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Il reste 39 détenus de la « guerre contre le terrorisme » à Guantanamo

Des militants sont habillés avec des costumes de prisonniers et portent des cagoules noires.

Des activistes militent pour la fermeture du centre de détention de la base américaine à Guantanamo, à Cuba. Il y reste actuellement 39 détenus.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Agence France-Presse

Vingt ans après les attentats du 11 Septembre, les États-Unis mènent encore une « guerre contre le terrorisme » sur des collines du sud-est de Cuba, connues sous le nom de Guantanamo Bay.

Dans les mois qui ont suivi les attentats, les États-Unis ont capturé des centaines d'hommes soupçonnés de liens avec Al-Qaïda et les ont envoyés sur la base navale de Guantanamo.

Qualifiés d'ennemis combattants, ils ont été privés de droits et aucun calendrier n'a été fixé pour leur jugement ou leur libération, autre que la fin de la guerre contre le terrorisme qui, officiellement, se poursuit.

La plupart des 780 détenus qui ont d'abord été enfermés dans des cages, puis les cellules de la prison érigée à la hâte sur la base militaire américaine ont depuis été libérés, certains après plus de dix ans de détention sans inculpation.

Des années de détention

Aujourd'hui, il n'en reste que 39. Certains ont obtenu une promesse de libération qu'ils attendent toujours, d'autres l'espèrent.

Mais 12 d'entre eux sont toujours considérés comme dangereux par Washington, notamment Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau des attentats du 11 septembre.

Deux portraits de Khalid Sheikh Mohammed.

Khalid Sheikh Mohammed avait été arrêté au Pakistan. Après 17 mois d'interruption, les audiences préliminaires vont reprendre, à quelques jours du 20e anniversaire des attentats du 11 Septembre.

Photo : Getty Images

Parmi ces 12 hommes, deux ont été condamnés : l'un à la prison à vie, l'autre attend de connaître sa peine, dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable.

Pour les 10 autres détenus de Guantanamo qui n’ont pas encore été jugés, la procédure se poursuit donc, chaotique et émaillée d'interruptions.

Reprise des audiences

Mardi, après une interruption de 17 mois due notamment à la pandémie de COVID-19, les audiences préliminaires de Khalid Sheikh Mohammed et de quatre autres détenus vont ainsi reprendre, à quelques jours du 20e anniversaire des attentats.

Sans garantie qu'un verdict soit rendu avant le 21e anniversaire du 11 Septembre, ni même le 22e.

Les commissions militaires, procédures judiciaires d'exception mises en place pour les juger sous prétexte de l'extraterritorialité de la base, se sont en effet révélées une procédure pesante, et souvent contraire au droit américain.

Pour Benjamin Farley, un juriste du ministère de la Défense qui défend l'un des cinq accusés qui comparaissent à nouveau à partir de mardi, ces commissions sont une expérience ratée de justice ad hoc.

Le gouvernement américain a été accusé de dissimuler ou de falsifier des éléments d'enquête et d'espionner les avocats des détenus. Surtout, les détenus affirment avoir été brutalement torturés, ce qui pourrait annuler toute la procédure contre eux.

Le résultat, c'est que les derniers détenus pourraient finir leurs jours à Guantanamo, note Shayana Kadidal, de l'ONG Center for Constitutional Rights. Je pense que tout le monde sait que les commissions sont un échec, dit-il à l'AFP.

Une prison embarrassante

Guantanamo embarrasse Washington, qui se trouve accusé de violations des droits de la personne.

Isolée à des kilomètres de la base navale, la prison militaire de Guantanamo a été le théâtre d'interrogatoires poussés, où des méthodes comme les simulations de noyade ont été utilisées.

Il s'est avéré plus tard que l'administration de George W. Bush ne disposait d'aucune preuve des liens de nombreux détenus avec Al-Qaïda ou le 11 Septembre, et ils ont été discrètement libérés, certains des années plus tard.

Une affiche où est écrit « Camp Justice » sur la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba.

Les salles où se déroulent les audiences pour les prisonniers de la « guerre contre le terrorisme » à la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba.

Photo : Getty Images / Pool

Lorsque Barack Obama lui a succédé en janvier 2009, il restait 240 détenus à Guantanamo. Non seulement la prison faisait honte aux États-Unis, mais elle était devenue ce qu'un responsable américain a qualifié d'outil de propagande pour les djihadistes du monde entier.

L'une des premières décisions de M. Obama a été d'ordonner la fermeture de Guantanamo dans l'année. Mais le Congrès à majorité républicaine l'en a empêché. Le président démocrate a néanmoins poussé à la libération de la majorité des prisonniers, et il n'en restait plus que 41 quand Donald Trump est arrivé au pouvoir en 2017.

Envoyer des djihadistes à Guantanamo?

M. Trump a interrompu ces libérations et a exclu de fermer la prison, suggérant au contraire d'y envoyer des djihadistes du groupe armé État islamique (EI) capturés en Irak et dans le Nord-Est syrien.

M. Biden, qui était le vice-président de Barack Obama, est favorable à la fermeture de la prison militaire, mais selon les analystes, il va tenter d'éviter toute confrontation avec le Congrès. La généralisation des vaccins contre la COVID-19 a permis la reprise des audiences militaires en mai, et le président démocrate a commencé à faire libérer discrètement ceux qui ne sont pas inculpés.

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