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Des citoyens marchent pour les deux Michael à Ottawa et ailleurs

Des personnes défilent avec une bannière demandant la libération des deux Canadiens détenus en Chine.

Des marches pour réclamer la libération de Michael Kovrig et de Michael Spavor avaient lieu un peu partout au Canada, dimanche, comme à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Alors que Michael Kovrig et Michael Spavor croupissent depuis 1000 jours dans des prisons chinoises distinctes, de nombreux citoyens se sont réunis dans les rues d'Ottawa et ailleurs, dimanche, pour réclamer leur libération.

Les marches de dimanche, qui ont eu lieu dans plusieurs villes au Canada et dans le monde, s’annonçaient comme les plus grandes manifestations publiques de soutien envers les deux hommes qui sont désormais reconnus au Canada et à l'étranger comme les deux Michael.

L’épouse de Michael Kovrig, Vina Nadjibulla, qui était à la marche d’Ottawa, a souligné que le rassemblement visait à reproduire les 7000 pas que Michael Kovrig tente de faire chaque jour dans sa cellule de prison exiguë pour maintenir son bien-être physique et mental.

Nous ne voulons pas qu’il soit seul durant sa marche et nous voulons que les personnes à travers le monde l’accompagnent et lui donnent de la force, a-t-elle dit à ICI Ottawa-Gatineau.

Elle a insisté sur le fait que le soutien exprimé de toute part comptait énormément pour les deux Michael et leurs proches. Elle a noté que les leaders de différents partis politiques ainsi que des ambassadeurs de nombreux pays ont pris part à la marche.

C’est incroyable de voir ce genre de solidarité. Ce n’est pas un enjeu partisan. Il y a une unité au sein des leaders canadiens sur le fait qu’il faut les ramener à la maison, a ajouté Vina Nadjibulla.

Le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, était présent. Je suis ici parce que je voulais, en tant que citoyen, démontrer ma solidarité avec les familles, a-t-il précisé.

On travaille sur une façon de pouvoir assurer la liberté des deux Michael. C’est un travail qu’on a commencé depuis longtemps et qu’on va continuer jusqu’à temps que la Chine décide de les laisser aller.

Le secrétaire d'État américain, Anthony Blinken, a lui aussi réagi dimanche. Nous sommes solidaires avec le Canada et la communauté internationale et nous demandons la libération immédiate et inconditionnelle de Michael Spavor et Michael Kovrig, a-t-il écrit dans une déclaration publiée pour maruqer les 1000 jours d'incarcérations des deux hommes.

Garder espoir

L’épouse de Michael Kovrig a dit espérer qu’un dénouement sera enfin possible, cet automne, alors que la décision de la Cour suprême du Canada devrait être rendue à la suite de l’audience d’extradition de la dirigeante de Huawei Meng Wahzhou.

J’ai espoir que [...] ça va créer les opportunités de finalement entreprendre des discussions politiques et diplomatiques pour les ramener à la maison, a-t-elle dit au sujet des deux Michael.

Le frère de Michael Spavor, Paul Spavor, aussi présent dimanche, a affirmé qu’il gardait espoir pour la suite des choses.

C’est difficile. Mille jours, c’est long. Cela nous épuise, et ce, particulièrement pour mon père. Nous avons gardé profil bas auprès des médias parce que c’est tellement difficile, a-t-il laissé tomber.

Une femme se touche le front, semblant attristée, durant un rassemblement.

Vina Nadjibulla, épouse de Michael Kovrig, alors qu'elle s'apprêtait à s'entretenir avec les médias

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Michael Kovrig, un diplomate canadien en congé qui travaillait auprès d'une organisation internationale, et Michael Spavor, un entrepreneur qui a tenté de nouer des liens avec la Corée du Nord, ont été arrêtés en représailles apparentes à l'arrestation par la GRC de la dirigeante de la multinationale chinoise Huawei le 1er décembre 2018 alors qu’elle transitait par l'aéroport de Vancouver. La GRC a agi sur une demande d'extradition américaine parce que les États-Unis veulent poursuivre Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei Technologies, pour avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran.

Neuf jours après l'arrestation de Meng Whanzhou, Michael Kovrig et Michael Spavor ont été arrêtés en Chine. Tous deux ont depuis été reconnus coupables d'espionnage devant des tribunaux chinois à huis clos -- un processus qui, selon le Canada et des dizaines d'alliés, équivaut à une détention arbitraire pour de fausses accusations dans un système judiciaire fermé, qui ne rend aucun compte.

La Chine a nié ces accusations et accusé le Canada d'être le chien de poche du gouvernement américain, et a demandé à plusieurs reprises la libération immédiate de Meng Wanzhou. La Chine affirme que les États-Unis essaient simplement d'empêcher Huawei d'affirmer sa domination sur le marché international des télécommunications.

L'audience d'extradition de Meng Wanzhou, devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, a donné lieu à un duel juridique très médiatisé entre une grande équipe d'avocats qui défendaient Meng Wanzhou et un avocat du procureur général du Canada qui agissait au nom des États-Unis.

L'audience d'extradition s'est terminée en août et la juge en chef adjointe Heather Holmes devrait rendre sa décision cet automne, mais elle pourrait faire l'objet d'un appel, prolongeant l'emprisonnement des deux Michael.

Avec les informations de La Presse canadienne et de Jean-François Poudrier

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