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Le Parti québécois veut un « automne climatique » au Québec

M. St-Pierre Plamondon en point de presse à l'Assemblée nationale.

Le Parti québécois fera des changements climatiques son principal cheval de bataille lors de la rentrée à l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La Presse canadienne

Malgré la pandémie de COVID-19 qui se poursuit pour une quatrième vague, le Parti québécois (PQ) se prépare à une rentrée parlementaire sous le thème de l'environnement. Le chef Paul St-Pierre Plamondon veut un « automne climatique » au Québec en insistant sur le fait qu'on ne peut pas être environnementaliste sans être indépendantiste.

En 2021, on ne peut pas être environnementaliste sans être fondamentalement indépendantiste. C'est une vraie honte que d'envoyer une partie substantielle de nos impôts québécois à faire des cadeaux à l'une des industries les plus polluantes au monde, celle du pétrole albertain, a-t-il déclaré, mardi, en conférence de presse en marge de la réunion du caucus du PQ au Manoir Richelieu de La Malbaie.

« Vos argents, nos argents servent à détériorer le climat de manière éhontée, et ça, c'est une conséquence directe de notre appartenance au Canada. Un Québec indépendant, le jour un, va prendre ces mêmes sommes là et tout investir dans la transition verte et juste que l'on réclame. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ

À ses côtés, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a détaillé en partie la stratégie que veut déployer le PQ pour lutter contre les changements climatiques. Il a annoncé qu'une motion serait déposée à l'Assemblée nationale pour prendre acte du plus récent rapport alarmant du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Deux projets de loi devraient aussi être soumis aux parlementaires, l'un sur la création d'un fonds de transition verte et juste, l'autre sur l'interdiction de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures au Québec avec un effet rétroactif sur les projets déjà actifs.

L'ex-ministre sous Pauline Marois a également défendu le bilan du parti en matière d'environnement. Il a ainsi rappelé que l'éphémère gouvernement péquiste avait eu le temps de s'entendre avec la Californie pour mettre en œuvre la bourse du carbone et de lancer le grand chantier d'électrification des transports.

Sylvain Gaudreault veut également concentrer ses efforts à mettre de la pression sur le gouvernement caquiste et le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques d'ici la prochaine conférence des Nations unies sur le climat en novembre.

Le député a d'ailleurs surnommé l'Automne climatique de son chef : Cap sur la COP. M. Gaudreault veut forcer le gouvernement à arriver à la conférence avec un plan plus ambitieux, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Il soutient que la cible pour 2030 d'une réduction de 37,5 % des GES par rapport à l'année de référence 1990 doit être rehaussée, sans donner de chiffre précis pour le moment.

Moment crucial

Plus tôt, mardi, le chef péquiste avait déclaré que la prochaine rentrée parlementaire marquerait un moment extrêmement important pour le parti. À un an des prochaines élections provinciales, c'est la dernière occasion de montrer à la population sa pertinence face aux enjeux actuels.

Paul St-Pierre Plamondon explique que cette importance est surtout liée au fait que le moment est crucial pour le Québec.

On voit que le modus operandi du début de crise ne fonctionne pas à moyen et long terme. On voit aussi plusieurs enjeux sociaux, des vrais enjeux, pour lesquels le gouvernement n'a pas de temps ou pas d'intérêt, dit-il en énumérant la crise du logement, le manque de places en garderie et l'inflation galopante.

À cela s'ajoute le plus grave problème d'entre tous, l'environnement, pour lequel la CAQ n'a qu'un demi-plan très peu convaincant.

En ce qui concerne la gestion de la pandémie, le chef péquiste réclame la fin immédiate de l'état d'urgence sanitaire pour permettre aux députés de faire leur travail.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Par ailleurs, on sait déjà que le PQ aura un nouveau chef parlementaire en Joël Arseneau qui aura la tâche d'organiser les travaux du caucus et de questionner le premier ministre au Salon bleu en attendant l'entrée à l'Assemblée nationale de Paul St-Pierre Plamondon.

Le député des Îles-de-la-Madeleine prend la relève de son collègue de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, qui assurait la permanence depuis le départ de Jean-François Lisée en octobre 2018.

À titre de chef parlementaire, M. Arseneau aura le mandat de mener la charge dans l'analyse de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement de la Coalition avenir Québec. Il sera d'ailleurs en bonne position pour le faire, puisqu'il occupait déjà le rôle de porte-parole du PQ en matière de santé.

Pour appuyer le chef parlementaire, le PQ compte sur son leader en Chambre, Martin Ouellet, ainsi que sur sa whip et présidente du caucus, Véronique Hivon.

Les autres membres du caucus sont Méganne Perry Mélançon et Lorraine Richard, qui est absente de la réunion à La Malbaie.

Caucus réduit

Depuis les dernières élections provinciales, en 2018, le PQ a perdu trois de ses dix élus. Sylvain Roy a claqué la porte du parti en juin dernier après s'être senti discrédité par son chef.

Précédemment, le parti a vu la députée Catherine Fournier lui tourner le dos en mars 2019, celle-ci jugeant que la souveraineté du Québec n'était pas suffisamment mise en avant dans les priorités de la formation politique.

Puis, en décembre 2020, le PQ a dû se délester du député Harold Lebel en raison d'une accusation d'agression sexuelle déposée contre lui.

Paul St-Pierre Plamondon a répété qu'il n'avait pas encore abordé l'épineuse question de savoir lesquels de ses députés voudront briguer un nouveau mandat.

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