•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Chronique

Dix suggestions de disques québécois à acheter

Voici donc une liste, sans ordre particulier, de dix petits bijoux musicaux d’ici parus en 2021.

Un casque d'écoute est posé sur des disques vinyles.

La Journée du disque québécois a pour objectif de promouvoir l'achat de musique québécoise et pas seulement l'écoute en ligne.

Photo : getty images/istockphoto / alenkadr

Félix B. Desfossés

Depuis 3 ans, « Le 9 septembre, j’achète un disque québécois » fait écho à la journée « Le 12 août, j’achète un livre québécois », qui s’est établie avec un grand succès en 2014. Voici donc une liste, sans ordre particulier, de dix petits bijoux musicaux d’ici parus en 2021 qui pourraient être passés sous votre radar, mais qui valent assurément une écoute, sinon un achat. Comble du bonheur, le 9 septembre tombe en même temps que les Francos cette année. Et le Festival de jazz suivra dans quelques jours. Les personnes qui y participeront pourront découvrir des artistes de cette liste en spectacle dès le 9 septembre.


Cantalou, de Thierry Larose

Si vous n’avez pas encore écouté Thierry Larose, ne tardez plus. Son nom risque de résonner au cours des prochaines années. Il n’a que 23 ans et il a remporté en juillet dernier le Prix de la chanson SOCAN 2021 pour sa pièce « Les amants de Pompéi », tirée de son album Cantalou, lancé à la fin mars. Il est maintenant en lice pour le prix Félix-Leclerc de la chanson. Ses textes sont à la fois habiles et empreints d’une simplicité désarmante absolument charmante. Sa musique n’a pas d’étiquette précise, sinon celle que je risque ici : pop rock d’auteur.


One Step, de Fredy V & The Foundation

C’est cruel et insensé de voir que le microalbum One Step, de Fredy V & The Foundation, n’a pas récolté davantage d’attention dans les médias québécois. Fredy V est musicien et chef d’orchestre sur de grands plateaux de télé. Son talent est connu et reconnu. Sur One Step, il donne avec ses musiciens et musiciennes dans le funk aux accents 80 et néo-soul. Leur son est indéniablement dans l’air du temps, et la qualité de composition et des arrangements est à un niveau que l’on entend rarement au Québec. En spectacle au Festival de jazz de Montréal le 17 septembre prochain.


A.M.I.E.S.A.M.O.U.R., de Lumière

C’est une œuvre que personne n’avait vue venir et qui s’est hissée dès sa sortie dans la liste des meilleurs disques de l’année. Étienne Côté jouait de la batterie dans le groupe Canailles, mais le grand public ne lui connaissait pas un talent d’auteur-compositeur-interprète. On est ici dans le folk et le rock inspirés des années 70. A.M.I.E.S.A.M.O.U.R. est un album concept qui se déguste lentement, par une belle journée d’automne. En spectacle le 9 septembre aux Francos.


Bettta, de Jam

Il s’agit de l’une des meilleures productions rap lancées jusqu’à maintenant en 2021, mais le succès et la visibilité du disque n’ont pas été à la hauteur de la qualité du produit, à mon avis. Jam est un rappeur posé, intelligent, agile. On a pu le découvrir dans le collectif K6A et avec le groupe Brown Family. Son producteur de rythmes, Toast Dawg, est un vétéran qui produit sans cesse de la qualité depuis le début des années 2000 (Atach Tatuq, Payz Play, Brown Family). Sur Bettta, le ton flâneur de Jam rencontre sa trame musicale symbiotique avec les beats chauds et riches de Toast Dawg, conçus en grande partie à partir d'échantillonnages soul, funk ou R'n'B. Pas de fioritures commerciales ici comme les double hit-hats et l’autotune. La formule est classique : un rappeur et un DJ.


Pataugeoire, de Pataugeoire

Elle dit faire de l'emo-aquatique, et à l’écoute de ce premier microalbum homonyme, paru au printemps dernier, j’avoue que j’ai tout de suite saisi la signification de cette description inusitée. Agathe Dupéré est multi-instrumentiste et travaille avec plusieurs artistes, dont Safia Nolin. Leurs univers musicaux sont d’ailleurs proches parents. Pataugeoire me rappelle aussi le folk artisanal d’Avec pas d’casque, mais là où Stéphane Lafleur nous éblouit de métaphores douces, Dupéré se livre sans maquillage avec une vulnérabilité que seuls quelques génies du calibre de Nick Drake ont su rendre confortable, voire réconfortante.


Sweet Montérégie, d’Alex Burger

Si vous aimez les Rolling Stones époque Sticky Fingers et Exile on Main Street, vous risquez d’adorer Alex Burger. Ce membre de Bon Enfant propose en solo un doux amalgame de folk feutré et de country plein de soul et de rock bluesé trempé au champagne. Sweet Montérégie est un album réconfortant, enveloppant, comme une boisson chaude par une journée d’automne. Ou comme un café Baileys quand le fuzz embarque. Rentrée montréalaise de Sweet Montérégie le 30 septembre au Club Soda.


Discoït, de Blanc Manger

Quelque part entre disco, funk, rap et pop, Blanc Manger occupe un créneau trop peu exploité du côté francophone de la musique d’ici. Le batteur Jean-Philippe Loignon, de Saint-Hyacinthe, est le cerveau derrière Blanc Manger, qui transmet le goût de danser à la vitesse du variant Delta. Discoït, paru en avril 2021, met de l’avant des collaborations avec plusieurs artistes qui étaient presque aux oubliettes (notamment Skandal de Rainmen) ou qui font partie de la crème actuelle (Petite papa / Calamine).


Au revoir cowboys, de Mort Rose

Un automne psychédélique est à nos portes. Mort Rose s’inspire du rock infusé au LSD des Byrds (époque The Notorious Byrd Brothers) et du génie grandiose des Beach Boys au cours de leur période barbue (de Pet Sounds à Surf’s Up, disons), et tout ça en français. La famille des disques Bonbonbon, dont Mort Rose fait partie, est en train d’atteindre un certain paroxysme musical et contribue grandement à la qualité et à la diversité musicale d’ici en gardant le rock en vie d’une manière créative et fraîche, bien qu’inspirée de sons d’hier. Si vous avez aimé Vanille au cours des derniers mois, vous êtes à la bonne adresse chez Mort Rose. Spectacle de lancement le 11 octobre au Club Soda.


Cool LOL / Gluant mais hot, de Lova

Lova a été mon gros coup de cœur de la fin de 2020. Son microalbum Cool LOL mélange rap, musique pop et certaines touches de R'n'B, le tout nappé de synthés éthérés. La chanson Vague est un tour de force qui démontre que la recrue de Joyride Records (Loud, Imposs, Connaisseur Ticaso, etc.) a énormément de potentiel. Ses refrains sont terriblement accrocheurs et ses textes, bien tournés. Son EP suivant, Gluant mais hot (mai 2021) a prouvé que le jeune homme de Québec est à surveiller. Les atouts qu’il possède pourraient le propulser au sommet des palmarès et sur de plus grandes scènes québécoises. NDLR : Nous sommes ici dans le terrain musical des jeunes vingtenaires où l’autotune fait partie intégrante du décor musical. Tenez-le-vous pour dit!


Première danse, de MoKa

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le duo Milk and Bone lorsqu’il a explosé il y a quelques années. Les deux amies qui forment MoKa nous proposent un univers bien à elles dans lequel leurs voix se mélangent avec une harmonie qui les rend presque impossibles à distinguer. Milk and Bone était dans un électro près du dream pop. MoKa est dans un mode pop et funky. C’est rafraîchissant et pétillant, comme un mimosa sur le quai. Et très radiophonique. Recommandé si vous aimez Les Louanges ou encore Homme objet, de Luis Clavis. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !