le conseil municipal, les automobilistes devront s’attendre à rencontrer des jeunes dans presque toutes les rues où la limite de vitesse est de 40 km/h.

On se fie à l'intelligence collective. C’est interdit de jouer dans la rue selon le Code de la sécurité routière, mais vous avez toujours vu des enfants jouer dans la rue, soutient Mme Amyot. La décision de la commission de proposer le scénario 1, ça vient normaliser une situation.

Selon elle, la CGVS propose un scénario qui donne l'occasion à la Ville de lancer des messages clairs aux automobilistes.

Il peut y avoir des enfants qui jouent dans la rue. Les rues locales, c'est 40 km/h. Donc on vous demande de lever le pied de la pédale. Il faut que vous respectiez les 40 km/h parce qu'il peut y avoir des enfants, mais pas que des enfants, il peut y avoir toutes sortes de choses qui se passent dans la rue.

Les impacts du projet pilote sur la vie de quartier ont été généralement positifs et une forte majorité de citoyens sondés sont en accord pour que la Ville poursuive le projet et augmente le nombre de rues autorisées au jeu libre, peut-on lire dans le rapport de la CGVS.

À l’heure actuelle, le Code de la sécurité routière du Québec interdit le jeu libre dans la rue. Or, en raison des nouveaux pouvoirs accordés par la loi sur l’autonomie municipale, les villes peuvent toutefois lancer de tels projets.

Les artères devront respecter certains critères de sécurité. La limite de vitesse sur celles-ci doit être de 40 km/h et ne doit pas faire partie du circuit de transport en commun.

Des citoyens satisfaits

Rencontrés jeudi après-midi, des habitants ont souhaité que le projet soit reconduit et que le jeu libre soit permis dans plus de rues à Gatineau.

Les panneaux qui ont été installés pour signaler aux automobilistes qu'il s’agit d'une rue sur laquelle les enfants peuvent jouer sont très utiles, juge Mathias, un jeune résident dont la rue a été sélectionnée pour le projet pilote.

Les voitures les voient [les panneaux], donc elles font plus attention et on a plus de temps pour tasser les buts quand on joue au hockey dans la rue, a-t-il expliqué.

Ça permet à tout le monde de jouer ensemble.

Une citation de :Mathias, résident de l'une des rues où le jeu libre est permis

Quant à l'achalandage, Paul, un résident dont la rue sert désormais d'aire de jeu, n'a pas remarqué de différence. Il y a toujours eu beaucoup d’enfants qui ont joué dans la rue ici, a-t-il fait valoir. Les jeunes continuent de jouer, comme c’était à l’époque.

De son côté, David croit que le choix de sa rue n'était pas optimal étant donné la présence d'un parc et le fait que la rue débouche sur des rues passantes des deux côtés. Il trouve plus sécuritaire de privilégier les culs-de-sac.

Il n'est cependant pas en défaveur du projet, mais souhaiterait que les citoyens soient consultés.

Avec les informations de Gabriel Le Marquand Perreault

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