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Des dizaines d’étrangers évacués de Kaboul

Un couple avec un enfant dans les bras du père sur le tarmac d'un aéroport.

Un couple avec un enfant sur le tarmac de l'aéroport international de Kaboul s'apprête à prendre un avion pour quitter le pays. (Archives)

Photo : Reuters / .

Radio-Canada

Un vol commercial transportant environ des dizaines de ressortissants étrangers, dont 43 Canadiens, a décollé jeudi de l’aéroport international de Kaboul, une première depuis le départ d'Afghanistan des soldats américains, le 31 août.

Le départ du vol avait été confirmé un peu plus tôt par l'envoyé spécial du Qatar en Afghanistan, Mutlaq bin Majed al-Qahtani, lors d'un point de presse donné en compagnie de responsables talibans depuis le tarmac de l'aéroport.

Les passagers ont quitté l'Afghanistan à bord d'un vol de Qatar Airways, arrivé un peu avant à l'aéroport international Hamid Karzaï, avec à son bord de l'aide humanitaire. L'avion a atterri au Qatar un peu avant 13 h (HAE).

Le monde ne devrait pas considérer qu'il s'agit d'un vol d'évacuation, a soutenu M. al-Qahtani, mais d'un vol régulier montrant que les talibans permettent aux Afghans ayant des documents valides de voyager.

« Appelez ça comme vous voulez – un vol nolisé, un vol commercial – tout le monde a des billets et des cartes d'embarquement. Avec un peu de chance, la vie redevient normale en Afghanistan. »

— Une citation de  Mutlaq bin Majed al-Qahtani, envoyé spécial du Qatar en Afghanistan

Selon l'émissaire du Qatar, pays qui s'est imposé comme intermédiaire entre les puissances occidentales et les talibans, l'aéroport est presque pleinement opérationnel après une série de travaux, et il rouvrira progressivement.

Un autre vol devrait d'ailleurs décoller vendredi, a avancé M. al-Qahtani.

Un nombre indéterminé de passagers

M. al-Qahtani n'a pas confirmé lui-même le nombre de passagers qui allaient monter à bord du vol, mais de nombreux médias, citant des sources américaines ou qataries, affirment qu'ils étaient environ 200.

Le Washington Post, qui s’appuyait sur deux diplomates basés à Kaboul, avait soutenu que le manifeste de vol contenait 211 noms, en précisant ne pas savoir si tous ces passagers avaient pu se rendre à l'aéroport.

Les noms de 30 Américains, mais aussi de Canadiens, de Britanniques, d'Allemands, de Néerlandais, d'Italiens et d'Ukrainiens, figuraient sur le manifeste, selon le quotidien américain.

Après l'opération, une source de l'AFP a cependant affirmé que le Boeing 777 transportait quelque 113 passagers, dont des Américains, des Canadiens, des Allemands et des Ukrainiens.

Ils seront accueillis dans un centre pour réfugiés afghans à Doha, selon cette même source.

Des Canadiens à bord

En fin d'après-midi, jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a fait savoir que 43 Canadiens voyageaient comme passagers à bord de cet appareil.

Ils seront rapatriés au Canada au cours des prochains jours, a-t-il précisé par voie de communiqué.

M. Garneau avait affirmé le 31 août que 1250 Canadiens, résidents permanents et membres de leur famille n'avaient pas pu être évacués avant le départ de l'armée américaine.

Le chiffre de 500 a été avancé un peu plus tard.

Une journaliste d'Al-Jazira présente à l'aéroport de Kaboul avait précédemment raconté avoir parlé à une femme vivant au Canada depuis 25 ans.

Elle était venue en Afghanistan pour voir sa mère et ses proches, et s'est trouvée coincée lorsque les talibans se sont emparés de Kaboul.

Washington salue la coopération des talibans

À Washington, une porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Emily Horne, a confirmé que des Américains se trouvaient à bord de l'appareil, mais sans donner plus de détails.

L'administration Biden est profondément reconnaissante des efforts du Qatar dans ce dossier, a-t-elle dit, avant de saluer la coopération des talibans.

« Les talibans ont été coopératifs pour faciliter le départ de citoyens américains et de résidents permanents à bord d'un vol nolisé. [...] Ils ont fait preuve de souplesse et ils ont été pragmatiques et professionnels lors des négociations. Il s'agit d'un premier pas positif. »

— Une citation de  Emily Horne, porte-parole du Conseil de sécurité nationale

Mme Horne a assuré que les efforts de l'administration pour évacuer d'Afghanistan les Américains et les Afghans qui ont aidé l'armée se poursuivent.

D'après une source gouvernementale d'Associated Press, deux hauts responsables du gouvernement taliban, soit le ministre des Affaires étrangères et le vice-premier ministre, ont facilité les évacuations.

Selon un responsable américain cité par Reuters qui a requis l'anonymat, l'émissaire américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, a fait pression sur les talibans afin qu'ils autorisent ces évacuations.

Cette source n'a pas pu préciser si les civils dont le départ était programmé ce jeudi faisaient partie des ressortissants étrangers bloqués depuis la fin d'août à Mazar-i-Sharif, dans le nord de l'Afghanistan, faute d'autorisation pour leurs vols privés.

Plus de 120 000 étrangers ainsi que des Afghans ayant collaboré avec les armées étrangères ou considérés comme vulnérables ont été évacués par des vols militaires après que les talibans eurent pris le contrôle de Kaboul à la mi-août.

Des milliers d'autres n'ont pas eu l'occasion de faire de même, mais les talibans ont toujours assuré que toute personne ayant des documents de voyage valides pourrait quitter sans entrave une fois l'aéroport rouvert.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, Washington Post, Associated Press, et La Presse canadienne

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