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Sauf repreneur, le Rainbow Bistro fermera ses portes fin septembre

La devanture du Rainbow Bistro à Ottawa.

Fondé en 1984 dans le marché By, le Rainbow Bistro pouvait réunir chaque soir, avant la pandémie, quelque 150 musiciens et amateurs de jazz et de blues.

Photo : Paul McKinnon

Aïda Semlali

Coup de blues dans le marché By : le Rainbow Bistro pourrait fermer ses portes si aucun repreneur ne se déclare avant la fin du mois de septembre. Une décision difficile mais inévitable, selon son propriétaire, Danny Sivyer.

L’établissement fondé en 1984 à Ottawa pouvait réunir chaque soir, avant la pandémie, quelque 150 musiciens et amateurs de jazz et de blues.

On espérait rouvrir cet automne en accueillant peut-être une centaine de personnes, mais en raison des 2 mètres de distance à respecter, la capacité à l’intérieur du bar est limitée à seulement 40 personnes au lieu de 148 auparavant.

Une citation de :Danny Sivyer, propriétaire du Rainbow Bistro

À l’aube d’une quatrième vague, ce dernier estime peu probable d’être en mesure de tenir encore un autre hiver, une autre année dans ces conditions. On a donc dû prendre la décision difficile de fermer après toutes ces années, déclare-t-il.

Épaulé dans cette entreprise familiale par ses enfants Stacie and Jesse, M. Sivyer dit avoir pu compter un temps sur les prêts et fonds accordés par le gouvernement fédéral. Reste que les sommes allouées étaient insuffisantes pour couvrir l’intégralité du loyer. Les loyers sont chers dans le marché By. Payer le loyer mais ne faire aucune vente, c’est juste de l’argent qui sort sans arrêt. Arrive un moment où l’on vient à en manquer, explique-t-il.

Si nous étions autorisés à recevoir une centaine de personnes, nous pourrions probablement survivre. Mais 40 personnes seulement lorsque l’on veut proposer de la musique sur scène, payer les musiciens, les techniciens du son, les videurs… Cela ne fonctionne pas, ajoute le propriétaire.

La fin d'une époque

Plusieurs personnes qui entourent un guitariste dans une salle de spectacle.

Danny Sivyer espère trouver un nouvel investisseur qui préservera la vocation musicale du bistrot.

Photo : Scott Doubt Photography

Parmi les habitués de cette véritable institution, on se désole déjà. C’est triste que le bar soit à vendre. C’était un si bel endroit pour de la super musique!, peut-on lire sur la page Facebook du Rainbow. Tant de souvenirs, un autre trésor national qui disparaît, dur à imaginer après tant d’années, ajoute un autre internaute.

Situé rue Murray, au-dessus d’un restaurant vietnamien, le lieu accueillait jusqu'à 12 spectacles par semaine. Sur sa scène intimiste, les genres musicaux se sont enchaînés au fil des années : du jazz et du blues principalement, mais aussi du rock, de la pop, du reggae, de la musique country et du ska, portés par de jeunes musiciens de la région ou des artistes reconnus, comme Koko Taylor, Albert King, k.d. lang, ou encore Dan Aykroyd, Jim Belushi et Matt Guitar Murphy, pour un concert improvisé endiablé à l’occasion du passage de la formation des Blues Brothers dans la capitale nationale.

Mais l’activité s’est arrêtée net en mars 2020 avec le début de la pandémie.

Le spectacle doit continuer

Danny Sivyer espère maintenant trouver un nouvel investisseur qui préservera la mission du bistrot. Peu d’endroits dans la capitale proposent encore de la musique sur scène. On a un permis de vente d’alcool, mais proposer de la musique sur scène a toujours été la vocation première du Rainbow, insiste-t-il.

En attendant de savoir si un potentiel repreneur pourra perpétuer cet héritage musical, à la manière du cinéma ByTowne qui célèbre mercredi ses retrouvailles avec les cinéphiles de la ville, une réouverture exceptionnelle du Rainbow pourrait avoir lieu d’ici à la fin du mois, le temps d’un ou deux spectacles d’adieu. Une option et des dates qui restent à confirmer.

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