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Les Îles-de-la-Madeleine alimentées en hydroélectricité en 2027

La centrale thermique avec ses six cheminées en septembre.

La centrale thermique au mazout de Cap-aux-Meules génère plus de 125 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année. Cela représente 40 % des émissions directes de GES d’Hydro-Québec en 2019 (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Hydro-Québec privilégie l'installation de câbles sous-marins pour raccorder l'archipel madelinot au réseau hydroélectrique continental. La transition énergétique est toutefois retardée de deux ans.

Après l'analyse de six options énergétiques qui ont permis de comparer 17 scénarios d'approvisionnement distincts, la société d’État confirme qu’elle mettra en place deux câbles sous-marins de 225 kilomètres entre les postes de Percé et de Cap-aux-Meules.

Selon Hydro-Québec, l’option est la mieux adaptée sur les plans environnemental, social, économique de même que pour assurer la fiabilité de l’approvisionnement.

Le raccordement au réseau hydroélectrique permettra de réduire de 94,5 % les émissions de gaz à effet de serre, puisque l’archipel madelinot est actuellement alimenté en électricité par une centrale thermique au mazout.

Le câble, du point de vue de la réduction des GES, était le numéro un parmi toutes les solutions, mais aussi du point de vue de l’acceptabilité sociale avec un appui de 76 % [de la population], souligne le vice-président directeur du volet Distribution, approvisionnement et services partagés d'Hydro-Québec, Éric Fillion. Près de 1000 Madelinots ont participé aux consultations organisées par Hydro-Québec sur le sujet.

C’est une réduction entre 120 000 et 130 000 tonnes de gaz à effet de serre par année, précise le ministre québécois de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, qui est également ministre responsable de la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. C’est comme si on convertissait 30 000 véhicules à essence à l’électricité d’un seul coup.

C’est une nouvelle fantastique pour l’environnement.

Une citation de :Jonatan Julien, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles
Jonatan Julien et Éric Fillion assis derrière une table avec un micro et une présentation numérique derrière eux.

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, et le vice-président directeur du volet Distribution, approvisionnement et services partagés d'Hydro-Québec, Éric Fillion, étaient aux Îles-de-la-Madeleine lors de l'annonce de mardi matin.

Photo : Hydro-Québec

Sur une période de 40 ans, l’installation de câbles sous-marins représente des économies de 300 millions de dollars par rapport au maintien de la centrale thermique, selon Hydro-Québec. Ils permettront d'accéder à une puissance de 80 mégawatts, alors que la puissance de la centrale thermique est limitée à 67 mégawatts.

En 2018, Hydro-Québec avait annoncé la mise en place de câbles sous-marins pour assurer la transition énergétique des Îles d'ici 2025.

Toutefois, en juillet 2020, la Régie de l'énergie a demandé à la société d'État d'analyser d'autres scénarios en raison d'une hausse des coûts du projet.

Les études préliminaires de 2018 laissaient entrevoir une facture d’au moins 700 millions de dollars pour le projet de câbles sous-marins, mais Hydro-Québec confirme déjà que les coûts seront plus élevés, sans toutefois être en mesure de préciser la somme.

Les coûts exacts et le calendrier des opérations seront connus au premier trimestre de 2023, affirme Éric Fillion.

Des consultations auront lieu au cours des prochains mois auprès des communautés autochtones, des pêcheurs et des intervenants touchés dans les provinces maritimes.

Report de deux ans et maintien de la centrale

La société d'État, qui avait d'abord annoncé la transition énergétique des Îles d'ici 2025, repousse toutefois l'échéancier de deux ans en raison de la découverte de nouveaux défis techniques du projet et de certaines contraintes liées à la pandémie.

La centrale thermique sera maintenue en fonction après 2027, non seulement pour assurer l’approvisionnement en électricité lors de l’entretien des câbles sous-marins ou en cas de bris, mais aussi pendant les périodes de pointe de consommation hivernale.

Hydro-Québec s'engage aussi à conserver les 82 emplois liés à la centrale, mais souligne que certains employés devront être réaffectés à de nouvelles tâches.

Ce ne seront pas nécessairement les mêmes emplois, parce qu'on va avoir besoin de beaucoup moins de gens pour faire la maintenance de la centrale, explique Éric Fillion.

Les bâtiments et les rues du centre-ville de Cap-aux-Meules.

La centrale thermique sera maintenue en fonction après 2027 (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La transition énergétique pourrait être synonyme d’une hausse de tarif pour certains, car la moitié des foyers madelinots disposent actuellement d’un système de chauffage au mazout ou au propane subventionné par le Programme d’utilisation efficace de l’énergie (PUEE).

À partir de la mise en service des câbles sous-marins, ce programme sera progressivement délaissé au cours d'une transition de cinq ans pour ajuster le tarif électrique à celui payé par les utilisateurs du réseau hydroélectrique. Une fois la transition énergétique réalisée, les Madelinots deviendront admissibles à des programmes d’efficacité énergétique dont ils ne peuvent bénéficier actuellement.

Hydro-Québec précise que l'installation des câbles sous-marins électriques vient d'emblée avec l'installation d'un câble optique et que de l'espace serait disponible pour ajouter d'autres liens de télécommunications pour la communauté madelinienne.

Les câbles sous-marins à l'Étang-du-Nord aux Îles-de-la-Madeleine.

L'installation des câbles électriques sous-marins pourrait permettre l'ajout d'un nouveau câble optique pour sécuriser les liens de télécommunications (archives).

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Les deux liens de télécommunication en place ont fait défaut lors d'une tempête en novembre 2018 et ne sont plus assurables en raison de leur état de désuétude. Le gouvernement du Québec, qui n'a pas réparé ces câbles, comptait sur le raccordement électrique d'Hydro-Québec pour installer un nouveau câble optique.

Des réactions positives

Cette annonce d’Hydro-Québec est accueillie favorablement dans l’archipel.

Le député Joël Arseneau estime que l’acceptabilité sociale du projet ne fait aucun doute et que les Madelinots sont prêts à tourner la page sur la production d’électricité au mazout lourd.

M. Arseneau réitère toutefois que le maintien des emplois est une condition essentielle à cette transition verte et souligne qu’il exercera un suivi serré du dossier.

Même son de cloche du côté du maire des Îles, Jonathan Lapierre, qui est impatient de voir de quelle façon les travailleurs seront réaffectés après 2027.

Il faudra quand même voir quel sera le plan d'Hydro-Québec pour maintenir ces emplois-là, souligne M. Lapierre. Il y a un défi qui va être énorme pour Hydro-Québec. Ce qu'on veut, c'est le maintien de ces emplois-là. C’est une demande non négociable.

Jonathan Lapierre devant la mairie des Îles-de-la-Madeleine, en été.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, veut s'assurer que les travailleurs de la centrale thermique conserveront leurs emplois (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

De son côté, l'Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale (AMSÉE) se réjouit de cette annonce.

On est très heureux, la solution retenue représente la plus grande diminution de GES et la meilleure acceptabilité sociale, affirme la porte-parole, Marianne Papillon.

Ça va donner une bouffée d’air frais, de l’espoir pour les jeunes, et ça va nous permettre d’atteindre nos objectifs de réduction de GES.

Une citation de :Marianne Papillon, porte-parole de l'AMSÉE
Marianne Papillon.

La porte-parole de l'AMSÉE, Marianne Papillon, se réjouit de ce que le scénario retenu pour assurer la transition énergétique soit celui des câbles sous-marins (archives).

Photo : Radio-Canada / Kim Bergeron

Mme Papillon se désole toutefois du report de l’échéancier de la transition de 2025 à 2027.

Ça urge, il ne faut pas reporter plus que ça, estime-t-elle. On s’attend à ce qu’Hydro-Québec poursuive ses efforts d’ici là en efficacité énergétique, parce qu’on va continuer à polluer beaucoup durant ces deux années avec la centrale thermique.

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