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L’abolition du programme des garderies, principale source d’économies pour le PCC

Erin O’Toole a déposé son cadre financier quelques heures avant le débat des chefs en français.

M. O'Toole court sous la puie.

Erin O'Toole au pas de course, mercredi matin, avant le dévoilement du cadre financier de son parti et sa participation au débat des chefs en français.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

La promesse du Parti conservateur du Canada (PCC) de remplacer le programme national de garde d'enfants des libéraux par des allocations envoyées directement aux familles ferait économiser des milliards de dollars chaque année à un éventuel gouvernement dirigé par Erin O'Toole.

Cet engagement permettrait d'épargner 26,7 milliards de dollars sur cinq ans, selon ce que laisse entendre le cadre financier de la formation politique, présenté à la presse quelques heures avant le débat des chefs en français.

Le PCC ne respecterait que la première année de l'entente de 6 milliards de dollars conclue le mois dernier entre les premiers ministres Trudeau et Legault, ce qui ferait en sorte que le Québec toucherait tout de même 660 millions de dollars en 2021-2022. Mais l'entente prendrait fin l'année suivante.

PCC : pas de transfert de 6 milliards $ au Québec

Le cadre financier présenté mercredi couvre une période de cinq ans. Un total de 31 promesses issues de la plateforme électorale du PCC ont été analysées par le Directeur parlementaire du budget (DPB), soit 20 de plus que le cadre financier du Parti libéral du Canada (PLC) de Justin Trudeau.

En tout, le PCC prévoit 51 milliards de dollars de nouvelles dépenses nettes sur cinq ans; c'est à peine 2 milliard de moins que ce que prévoit le PLC.

Les documents transmis aux médias mercredi ne font état d'aucune nouvelle taxe.

Le PCC estime toutefois qu'un financement accru de l'Agence du revenu du Canada l'amènerait à lutter plus efficacement contre l'évasion fiscale et la fraude et à récupérer des sommes plus importantes que prévu : jusqu'à 3,6 milliards de dollars en 2025-2026.

À l'inverse, le doublement de l'Allocation canadienne pour les travailleurs représente la nouvelle dépense la plus importante pour le PCC. Le coût d'une telle mesure, selon le DPB, passerait de 1,4 milliard de dollars en 2021-2022 à 5,8 milliards quatre ans plus tard.

Un retour au déficit zéro dans la prochaine décennie

Évasif depuis le début de la campagne sur son plan de retour à l'équilibre budgétaire, Erin O'Toole promet dans son cadre financier une approche responsable et mesurée pour équilibrer le budget au cours de la prochaine décennie.

Le chef conservateur évoque même un retour à l’équilibre dès 2028-2029, soit dans sept ans. Mais ces chiffres vont au-delà des points de référence du DPB et ont donc un degré d’incertitude plus élevé, prévient-il.

Ce qui est sûr, par contre, c'est que le PCC s'engage à réduire considérablement le déficit au cours des cinq prochaines années. En 2025-2026, ce dernier devrait être conforme aux prévisions du DPB, qui entrevoit un manque à gagner d'un peu moins de 25 milliards de dollars cette année-là.

Croissance et transferts en santé

Les conservateurs croient parvenir à porter la croissance économique à long terme à 3 %, soit près de deux fois plus élevée que ce que prévoient les économistes, ce qui leur permettrait d’atteindre plus facilement l’équilibre budgétaire, calculent-ils.

Cette hausse ambitieuse de la croissance serait accomplie par l’action gouvernementale dans la relance économique, en réformant la réglementation des industries, en abolissant des barrières au commerce et en stimulant l’innovation, la recherche et le développement, soutient le PCC.

Toutefois, les conservateurs n’ont pas intégré cette hausse à 3 % de la croissance économique dans leurs prévisions budgétaires, afin de faire preuve de prudence, selon eux. Ils s’en tiennent aux prévisions de croissance plus modérées du DPB, comme le fait remarquer le professeur d’économie à l’Université d’Ottawa Serge Coulombe, en entrevue à Zone économie.

Pour ce qui est de la promesse phare de transférer 60 milliards de dollars additionnels aux provinces pour la santé (une hausse annuelle d’au moins 6 %), l’analyse effectuée par le DPB montre que seulement 3,6 milliards seraient inscrits comme nouvelles dépenses dans les cinq prochaines années. La part du lion viendrait entre 2026 et 2031.

Le PCC explique que la croissance économique très forte prévue cette année et la suivante permet de respecter les transferts promis en santé sans coût additionnel pour le fédéral. Les dépenses supplémentaires seront engagées lorsque la croissance ralentira dans les années subséquentes.

Des adversaires des conservateurs et des observateurs politiques ont critiqué le PCC ces dernières semaines pour avoir présenté une série de promesses électorales non chiffrées.

Le PLC a présenté son cadre financier la semaine dernière; le Bloc québécois l'a fait mercredi; et le Nouveau Parti démocratique (NPD) promet de présenter le sien dans les prochains jours.

Avec Louis Blouin

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