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Le réseau Haqqani : des attentats-suicides au gouvernement afghan

Affiche du FBI détaillant qui est Sirajjudin Haqqani et expliquant pourquoi il est recherché.

Sirajuddin Haqqani, chef du réseau éponyme, est toujours recherché par le FBI, qui veut l'interroger relativement à une attaque contre un hôtel de Kaboul, qui a fait six morts, dont un Américain, en janvier 2008.

Photo : Reuters / FBI

Agence France-Presse

Le gouvernement intérimaire taliban intègre deux représentants du réseau Haqqani, un groupe qualifié de terroriste par Washington, accusé d'être derrière les attaques les plus meurtrières en Afghanistan ces dernières années.

Comme pressenti, le réseau Haqqani s'est imposé comme un acteur majeur dans le nouvel État afghan, après l'effondrement de l'ancien régime et la chute de Kaboul le 15 août dernier.

Ce groupe armé a été formé par Jalaluddin Haqqani, qui s'est fait connaître dans les années 1980 comme un héros du djihad antisoviétique. En pleine guerre froide, le patriarche est un atout précieux de la CIA contre l'URSS. Les États-Unis et leurs alliés, comme le Pakistan, financent et arment directement les moudjahidines.

Pendant ce conflit long de dix ans, dont le coût sera déterminant dans l'implosion de l'Union soviétique, puis après le retrait russe, Jalaluddin Haqqani entretient des liens étroits avec des djihadistes étrangers, dont Oussama ben Laden.

Il s'allie ensuite aux talibans, qui prennent le contrôle de l'Afghanistan en 1996, après une guerre civile farouche entre seigneurs de guerre qui fait des dizaines de milliers de victimes et détruit Kaboul.

Il devient ministre du régime islamiste jusqu'à ce que celui-ci soit renversé en 2001 par une coalition internationale menée par les États-Unis, à la suite des attentats du 11 septembre.

Jalaluddin Haqqani meurt en 2018 après une longue maladie. Son fils Sirajuddin le remplace à la tête du réseau.

Jalaluddin Haqqani, assis.

Jalaluddin Haqqani, lors d'une entrevue accordée au Pakistan, en août 1998.

Photo : La Presse canadienne / AP/Mohammed Riaz

Un groupe semi-autonome dans le giron des talibans

Grâce à sa puissance financière et militaire et sa réputation sanglante, le réseau Haqqani est considéré comme semi-autonome tout en restant dans le giron des talibans.

Principalement basé dans l'est de l'Afghanistan – il disposerait de bases de l'autre côté de la frontière, dans le nord-ouest du Pakistan –, le groupe armé prend du galon au sein des talibans. Sirajuddin Haqqani est nommé chef adjoint en 2015.

Le réseau Haqqani est accusé d'être derrière certaines des attaques les plus meurtrières des dernières années contre les forces de sécurité afghanes et de la coalition.

Il est désigné comme groupe terroriste par les États-Unis et est également soumis à des sanctions des Nations unies.

Les Haqqani ont la réputation d'utiliser fréquemment des kamikazes, souvent les conducteurs de voitures ou de camions bourrés d'explosifs ou les assaillants d'un lieu symbolique dont ils savent qu'ils ne pourront ressortir vivants.

Ils savent mener des attaques complexes, faisant de nombreuses victimes, contre des cibles importantes, notamment des installations militaires.

Les Haqqani sont accusés de multiples assassinats, dont une tentative contre l'ancien président Hamid Karzaï en 2008, d'enlèvements de fonctionnaires et de citoyens occidentaux, pour obtenir des rançons et forcer des échanges de prisonniers.

Ils sont également soupçonnés depuis longtemps d'entretenir des liens avec l'armée pakistanaise, que l'ancien régime afghan a toujours accusée d'œuvrer à la déstabilisation de l'Afghanistan.

L'amiral américain Mike Mullen les a décrits comme un véritable bras des services de renseignement d'Islamabad en 2011. Une allégation que nie le Pakistan.

Le principal lien entre les talibans et Al-Qaïda

Le réseau Haqqani a énormément contribué aux avancées des talibans, dont ils représentent les forces les plus prêtes au combat, selon un rapport de l'ONU publié en juin. Dans ce même rapport, le groupe armé est qualifié de principal lien entre les talibans et Al-Qaïda.

Sirajuddin Haqqani s'est vu confier le ministère de l'Intérieur, l'un des plus importants. Il sera responsable de maintenir la sécurité en Afghanistan, ironie du destin alors que son groupe a été impliqué dans une myriade d'attaques contre l'ancien régime.

Le nouveau ministre de l'Intérieur devra composer avec la menace de la branche régionale du groupe armé État islamique (EI). Si les talibans et l'EI se sont combattus férocement dans l'Est afghan, l'ancien régime afghan accusait le réseau Haqqani d'avoir mené des attentats pour le compte de l'EI, souvent les plus sophistiqués revendiqués par ce groupe.

Sirajuddin Haqqani devra également s'atteler aux innombrables défis posés par les profondes divisions ethniques de l'Afghanistan, ainsi qu'à la criminalité.

Son oncle Khalil Haqqani s'est vu confier le ministère des Réfugiés.

Sirajuddin et Khalil Haqqani figurent toujours sur la liste des personnes recherchées par les États-Unis, avec des millions de dollars de récompense à la clé.

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