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CHSLD Herron et COVID-19 : le manque de collaboration de la direction est soulevé

La devanture du CHSLD Herron, à Dorval.

47 personnes sont mortes de la COVID-19 au CHSLD Herron lors de la première vague de la pandémie, au printemps 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal rapporte avoir eu peu de collaboration de la part du CHSLD Herron lorsqu'il a été appelé en renfort, au pic de la crise de la COVID-19, au printemps 2020.

La présidente-directrice générale du CIUSSS, Lynne McVey, a affirmé à la coroner Géhane Kamel qu'il avait fallu envoyer deux mises en demeure à la direction du CHSLD pour obtenir des choses essentielles.

La coroner enquête sur les décès de personnes âgées et vulnérables dans les milieux d'hébergement survenus lors de la première vague de la COVID-19 et s'attardait, mardi, au cas du Centre d'hébergement et de soins de longue durée Herron, à Dorval, où 47 personnes sont mortes de la COVID-19 lors de la première vague de la pandémie, au printemps de 2020.

Le CIUSSS avait été appelé en renfort au CHSLD Herron, où la situation était préoccupante.

Devant la coroner, Mme McVey a témoigné du fait qu'arrivée sur place, l'équipe du CIUSSS n'avait pas les clefs de certaines salles du CHSLD, ni la liste des employés, ni les horaires, ni la liste des résidents, ni les numéros de téléphone des familles des résidents, ni la liste des médicaments, ni les dossiers médicaux.

Le CHSLD Herron est un établissement privé, mais non conventionné. Les résidents payaient de 4500 $ à 6000 $ par mois, a-t-elle précisé.

Deux mises en demeure ont dû être adressées à Herron, a-t-elle rapporté.

La coroner sans masque, dans une salle du palais de justice de Shawinigan.

La coroner Géhane Kamel a été mandatée pour présider la vaste enquête publique portant sur les décès liés à la COVID-19, survenus dans les CHSLD du Québec.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

31 décès au lieu des 13 annoncés

Mme McVey a aussi témoigné du fait que la direction du CHSLD lui disait que tel nombre d'employés allait rentrer au travail, mais que ce n'était pas ce que son équipe sur place constatait.

On lui avait aussi rapporté que la direction du CHSLD Herron disait à ses employés de ne pas rentrer au travail. Et la direction aurait même prévenu qu'elle refuserait de payer le salaire des travailleurs que le CIUSSS affectait à Herron et qui provenaient d'agences de placement.

Le 10 avril, un autre membre de la direction du CIUSSS a pu rencontrer la propriétaire du CHSLD Herron, qui a parlé de confusion et de manque de communication. Et elle a obtenu les clefs et les listes demandées.

Mais, dans la nuit du 10 au 11 avril, Mme McVey a appelé la police, après avoir constaté qu'il n'y avait pas eu 13 décès durant une période donnée, mais bien 31. Comment ça se fait que le CIUSSS n'avait pas été prévenu?, a-t-elle demandé.

Ce sont des médecins, mandatés pour examiner la situation, qui se sont rendu compte de la disparité de ces informations.

Mme McVey dit avoir appelé la police devant le nombre de décès qui était beaucoup plus élevé qu'indiqué dans le tableau, devant le refus du propriétaire de payer le salaire des travailleurs que le CIUSSS dépêchait au CHSLD, devant les difficultés qu'elle a eues avec la direction du CHSLD, au point de devoir lui adresser deux mises en demeure, et devant les informations qu'elle apprenait depuis que le CIUSSS était sur place.

La préoccupation que j'avais, c'est quelle autre information qu'on n'avait pas et qu'on allait découvrir, a-t-elle répondu à la coroner qui l'a questionnée au sujet de cet appel à la police.

Du 12 au 25 avril, par exemple, le CIUSSS y a dépêché 188 employés, a-t-elle précisé.

Levier demandé

Plan rapproché de Mylène Drouin, assise.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C'est le 30 mars que le problème de dotation en personnel du CHSLD Herron avait été jugé assez critique pour qu'elle demande au bureau du sous-ministre d'obtenir un levier pour y intervenir de façon plus importante, un levier dont elle ne disposait pas, puisqu'il s'agissait d'un CHSLD privé non conventionné.

Après une conversation entre elle et la directrice de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, le 7 avril, une ordonnance a été délivrée et elle a pu disposer du levier demandé, le lendemain, en invoquant un article de la Loi sur la santé publique.

Avant Mme McVey, la Dre Drouin avait indiqué qu'elle avait reçu un courriel le 3 avril de la Direction nationale de santé publique, qui mentionnait l'existence d'un problème à Herron.

Mais elle l'avait interprété comme un signalement et non une invitation à délivrer une ordonnance, comme le demandait Mme McVey au bureau du sous-ministre.

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