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Donner la priorité aux premières doses plutôt qu’aux troisièmes, plaident des experts

Les signataires d'une lettre ouverte demandent à Ottawa de suspendre les doses de rappel jusqu'à ce qu'une plus grande partie de la population mondiale ait reçu son premier vaccin contre la COVID-19.

Une personne se fait administrer un vaccin contre la COVID-19.

Une personne se fait administrer un vaccin contre la COVID-19.

Photo : CBC / Evan Mitsui

Radio-Canada

Une douzaine d’experts de plusieurs universités du pays exhortent le premier ministre Justin Trudeau de « donner la priorité aux premières doses plutôt qu'aux troisièmes, partout dans le monde ».

Dans une lettre envoyée au premier ministre, à plusieurs ministres, à l’administratrice en chef de la santé publique du Canada et aux chefs de partis fédéraux, les experts demandent au gouvernement fédéral de soutenir et de promouvoir l'appel de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à suspendre les doses de rappel pour les personnes à faible risque au Canada jusqu'à ce qu'une plus grande partie de la population mondiale ait reçu son premier vaccin contre la COVID-19.

Alors que les gouvernements fédéral et provinciaux ont été inébranlables dans leurs efforts pour s'assurer que toutes les personnes vivant au Canada ont accès à une vaccination complète, un groupe restreint de pays riches, dont le Canada, ont collectivement utilisé plus de 75 % des 5 milliards de doses administrées dans le monde à ce jour. En revanche, 98 % des habitants des pays les plus pauvres, dont beaucoup se trouvent en Afrique, n'ont pas encore reçu leur première dose.

Une citation de :Extrait de la lettre

Les signataires de la lettre estiment que les inégalités actuelles en matière de vaccination violent le droit à la vie et à la santé auquel tout être humain a droit, sans distinction de race, d'origine ethnique, de citoyenneté ou de lieu de naissance.

Ils plaident, par ailleurs, qu’il est dans l’intérêt stratégique immédiat du Canada d'endiguer cette injustice mondiale et rapidement, car, selon les signataires, la circulation galopante du virus qui cause la COVID-19 donne lieu à l'évolution de nouveaux variants, dont certains sont devenus plus létaux, plus transmissibles et plus résistants aux vaccins.

Par conséquent, même les milliards de dollars des contribuables que le Canada a dépensés pour l'achat de vaccins pour sa propre population pourraient s’avérer vains, soulignent-ils.

La fracture croissante dans l'accès mondial aux vaccins prolonge et aggrave la crise de santé publique et la catastrophe économique actuelle pour tous les pays, et le Canada ne fait pas exception.

Une citation de :Extrait de la lettre

Ces professionnels de la santé, scientifiques, experts en droit de la santé et de politique étrangère et activistes demandent au premier ministre de tenir compte de l'appel de l'OMS à un moratoire sur les troisièmes doses de vaccin contre la COVID-19 pour permettre à beaucoup plus de personnes à travers le monde de recevoir leur première dose.

Les Canadien.e.s qui courent un risque minime d'être gravement touché.e.s par la COVID-19 ne devraient pas recevoir une troisième dose avant, par exemple, qu'une infirmière en soins intensifs au Népal ou une personne âgée au Ghana n'ait reçue la première.

Une citation de :Extrait de la lettre

Les signataires de la lettre reconnaissent que les doses de rappel sont souvent efficaces pour protéger contre les maladies évitables par la vaccination et pourraient éventuellement être nécessaires contre la COVID-19.

Mais ils rappellent que les experts ne s'entendent pas encore sur la nécessité de doses rappel pour la population générale et, si oui, à quel moment ou à quelle fréquence.

Un travailleur de la santé applique de la ouate et un pansement sur le bras d'une patiente âgée venant tout juste de recevoir son vaccin.

Une troisième dose de vaccin anti-COVID sera nécessaire pour les personnes immunosupprimées ou dialysées, estime le CIQ de l'INSPQ.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ils réclament ainsi un moratoire sur les doses de rappel et demandent au premier ministre de faire en sorte d'être le fer de lance d’un Canada juste et un acteur mondial équitable dans la lutte à la pandémie.

Pour atteindre cet objectif, les experts proposent que le gouvernement mette rapidement en œuvre son engagement de faire don de vaccins à COVAX.

Le Canada a versé 545 millions de dollars à COVAX et s'est engagé à partager 40 millions de ses doses excédentaires. Pourtant, COVAX continue de connaître des déficits de financement qui sapent ses performances et, à ce jour, seule une infime fraction des doses promises par le Canada ont été expédiées vers des pays dans le besoin.

Une citation de :Extrait de la lettre

Par ailleurs, les experts demandent à Ottawa d’assurer la transparence dans tous les futurs contrats avec les fabricants de vaccins, dans le respect du droit de savoir du public et pour éviter de donner des pouvoirs de monopole aux fabricants qui compromettent l'accès des vaccins dans les pays du Sud.

Les experts concluent leur lettre en soulignant que les actions qu’ils proposent sont nécessaires de toute urgence.

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