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L’Université de Moncton soulignera la journée de la réconciliation le 30 septembre

Entrée du pavillon de l'Université.

L'Université de Moncton reconnaît que les campus de Moncton et de Shippagan sont situés sur des terres ancestrales non cédées des Mi'kmaqs (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Rébecca Corrales-Soucy

L’Université de Moncton a annoncé samedi dans un communiqué qu’elle annulera ses cours le 30 septembre prochain, pour faire reconnaître l’histoire et la culture autochtone. Les classes céderont leur place à des activités inclusives afin que les élèves et le personnel puissent entreprendre, une leçon à la fois, la voie de la réconciliation.

Le 28 mai dernier, les députés de la Chambre des communes ont adopté un projet de loi entraînant la création de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada. Plusieurs provinces, telles que la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique, ont choisi d’officialiser cette journée à titre de jour férié.

Ce n’est toutefois pas le cas du Nouveau-Brunswick, où les entreprises et les écoles auront le choix d'ouvrir ou de fermer. L’Université de Moncton en profite donc pour emboîter le pas.

La Vice-rectrice de l’université, Madeleine Dubé, estime que cette journée est excessivement importante, spécialement cette année, avec la découverte des corps de 215 enfants autochtones près d'anciens pensionnats.

« On veut saisir l’occasion d’en faire une journée de réflexion, mais d’aller encore plus loin. C’est important d’apprendre l’histoire, leur vécu et le nôtre, et de redéfinir le type de relation que l’on veut. »

— Une citation de  Madeleine Dubé, Vice-rectrice, Université de Moncton, campus d'Edmundston

Elle insiste sur le fait que ce n’est pas simplement une journée pour ne pas avoir de cours.

Céder la parole à travers des activités

Une série d’activités sera organisée tout au long du mois de septembre, incluant des conférences ainsi que des kiosques d’informations sur les centres autochtones. Des chroniques du genre Saviez-vous que ? seront aussi mises en place, pour éduquer l’histoire des pensionnats.

Madeleine Dubé en entrevue dans son bureau

Madeleine Dubé explique que l’objectif de ces mesures est de sensibiliser les étudiants (archives).

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

On enseigne à nos futurs professionnels, donc c’est important. C’est l’établissement des relations futures qu’on est en train de faire.

Le corps professoral est aussi sollicité.

Les professeurs sont accompagnés dans leur enseignement, grâce à des collaborations établies avec des aînés des Premières Nations. Certains offrent des mini-conférences sur l’heure du midi, en ligne, pour sensibiliser les étudiants à leur vécu.

« C’est important de travailler avec les aînés, pour ne pas que ce soit notre interprétation, mais plutôt raconter leur histoire, selon leur point de vue. »

— Une citation de  Madeleine Dubé, Vice-rectrice, Université de Moncton, campus d'Edmundston

Une agente de recrutement à l’Université de Moncton est du même avis. Il faut laisser les personnes qui sont concernées avoir la parole, et leur donner la chance de parler, a déclaré Amélie Montour.

Raconter la vraie histoire

Historienne de formation, elle soutient que l’histoire racontée est parfois embellie. On a cette image que les Acadiens et les autochtones ont toujours eu une bonne relation du côté historique, mais il faut être conscient que ce n’est pas toujours le cas.

Pour exemple, la guérilla qui sévit entre pêcheurs Micmacs et commerciaux depuis plusieurs années.

Amélie Montour estime que la réconciliation doit aussi passer par des discussions difficiles, comme celles des pensionnats autochtones. On sait qu’on est sur un territoire non cédé, puis on veut quand même avoir la chance de reconnaître cela, ajoute-t-elle.

Un groupe d'étudiantes et une religieuse posent dans une salle de classe du pensionnat pour Autochtones.

Amélie Montour considère que les gens ne prennent plus le temps de réfléchir au passé des autochtones, même si le nombre d'enfants décédés, et découverts à ce jour, continue d'augmenter (archives de 1940).

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Elle se déclare très heureuse que l’université ait intégré cette journée à son calendrier. Cependant, elle aimerait que d’autres employeurs se joignent au mouvement de réconciliation le 30 septembre. Les personnes que cela touche le plus, ce ne sont pas les personnes qui auront congé, soutient-elle.

Amélie Montour se dit déçue de la décision du gouvernement provincial, qui n’a pas officialisé cette journée. Cela enlève la chance à des personnes qui voudraient vraiment prendre un moment pour reconnaître la journée.

Selon Madeleine Dubé, les efforts déployés par l’Université de Moncton sont un premier pas vers la voie de la réconciliation. D’autres activités en lien avec l’histoire autochtone prendront probablement place durant l’année, à l’Université de Moncton.

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