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Se réconcilier sans brûler de livres : des chefs fédéraux commentent le cas en Ontario

Des rangées de livres dans une bibliothèque.

Les livres ont été retirés des bibliothèques des 30 écoles francophones du conseil scolaire Providence, dans le Sud-Ouest de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Justin Trudeau, Erin O’Toole et Yves-François Blanchet ont tous trois dénoncé mardi la destruction de 5000 livres jeunesse jugés néfastes aux Autochtones par un conseil scolaire du Sud-Ouest de l’Ontario.

Ils ont toutefois précisé qu’il était nécessaire de lutter contre les préjugés et le racisme, ce qui passe inévitablement par l’offre de livres présentés aux enfants dans tout le pays.

Comme l’a révélé Radio-Canada, certains livres ont été jetés, d’autres brûlés et enterrés, par le Conseil scolaire catholique Providence – qui regroupe une trentaine d’écoles – prétextant qu’ils propagent des stéréotypes sur les Premières Nations.

Le chef du Bloc québécois a consacré presque tout son point de presse, mardi après-midi, à cette question.

Selon Yves-François Blanchet, on ne doit pas tenter d’effacer le passé en épurant les bibliothèques des ouvrages produits au fil des siècles.

On ne fait pas disparaître les erreurs de jugement du passé en les niant.

Une citation de :Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

On ne brûle pas les livres. On s’expose à l’histoire, on l’explique, on démontre comment la société a évolué ou doit évoluer, a-t-il poursuivi à Ottawa, entouré de candidats de la région de l’Outaouais.

Je suis assez estomaqué à l’idée de faire disparaître Goscinny ou Hergé, même si, évidemment, on ne cautionne plus aujourd'hui les préjugés qu'ils véhiculaient, a-t-il continué. Mon espoir, c’est que ça ne se poursuive plus.

M. Blanchet a souligné l'importance de parler du contexte lors de la présentation d’une œuvre, que ce soit à un jeune ou à un adulte. Il ne retirerait pas les ouvrages controversés des rayons des bibliothèques. Les gens qui veulent trouver ces livres vont les trouver. On doit fournir un cadre pédagogique pour que les jeunes soient exposés à ce qui s’est passé, a-t-il insisté.

Trudeau et O’Toole mettent l’accent sur la réconciliation

À un niveau personnel, je ne suis jamais d'accord à ce qu'on brûle les livres, a affirmé quant à lui le chef libéral, Justin Trudeau, en point de presse à Montréal, mardi.

Ce n'est pas à moi, ce n'est pas aux non-Autochtones de dire aux Autochtones comment ils devraient se sentir ou devraient agir pour avancer la réconciliation.

Une citation de :Justin Trudeau, chef du Parti libéral

M. Trudeau a précisé qu'il fallait néanmoins tout mettre en œuvre pour accélérer la réconciliation avec les Premières Nations et le faire dans l’écoute et le respect, de façon positive.

Pour Erin O’Toole, la réconciliation est importante pour tous les Canadiens et on doit avoir un système d’éducation sans discrimination, a-t-il dit, à Ottawa, en réponse à un journaliste.

Et c’est possible d’enlever les livres et les bandes dessinées sans les brûler, mais on doit avoir une approche de respect sur les questions touchant à la réconciliation et notre histoire.

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur

Plus tard, sur Twitter, M. O'Toole a précisé sa position : Un gouvernement conservateur sera engagé à la réconciliation. Mais le chemin de la réconciliation n'implique pas de démolir le Canada. Je condamne fermement le brûlage de livres.

Une réflexion sur cette question est importante, dit Singh

Le chef du Nouveau Parti démocratique a quant à lui appelé à la réflexion sur la représentation des communautés autochtones dans les livres et autres médias, mais sans dénoncer ni appuyer la destruction des livres dans les écoles du Sud-Ouest de l’Ontario.

J’ai réfléchi à ce qu’on avait appris à l'école sur les communautés autochtones. C’était quoi notre approche et nos idées sur les communautés autochtones quand on était jeunes. Et j’ai vu des images négatives, des caricatures, et une présentation qui ne respectent pas la dignité des communautés autochtones. Donc, je pense qu’on doit vraiment changer notre approche dans l'enseignement à nos enfants, a-t-il affirmé, à Ottawa.

Et une réflexion sur cette question est importante. Qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer [la situation], comment on présente l'histoire des communautés autochtones, [comment on met en lumière] leur contribution, leur vie, et le fait qu’ils ont vécu de grandes injustices?

Une citation de :Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Cette réflexion est importante et on doit la faire, a-t-il conclu.

Dans un courriel en réponse à une demande d'entrevue de Radio-Canada, les responsables du Conseil scolaire catholique Providence disent regretter de ne pas être intervenus pour choisir un médium plus approprié pour l’initiative et que le déroulement de la cérémonie ait été offensant pour certains membres de la communauté. Nous regrettons sincèrement l’impact négatif qu’a pu avoir cette initiative qui se voulait comme un geste de réconciliation, écrivent-ils.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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