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Droits de la personne : des experts de l’ONU dénoncent l’impunité au Yémen

Des enfants dans un camp de réfugiés.

Des enfants dans un camp de déplacés à Marib.

Photo : Reuters / ALI OWIDHA

Agence France-Presse

Bombardements de zones habitées, entrave à l'aide humanitaire, détentions arbitraires, torture. Des experts de l'ONU ont dénoncé mercredi l'impunité au Yémen et la poursuite des violations des droits de la personne dans ce pays ravagé par sept ans de guerre.

Le pays le plus pauvre de la péninsule arabique est dévasté par un conflit qui oppose depuis 2014 les forces du gouvernement, appuyées par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, aux rebelles houthis soutenus par l'Iran.

Depuis le début du conflit, les experts onusiens dénoncent des crimes de guerre commis par les deux parties.

Cette année encore, toutes les parties [...] ont commis de graves violations des droits de la personne et du droit humanitaire international, dont certaines peuvent constituer des crimes de guerre, a déclaré mercredi Kamel Jendoubi, président du groupe d'experts sur le Yémen à l'ONU.

L'éventail des violations que nous continuons de voir se produire au Yémen est macabre, aggravé par l'impunité quasi générale de leurs auteurs, a-t-il ajouté lors de la présentation d'un rapport annuel à Genève.

Parmi les atteintes aux droits de la personne recensées au Yémen, le groupe d'experts évoque les bombardements et raids aériens aveugles menés par la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, notamment dans des zones fortement peuplées.

Au bord de la famine

Un bâtiment détruit par un bombardement avec des hommes à l'intérieur des ruines.

La base aérienne Al-Anad, près d'Aden, après avoir été bombardée par les rebelles houthis le 29 août dernier. Au moins 30 soldats gouvernementaux ont été tués lors de l'attaque.

Photo : AFP / -

Les attaques, mais aussi les diverses restrictions imposées par les parties au conflit, entravent les opérations humanitaires et l'accès de la population à la nourriture, aux fournitures nécessaires et aux soins de santé, dans un pays au bord de la famine où 80 % des 30 millions d'habitants dépendent de l'aide internationale.

La détention arbitraire, la disparition forcée, la torture, les violences sexuelles et le recrutement d'enfants dans les groupes armés figurent également parmi les violations dénoncées.

Les experts de l'ONU ont déploré l'absence de signes encourageants dans la lutte contre l'impunité, malgré leur rapport de l'année dernière dénonçant déjà une pandémie d'impunité au Yémen.

L'Arabie saoudite avait promis de prendre des mesures contre les auteurs de bavures touchant des civils. Mais les évolutions relativement mineures observées cette année n'ont en aucun cas été adéquates ni suffisantes, a regretté M. Jendoubi.

La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes, selon des ONG internationales. C'est, selon l'ONU, la pire crise humanitaire au monde.

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