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Élections fédérales : faut-il parler français pour s’adresser aux francophones?

 Des affiches d'Élections Canada.

Les candidats sont unanimes sur la nécessité de faire respecter les droits linguistiques.

Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

À quelques jours des élections fédérales, certains électeurs sont plus concernés que d’autres par les questions linguistiques et par la capacité des candidats à leur parler dans la langue qu’ils comprennent.

C’est le cas de William Mugenzi, un résident francophone de Windsor, qui a pris le temps d’étudier les profils des candidats de sa circonscription électorale.

C’est très important pour moi parce qu’il y a un service à rendre au public francophone. Un candidat qui est capable de parler la langue peut communiquer, peut comprendre les besoins du public, et surtout d’un secteur qui parle français. Ce secteur-là a des besoins spécifiques, explique-t-il.

J'évalue si la personne est capable d’avoir des relations avec le public qu’elle est supposée servir.

Une citation de :William Mugenzi, résident de Windsor.

Dans Windsor, la question de la langue n’est traditionnellement pas au centre des préoccupations politiques pendant les campagnes électorales.

Elle devrait pourtant être au menu des discussions, selon Sandra Pupatello, qui est candidate pour le Parti libéral dans Windsor-Ouest et pour qui cette compétence est nécessaire pour être députée.

Nous sommes vraiment un pays bilingue, alors je pense que c’est nécessaire d’avoir tous les députés qui sont vraiment bilingues aussi, explique-t-elle.

Sandra Pupatello, candidate libérale de Windsor-Ouest.

Sandra Pupatello fustige l'attitude des élus qui ne parlent pas français.

Photo : Amy Dodge/CBC

Une question de respect?

Mme Pupatello dit prendre la question du bilinguisme très au sérieux. Au point qu’elle se prépare depuis des mois à communiquer dans les deux langues si jamais elle est élue.

J’ai fait des classes en français pour améliorer la langue. Cette fois, je veux gagner et je veux arriver à Ottawa avec toutes les choses nécessaires pour être une bonne représentante de la circonscription de Windsor, indique-t-elle.

Je pense que c’est évident que nous avons un député ici à Windsor. Après 20 ans, il n’y a pas un mot en français, ça veut dire selon moi qu’il n’y a pas de respect pour la communauté francophone.

Une citation de :Sandra Pupatello, candidate libérale dans Windsor-Ouest.

Le député NPD Brian Masse représente la circonscription de Windsor-Ouest depuis 2002. Il ne parle pas français.

Il n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de Radio-Canada.

Les francophones sont des Canadiens comme les autres?

De son côté, Cheryl Hardcastle, candidate NPD dans Windsor-Tecumseh, dit continuer à essayer d’apprendre le français.

Selon elle, son passage à la Chambre des communes entre 2015 et 2019 l’a aidée, même si elle apprend moins rapidement que d’autres.

Passer du temps à Ottawa m’a beaucoup aidée et j’étais de plus en plus sûre de moi en utilisant le français, même seulement pour dire bonjour aux gens, indique-t-elle.

Cheryl Hardcastle.

Cheryl Hardcastle pense qu'il n'est pas nécessaire de parler français pour comprendre les problèmes des francophones.

Photo : Amy Dodge/CBC

Si elle estime qu’il est important que les Canadiens soient servis partout au pays dans les deux langues officielles, elle pense que l’on n’a pas besoin de parler français pour comprendre les préoccupations des francophones.

Il n’y a pas de différence en ce qui concerne les problèmes auxquels nous faisons face, quand vous ne pouvez pas vous payer des médicaments, quand vous avez besoin de soins de santé, de soins dentaires, de logement abordable, un bon travail, explique-t-elle.

Tous ces problèmes d’ordre fédéral concernent tous les Canadiens, peu importe leur langue maternelle. C’est ce pour quoi nous nous battons.

Une citation de :Cheryl Hardcastle, candidate NPD dans Windsor-Tecumseh.

Au-delà des questions qui concernent l'ensemble des Canadiens, il y a celles relatives aux droits linguistiques pour lesquelles Mme Hardcastle pense qu’il est tout de même nécessaire de se mobiliser.

Il faut donner l’assurance aux petites communautés qu’elles seront en mesure d’accéder [aux services dont elles ont besoin] dans les deux langues officielles, précise-t-elle.

Pour y parvenir, elle estime qu’il faut moderniser la Loi sur les langues officielles pour qu'elle prenne notamment en compte les nouvelles technologiques et les évolutions numériques.

S’engager à apprendre

Au Parti populaire du Canada, on se dit également conscient de l’importance du français au Canada en général et dans la région de Windsor en particulier.

Victor Green, candidat dans Windsor-Tecumseh, regrette de ne pas avoir songé à mettre ses enfants dans une école d’immersion lorsque ces derniers étaient en âge d’aller à l'école.

Il dit avoir suivi des cours de français en Angleterre lorsqu'il était enfant. Des cours dont il ne lui reste plus grand-chose aujourd'hui. Il se dit néanmoins prêt à se remettre à l’ouvrage.

Lorsque j’irai à Ottawa, lorsque je serai élu comme député pour la circonscription de Windsor-Tecumseh, une des premières choses que je vais faire, c’est apprendre le français, affirme-t-il.

M. Green reconnaît volontiers qu’il n’existe pas dans son programme de mesures spécifiquement pour les francophones, mais il insiste sur l’importance pour le Canada d'être un pays bilingue.

Il souligne, comme Cheryl Hardcastle, la nécessité que les Canadiens puissent interagir avec les services gouvernementaux dans la langue de leur choix.

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