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Des ambitions claires, mais un cadre financier flou dans la plateforme du Parti vert

Annamie Paul en gros plan.

La cheffe du Parti vert du Canada, Annamie Paul

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Le Parti vert du Canada (PVC) a rendu publique sa plateforme électorale, mardi, à la veille du grand débat en français des chefs des cinq principaux partis fédéraux.

Dernière des formations politiques à dévoiler sa plateforme électorale, le Parti vert du Canada a transmis le document aux médias sans tenir de conférence de presse pour en détailler le contenu.

Par voie de communiqué de presse, le Parti écrit : Notre plateforme est audacieuse et courageuse parce que c’est ce que la réalité exige. Nombre des événements tragiques qui se sont déroulés dans les 18 derniers mois ont révélé des failles béantes dans notre société.

Le Parti vert s’est adapté à la réalité parce qu'il entrevoit de grandes choses à venir pour le Canada. Et cette plateforme fournit le cadre pour réaliser cette vision.

Une citation de :Annamie Paul, cheffe du Parti vert du Canada

Coût des mesures? Le document présente peu de promesses chiffrées, mais le parti a indiqué que d'autres informations seront publiées plus tard.

Le Parti vert travaille sur ses stratégies pour concrétiser quand et comment seront mis en place les plus importants programmes présentés dans la plateforme, a précisé une porte-parole à La Presse canadienne.

60 % de réduction des GES

S’il était porté au pouvoir, le PVC travaillerait à réduire d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 60 % par rapport aux niveaux de 2005. Il fixerait un calendrier et des objectifs clairs et exécutoires à partir de 2023.

À titre comparatif, les libéraux promettent une réduction de 40 à 45 % sous les niveaux de 2005 d'ici 2030; les conservateurs, de 30 % (cibles de l'Accord de Paris); et les néo-démocrates, de 50 %.

Le Parti vert propose d'annuler tous les nouveaux projets de pipelines et d'exploration pétrolière, y compris en mer, et à interdire la fracturation hydraulique. Il cesserait de subventionner le secteur des énergies fossiles et investirait plutôt dans les technologies propres et les énergies renouvelables. Afin de soutenir la transition, il adopterait une loi instaurant des programmes de formation pour des emplois verts.

Le PVC s’engage à présenter un budget carbone détaillé et à accélérer l’augmentation de la taxe sur le carbone. Il prévoit d’augmenter annuellement la tarification du carbone de 25 $ la tonne à partir de 2022 et jusqu’en 2030. Son niveau actuel au Canada est de 50 $ la tonne, avec une augmentation annuelle prévue de 15 $ la tonne jusqu'en 2030.

La formation dirigée par Annamie Paul compte bannir les plastiques à usage unique non essentiels et s’attaquer à l’obsolescence planifiée et au gaspillage.

Les infrastructures

Au chapitre des infrastructures, le Parti vert souhaiterait établir un réseau national d’électricité issue de sources renouvelables d’ici 2030. De plus, il propose de créer et mettre en application un programme national de rénovation écologique des bâtiments résidentiels, commerciaux, institutionnels et industriels existants.

Les verts voudraient créer un fonds fédéral permanent et réservé au transport en commun de 3,4 milliards de dollars par année à partir de 2026-2027, mettre en place un fonds national pour les infrastructures cyclistes et pédestres, et renforcer les règles de sécurité ferroviaire. Ils construiraient un réseau de train à grande vitesse électrifié dans le triangle Toronto-Ottawa–Montréal–Québec et dans le corridor Calgary-Edmonton.

Un gouvernement dirigé par les verts prohiberait la vente de véhicules équipés d’un moteur à combustion d’ici 2030, multiplierait les bornes de recharge pour véhicules électriques et abolirait la taxe de vente fédérale sur tous les véhicules électriques.

Le Parti souhaiterait protéger au moins 30 % des eaux douces et des terres de chaque écosystème canadien d’ici 2030 et 50 % d’ici 2050, mettre fin à la destruction des habitats d’ici 2030 et soutenir un moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds marins.

Au chapitre de l'économie, les verts maintiendraient le taux d’imposition des petites entreprises à un maximum de 9 %, réduiraient leur charge administrative et subventionneraient le déploiement de nouvelles technologies propres dans toutes les PME [petites et moyennes entreprises].

De plus, ils protégeraient les systèmes de gestion de l’offre, réduiraient les barrières commerciales interprovinciales, prôneraient l’étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés et défendraient les droits de pêche traditionnels des peuples autochtones.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Une vie dans la dignité

Le Parti vert du Canada propose de nommer un ministre du Logement, de créer un bureau du défenseur fédéral du droit au logement et de déclarer une urgence nationale face aux problèmes de logement abordable.

Il voudrait investir dans la construction et l’exploitation de 50 000 logements avec services de soutien sur 10 ans, ainsi que la construction et l'acquisition d'au moins 300 000 logements très abordables hors marché, en coopérative et sans but lucratif, sur une période de 10 ans. Il imposerait aussi une taxe sur les logements vides pour les propriétaires résidentiels étrangers.

Le Parti voudrait aussi mettre en place un programme de revenu de subsistance garanti, qui servirait de supplément et de complément aux services publics existants et ne découragerait pas le travail, contrairement aux prestations provinciales d’aide sociale.

De surcroît, il chercherait à instaurer des programmes universels d’éducation postsecondaire, d’assurance-médicaments, de soins dentaires et de garderies. Ainsi, il abolirait les droits de scolarité de l’enseignement postsecondaire, une mesure dont le coût annuel a été estimé à 10,2 milliards de dollars par le directeur parlementaire du budget. En outre, il annulerait les dettes de prêts étudiants détenues par le gouvernement fédéral et élargirait l’assurance maladie pour offrir des soins dentaires gratuits aux personnes à faible revenu.

Il lancerait un système national d’assurance-médicaments dès 2022, mettrait sur pied une agence canadienne du médicament, réduirait les périodes de protection des brevets des médicaments, renforcerait les congés parentaux, procéderait à une réforme des soins de longue durée et prohiberait les centres privés de soins de longue durée.

Une société juste

Les verts affirment qu'ils appliqueraient le principe de justice fiscal. Par exemple, ils appliqueraient un impôt aux géants du web comme Netflix, Facebook, Amazon et Google ainsi qu'une taxe sur les transactions financières de 0,5 % dans le secteur de la finance.

Parallèlement à cela, ils hausseraient le taux d'imposition fédéral des sociétés de 15 à 21 % et prélèveraient une surtaxe de 5 % sur les bénéfices des banques commerciales, un impôt de 1 % sur une fortune supérieure à 20 millions de dollars et une taxe sur les produits de luxe (avions, bateaux).

Les verts poursuivraient le travail de réconciliation avec les peuples autochtones en fournissant un financement durable aux centres de guérison autochtones, en augmentant le financement des centres d'amitié partout au pays et en travaillant à la création d'une loi sur le Tribunal des terres et des traités autochtones.

Ils s’affaireraient à éliminer la discrimination systémique dans les institutions publiques, à limiter le rôle et le financement de la GRC, à mettre en œuvre un système de surveillance de la police et à réformer la justice pénale.

Finalement, sur le plan de la culture et du patrimoine, le Parti vert s’engage à adopter la réforme du droit d'auteur, à protéger l'identité culturelle du Canada lors des négociations commerciales, à assurer la protection des droits de propriété intellectuelle et artistique des Autochtones et à établir un financement permanent pour les festivals et les événements qui célèbrent le patrimoine canadien.

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