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Le Bloc québécois peut-il espérer des gains en Outaouais?

Plan rapproché sur le visage de l'homme politique.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet à Gatineau

Photo : Radio-Canada / Emilien Juteau

Radio-Canada

De passage en Outaouais à quelques heures du débat des chefs en français, Yves-François Blanchet dit que le Parti libéral du Canada prend l’Outaouais pour acquis et qu’il ne s’occupe pas des dossiers qui importent le plus à la population.

« Ils ne s'occupent pas des dossiers, ne donnent pas le financement du tramway que tout le monde veut, sauf un député libéral et je trouve ça déplorable pour la région. Je pense que les députés du Bloc, qui ont fait un excellent travail à travers tout le Québec, pourraient faire un excellent travail en Outaouais également. »

— Une citation de  Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Yves-François Blanchet s’est exprimé ainsi lors d’une entrevue, entouré de ses candidats pour Gatineau et Argenteuil-La Petite-Nation. Selon lui, la victoire dans la région est possible, alors que les luttes étaient serrées en 2019, dans Argenteuil notamment, alors que le Parti libéral a remporté le siège avec un peu plus de 700 voix.

Selon lui, si son parti a perdu les circonscriptions de Gatineau et d’Argenteuil-La Petite-Nation, c’est parce par manque de temps et d’un peu de souffle.

Parce qu'on ne prenait pas de pause, on avait une petite équipe, on n'avait pas d'argent, poursuit M. Blanchet. Il y a des circonscriptions qui auraient facilement pu basculer du côté du Bloc, dont en effet Argenteuil, et Yves [Destroismaisons] n’a jamais arrêté depuis la dernière élection. Je me dis s’il nous manquait deux semaines pour gagner, et qu’Yves n'a pas arrêté pendant deux ans, ça doit bien regarder.

Selon le chef du Bloc québécois, seul son parti peut faire avancer les intérêts de la population, tout en assurant de maintenir un gouvernement minoritaire au pouvoir.

L'Outaouais est tellement voisin de l'Ontario qu'on a l'impression qu’ils sont moins dans la dynamique de l'ensemble du Québec, ce qui n'est pas vrai. [...] Mais les enjeux de santé, les enjeux d'agriculture, les enjeux pour les aînés, les enjeux nationaux, les enjeux linguistiques, beaucoup, les enjeux linguistiques, poursuit le chef du Bloc québécois.

L'anglicisation de Gatineau, c'est épouvantable. Je vis dans un immeuble où un nombre important de résidents sont incapables de dire un mot en français. Et dans bien des cas, ça ne les intéresse pas. Donc, il y a toute une dynamique qui est très importante pour la région ici et il y a les enjeux locaux, les projets d'infrastructures dans lesquels il faut encore une fois dire au gouvernement fédéral : ce n’est pas ta juridiction, tu prends l'argent et tu l’envoies à Québec.

Le Bloc québécois compte aussi sur ses demandes pour une hausse du financement dans le secteur de la santé pour convaincre les électeurs d'une région où le sujet fait très souvent les manchettes.

L'avantage du bilan libéral

Le député libéral sortant et candidat dans Gatineau, Steven MacKinnon rejette les accusations du chef bloquiste.

S’il y avait à une époque, un temps, où on prenait [la région] pour acquise, ces jours-là sont bien révolus, dit-il rappelant qu'avant 2015, la région a pendant plusieurs années été défavorable aux candidats libéraux.

Steven MacKinnon en entrevue devant son bureau de campagne

Steven MacKinnon, député libéral sortant de Gatineau

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Il ajoute comme preuve le travail de terrain qu'il est en train de réaliser, tout comme ses collègues libéraux de l'Outaouais.

Depuis le début de la campagne, moi et mon équipe, on a cogné à 11 000 portes, on a passé quelque 18 000 coups de téléphone. J’ai toujours été un député qui va vers les gens, qui est présent, qui est à l’écoute, se défend-il. Notre stratégie, c’est de parler à des dizaines de milliers de Gatinois. Au fil des ans, elle ne change jamais. [...] C’est la meilleure stratégie en politique : ce n’est pas de lancer des flèches sans fondement à ses adversaires, c’est se retrousser les manches et aller faire le travail.

Le député sortant et candidat dans Argenteuil-La Petite-Nation pour le Parti libéral, Stéphane Lauzon, acquiesce. Selon lui, rien n’est gagné d’avance. Mais le candidat, qui l’a remporté par une mince majorité en 2019, soutient que cette fois, il a un bilan exceptionnel pour appuyer sa candidature.

« Au-delà de 400 millions $ qui sont revenus chez nous, c'est un record. Jamais une circonscription comme la nôtre a reçu [un tel] appui. »

— Une citation de  Stéphane Lauzon, candidat dans Argenteuil-La Petite-Nation

Je travaille fort pour faire avancer ma circonscription, poursuit-il. Lorsqu'on était dans le Bloc et comparativement à aujourd'hui, avec le travail que j'ai fait depuis six ans, on a reçu trois fois et demie plus d'argent dans la circonscription que le Bloc a livré depuis plusieurs années. Ce sont des investissements qui sont directement reliés aux besoins des citoyens, comme l'amélioration de la qualité de l'eau, les usines d'eau potable, Manoir Papineau. On a mis de l'argent à la Fromagerie Montebello, sur le canal de Grenville, un dossier qui traînait depuis 30 ans.

Stéphane Lauzon en conférence de presse.

Stéphane Lauzon, député libéral sortant et candidat dans Argenteuil-La Petite-Nation (Archives)

Photo : Radio-Canada

Le candidat libéral veut continuer de représenter sa circonscription. Il dit être fier des avancées technologiques dans lesquelles son gouvernement a investi.

Le volet Internet, c'est extrêmement important pour moi, c'est mon bébé, explique-t-il. J'ai créé le caucus rural à Ottawa et c’est de là qu’est venu le premier 150 millions. On a eu 17 millions dans cette circonscription et c'est ma plus grande fierté, d'avoir livré Internet d'ici septembre 2022, c’est l'ensemble de la population qui va être connectée.

Michel Gauthier pose devant des immeubles, dehors.

Michel Gauthier, candidat conservateur dans Pontiac

Photo : Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka

Le candidat conservateur dans Pontiac et porte-parole du parti en Outaouais, Michel Gauthier, dit ne pas se préoccuper des déclarations du Bloc québécois ou de tout autre parti.

Moi, ma campagne je l’ai définie dès décembre dernier. [...] Je ne suis pas en campagne contre un candidat, contre les libéraux, les bloquistes, les verts ou les néo-démocrates, je suis en campagne pour les valeurs que je veux véhiculer, les engagements que je veux proposer et pour les citoyens, pas contre les autres partis, dit-il.

« Faire valoir ses valeurs personnelles, ses engagements et les valeurs de son parti, c’est la seule façon de faire campagne. »

— Une citation de  Michel Gauthier, candidat conservateur dans Pontiac

L'impact de la CAQ et du facteur linguistique

Thomas Collombat, professeur agrégé de science politique au département des sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) soutient que le progrès de la Coalition avenir Québec (CAQ) aux élections provinciales pourrait se traduire par un appui au Bloc aux élections fédérales.

« C’est dans l’est que la CAQ a eu ses meilleurs résultats. Le progrès de la CAQ semble traduire une certaine forme de nationalisme, un vote "bleu", et le fait que le Bloc insiste beaucoup sur le fait qu’il souhaite porter à Ottawa la parole de l’Assemblée nationale pourrait indiquer que ses chances soient plus importantes. »

— Une citation de  Thomas Collombat, professeur de science politique à l'Université du Québec en Outaouais

Le professeur Collombat soutient que dans l’ouest de l’Outaouais, historiquement, les libéraux ont l'avantage. Selon lui, Gatineau pourrait être plus difficile à prendre qu’Argenteuil.

On a d'une part le facteur linguistique qui rentre en ligne de compte, argumente le politologue. L'ouest de l'Outaouais, le Pontiac en particulier, est beaucoup plus anglophone que le reste de la région de la MRC Papineau, par exemple. Donc, il y a un lien qui peut être fait entre des identités linguistiques et les affinités partisanes. D'autre part, plus on va vers l'ouest de la circonscription, plus on s'éloigne de la région de la capitale, rappelle-t-il.

Un portrait des six chefs avec le texte Fédérales 2021 Comparez les plateformes électorales des partis.

Et donc, le lien entre la situation professionnelle de l'électorat et le gouvernement fédéral s'étiole un peu. Plus vous êtes proche du centre de Gatineau, plus vous avez de chances d'avoir un électorat dont la condition socio-économique dépend en grande partie du gouvernement fédéral et donc un électorat qui verrait, je dirais, de façon plutôt positive, un gouvernement fédéral ouvert à la dépense publique et à l'embauche et à l'amélioration des conditions de travail dans la fonction publique fédérale que vous avez dans l'est de l'Outaouais, conclut M. Collombat.

Avec les informations d'Emmanuelle Poisson, d'Estelle Côté-Sroka et de Frédéric Pepin

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