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Affligés de problèmes de santé mentale, ils doivent prendre leur mal en patience

Tera Hawes a essayé pendant des années de recevoir de l'aide pour son trouble bipolaire de type II.

Tera Hawes dit qu'elle s'est souvent sentie déçue au cours de ses efforts pour trouver des soins de santé mentale.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Certains Britanno-Colombiens qui souffrent de problèmes de santé mentale pas assez graves pour nécessiter des soins immédiats peuvent attendre des mois, voire des années, avant de recevoir des traitements adéquats.

C'est le cas d'une Vancouvéroise de 37 ans, Tera Hawes, qui a rencontré ce problème lorsqu’elle a demandé de l’aide pour la première fois en 2011 en raison de ce qu'elle comprend aujourd'hui avoir été un épisode d'hypomanie.

Il y avait plusieurs parties de ma vie où je perdais complètement la maîtrise de moi-même , dit-elle. Elle dépensait trop, utilisait des substances, et avait un grand surplus d’énergie qui la menait jusqu'à l'épuisement social.

Ce n’était que six ans plus tard, en 2017, que Tera Hawes a été diagnostiquée avec le trouble bipolaire de type II, qui est caractérisé par des épisodes d'hypomanie et d'autres de dépression profonde.

Tera Hawes devant son ordinateur.

Tera Hawes a dû attendre quatre ans avant de recevoir un diagnostic, et elle attend toujours de voir un psychiatre.

Photo : Radio-Canada

Tera Hawes est parmi les nombreux Britanno-Colombiens qui peinent à avoir des soins de santé mentale ponctuels, notamment parce qu’elle n’est ni suicidaire, violente, ou en situation de dépendance, explique l'Association canadienne pour la santé mentale.

Il existe une catégorie de gens qui ne sont pas en besoin d’une unité d’urgence, ou de soins de crise, dit le PDG de l’association en Colombie-Britannique, Jonny Morris.

« Trouver les services appropriés au bon moment est un défi. Souvent, il y a un délai d’attente, ou le service n’est pas tout à fait bien adapté aux besoins de la personne. »

— Une citation de  Jonny Morris, Association canadienne pour la santé mentale
Jonny Morris affirme qu'il y a de nombreux Britanno-colombiens qui ne reçoivent pas des soins de santé mentale ponctuels parce que leurs symptômes ne sont pas assez graves.

Jonny Morris est le PDG de la filiale britanno-colombienne de l'Association canadienne pour la santé mentale.

Photo : Radio-Canada

Tera Hawes, par exemple, a besoin d’un psychiatre, et essaie d’en trouver un depuis son diagnostic il y a quatre ans, sans succès. Elle dit qu’à un moment donné, son médecin lui a dit qu’il n’y avait tout simplement aucun psychiatre qui prenait de nouveaux patients.

Elle affirme que le fait de devoir attendre de l’aide a fait en sorte qu’elle s’est retrouvée dans des situations désespérantes.

Sans oublier la pandémie

La pandémie met aussi un nouveau stress sur la population à risque de ce genre de difficultés.

Des données de l’Association canadienne pour la santé mentale collectées en ligne suggèrent que la santé mentale de 37 % des Britanno-Colombiens a détérioré pendant la crise sanitaire. La marge d’erreur de l’étude est de plus ou moins 1,7 % à un niveau de confiance de 95 %.

Lucas Britton fait partie de cette population.

L’étudiant à l’Université de la Colombie-Britannique vit avec des symptômes de dépression, qu’il réussissait à gérer jusqu’à ce que les restrictions liées à la covid-19 lui fassent composer avec un isolement accru.

J’étais dans cet espace sombre et mauvais. Toutes les choses que j’aurais faites en temps normal pour m’aider n’étaient plus disponibles, se souvient-il.

Lucas Britton a dû chercher pendant un mois avant de pouvoir voir un conseiller.

Lucas Britton, qui a subi des difficultés de santé mentale accrues en raison de la pandémie, devant l'océan.

Lucas Britton compose avec des symptômes de dépression, et la pandémie a nui à sa capacité de les gérer.

Photo : Radio-Canada

Du financement pour augmenter l’accès aux soins

Le Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique au pouvoir promet d'investir 500 millions de dollars sur les trois prochaines années dans les soins de santé mentale et les soutiens pour les toxicomanes.

La majorité des fonds iront à des programmes liés à la crise des opioïdes, et près de 100 millions de dollars seront dédiés aux ressources pour les jeunes. Une partie plus petite, soit 6 millions de dollars, doit améliorer l’accès aux soutiens de santé mentale pour des adultes comme M. Britton et Mme Hawes.

Depuis l’annonce de ces fonds lors du budget de 2021, la province a aussi annoncé plusieurs millions de dollars pour renforcer l'accès à ces soins.

Cependant, la ministre de la Santé mentale et des Dépendances, Sheila Malcolmson, admet que le système peine à répondre au besoin : C'est certain qu’il existe encore des défaillances dans le système. Nous ne voulons pas que les personnes souffrent d'une crise pour obtenir de l’aide.

D'après les informations de Max Haberstroh

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