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La CAQ appelée à mettre fin à l’état d’urgence sanitaire

Le député Joël Arseneau lors d'un point de presse.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, est le nouveau chef parlementaire du PQ (archives).

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le Parti québécois (PQ) a lancé un ultime appel au gouvernement Legault, l'enjoignant de mettre fin à sa gouvernance par décrets, rendue possible en raison de l'état d'urgence sanitaire et aux pouvoirs qui lui sont dévolus par la Loi sur la santé publique.

S'il faut apprendre à vivre avec le virus, comme le dit le premier ministre, il faut aussi apprendre à faire fonctionner l'Assemblée nationale avec le virus, clame le PQ.

En point de presse mercredi, le troisième parti d'opposition a mis au défi le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) de respecter sa parole et son engagement pris lors de l'adoption d'une motion, en mai dernier, concernant la sortie de l'état d'urgence.

Le nouveau chef parlementaire du PQ, Joël Arseneau, a rappelé que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, avait lui-même déclaré qu'il allait falloir apprendre à vivre avec le virus. Une affirmation endossée par le premier ministre François Legault, qui l'a répétée.

De l'avis de M. Arseneau, il n'y a plus de nécessité de prendre des décisions dans l'urgence, et il faut donc rétablir les pouvoirs qui appartiennent aux institutions, en commençant par l'Assemblée nationale.

Le pouvoir est grisant, dénonce le PQ

Actuellement, grâce à la Loi sur la santé publique, le gouvernement détient des pouvoirs extraordinaires qui lui permettent de prendre toutes sortes de décisions sans avoir à consulter l'Assemblée nationale.

Le pouvoir est grisant. Il est évident que le gouvernement s'est habitué à gouverner de façon à décider sans aucun débat et avec un groupe restreint autour du premier ministre, dénonce-t-il.

Selon lui, le Québec souffre d'un déficit de transparence, et cela nuit à l'adhésion aux mesures sanitaires au sein de la population.

Ce qui est inquiétant, c'est quand on entend le premier ministre dire qu'avoir un débat sur la vaccination obligatoire, c'est dangereux. Il faut éviter de mettre de côté le débat démocratique. Au contraire, il faut inviter la société civile à y participer, plaide le député des Îles-de-la-Madeleine.

Il croit que les prochaines semaines permettront aux Québécois de voir si le premier ministre François Legault fait preuve de bonne foi ou s'il abuse du pouvoir qui lui est dévolu par la Loi sur la santé publique.

Et si le gouvernement s'entête, Joël Arseneau croit que la pression pourrait venir de la population. Il donne en exemple la récente décision d'imposer la vaccination aux travailleurs du réseau de la santé contre l'avis de nombreux intervenants entendus en comité parlementaire. Si le temps leur donne raison et que le ministre en a fait fi, ce dernier pourrait en payer le prix, croit-il.

C'est un gouvernement qui s'appuie sur les sondages. On a vécu un été infernal dans la plupart des hôpitaux et des urgences. Si les gens constatent que la décision gouvernementale était mal avisée, parce qu'on n'a pas mesuré les inconvénients par rapport aux avantages, je pense que ça, ça va ébranler le gouvernement, avance M. Arseneau.

L'état d'urgence sanitaire, décrété le 13 mars 2020, a été renouvelé le 1er septembre pour une période de 10 jours.

Rentrée parlementaire mardi

Six des sept députés du Parti québécois, à l'exception de Lorraine Richard, étaient réunis en caucus présessionnel au Manoir Richelieu de La Malbaie en compagnie de leur chef non élu, Paul St-Pierre Plamondon. La rentrée parlementaire à Québec est prévue mardi prochain le 14 septembre.

C'est Joël Arseneau qui aura la tâche d'organiser les travaux du caucus et de questionner le premier ministre au Salon bleu en attendant l'entrée à l'Assemblée nationale de M. St-Pierre Plamondon.

Le député des Îles-de-la-Madeleine prend la relève de son collègue de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, qui tenait le fort depuis le départ de Jean-François Lisée, en octobre 2018.

Mardi, le chef Paul St-Pierre Plamondon a annoncé que son parti allait mettre de l'avant sa campagne d'« automne climatique » en déployant diverses initiatives, dont le dépôt de projets de loi, pour forcer le gouvernement à en faire plus en matière d'environnement.

Le PQ veut aussi mettre de la pression sur le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, pour que ce dernier se présente avec des engagements plus ambitieux à la prochaine conférence des Nations unies sur le climat, la COP26, prévue en novembre en Écosse.

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