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Les libéraux passent à l’offensive sur les armes à feu

Rachel Bendayan pointe une affiche tenue par Pablo Rodriguez et qui montre différentes armes à feu et Pablo Rodriguez lors d'un point de presse.

Rachel Bendayan (à gauche) et Pablo Rodriguez (à droite) se sont attaqués aux propos d'Erin O'Toole sur la réglementation des armes d'assaut.

Photo : Radio-Canada

Pablo Rodriguez et Rachel Bendayan, respectivement candidats libéraux dans Honoré-Mercier et Outremont, ont accusé les conservateurs de vouloir « retourner en arrière » dans le dossier du contrôle des armes à feu au pays.

Lors du débat de TVA jeudi dernier, M. O’Toole a menti aux Québécois. Il a menti sur sa position concernant les armes d’assaut, a lancé en conférence de presse Mme Bendayan, samedi matin, à Montréal.

Cette dernière faisait référence aux propos du chef conservateur tenus lors du Face-à-face diffusé sur le réseau québécois, où il a affirmé qu’il maintiendrait l’interdiction des armes d’assaut s’il formait le prochain gouvernement.

Pourtant, la plateforme du Parti conservateur du Canada (PCC) mentionne explicitement l’abolition du projet de loi C-71 et du décret de mai 2020 qui interdisent la vente, l’achat et l’utilisation de quelque 1500 types d’armes et qui resserrent le contrôle d'armes de type militaire.

En fait, c'est la définition de ce qui constitue une arme d'assaut qui alimente ce débat. Un porte-parole du PCC a voulu corriger le tir, vendredi, en précisant par courriel que le parti veut maintenir en place la loi C-51, promulguée en 1977 (Nouvelle fenêtre), qui interdit les armes automatiques, mais se débarrasser des récentes lois libérales.

Un gouvernement conservateur créerait ensuite un système de classification simplifié et en le codifiant dans la loi pour bien préciser quels types d’armes entrent dans chaque catégorie, écrit le directeur des communications du PCC au Québec, Axel Rioux.

Mais les libéraux demeurent insatisfaits et ils réclament de la transparence.

Il [M. O'Toole] tente maintenant de jouer sur les mots en suggérant qu’il parlait des armes entièrement automatiques […], mais la question du débat portait clairement sur les 1500 modèles d’armes d’assaut que nous avons interdits en 2020, note la candidate.

L’ensemble du Québec et du Canada mérite mieux que les mensonges clairs [d’Erin] O’Toole. En anglais, on a vu, il promet de ramener les armes d’assaut. En français, il promet de les interdire. Il va falloir qu’il dise la vérité à un moment donné, a renchéri Pablo Rodriguez.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Erin O'Toole talonné

Erin O’Toole était de passage en Colombie-Britannique pour dévoiler son plan de lutte contre la COVID-19, mais sa position sur les armes d’assaut et les armes de type militaire a totalement éclipsé celle sur la pandémie.

Pouvez-vous regarder ce matin les familles, les survivantes du massacre de Polytechnique et leur expliquer pourquoi vous renverseriez la décision d’interdire le Ruger Mini 14, l’arme utilisée le 6 décembre 1989, a demandé un des journalistes.

Erin O’Toole participant à la joute oratoire.

Erin O’Toole (chef du Parti conservateur du Canada) lors de la soirée du « Face-à-Face 2021 » aux studios de TVA à Montréal dans le cadre des élections fédérales 2021 le jeudi 2 septembre 2021.

Photo : Martin Chevalier / Agence QMI

Je vais maintenir l’interdiction pour les armes d’assaut, et je vais être là pour les victimes et leur famille. Et c’est pourquoi on a un plan contre les gangs de rue, contre les risques pour les Canadiens dans nos grandes villes, s’est-il contenté de répondre en évitant le cœur de la question.

Restés sur leur faim, la quasi-totalité des journalistes l’ont talonné sur ce sujet. Certains disent que vous tentez de tromper ou d'induire les gens en erreur avec des déclarations comme celles-là [...] Que leur répondez-vous?, lui a ensuite lancé une autre reporter après que M. O'Toole eut accusé Justin Trudeau de vouloir tromper les électeurs et semer la division avec des tactiques inspirées de la politique américaine.

Je leur répondrais, comme à tous les Canadiens, que nous allons maintenir l’interdiction des armes d’assaut, a rétorqué de plus belle Erin O’Toole en mentionnant à nouveau que son plan de lutte contre la violence par les armes à feu s’attaque aux gangs et à la contrebande en provenance des États-Unis, plutôt qu’à la réglementation des armes de style militaire.

Les représentants des médias et le chef conservateur se sont ainsi renvoyé la balle pendant presque 15 minutes. Systématiquement, Erin O’Toole leur a fourni la même réponse, presque au mot près, en ajoutant parfois qu’il voulait revoir le système de classification des armes au Canada.

Blanchet invite O’Toole à plus de clarté

Répliquant à Pablo Rodriguez, qui reproche au Bloc québécois de dormir sur la switch et de ne pas aborder le thème des armes à feu durant la campagne, le chef Yves-François Blanchet s’est défendu en disant en avoir parlé lors du Face-à-face de TVA.

Aujourd'hui, je veux mentionner, dans le contexte du dossier des armes à feu, que c'est le neuvième anniversaire de l'attentat contre Pauline Marois qui a coûté une vie humaine. J'invite les partis à vraiment, vraiment, considérer les mesures nécessaires, a-t-il déclaré.

Yves-François Blanchet en entrevue sur le bord d'une rue.

Yves-François Blanchet a critiqué les décisions et les promesses des libéraux et des conservateurs en matière de contrôle des armes.

Photo : Radio-Canada

Yves-François Blanchet demande au chef conservateur de préciser sa pensée. J’invite M. O’Toole à faire preuve de clarté parce que l'enjeu des armes à feu est en train de devenir pour M. O'Toole ce que celui de l'avortement a été pour M. Scheer, a-t-il dit.

De plus, il estime que les libéraux agissent lentement. Je réitère que du côté de M. Trudeau, la conversion est tardive pour que le rachat devienne obligatoire. Du côté du Bloc québécois, ça a toujours été, parce que c’est évident, une position de rachat obligatoire, a-t-il affirmé.

Le leader bloquiste ne souhaite qu'aucune des mesures mises en place ne soit un obstacle à la pratique de la chasse sportive.

Le trafic d'armes dans la mire du PLC

Alors que Mme Bendayan a réitéré qu’un gouvernement libéral rendrait obligatoire le programme de rachat d’armes interdites en vertu de C-71 et du décret de mai 2020, M. Rodiguez a mis l’accent sur la lutte contre la violence par armes de poing.

On va durcir les peines de prison pour le trafic d’armes à feu. On va les faire passer 10 à 14 ans, a promis celui qui aspire à se faire réélire dans Honoré-Mercier.

Le message est clair : c’est tolérance zéro pour ceux qui veulent se faire de l’argent sur le dos des victimes.

Une citation de :Pablo Rodriguez, candidat libéral dans Honoré-Mercier

Ce durcissement serait accompagné d’investissements importants dans la Gendarmerie royale du Canada et l’Agence des services frontaliers, a-t-il également souligné, afin de lutter contre la contrebande d'armes illégales. M. Rodriguez n'a toutefois pas précisé à combien s’élèveraient ces sommes.

Le plan d’un éventuel gouvernement libéral comprend également des investissements dans la prévention de la criminalité et pour accompagner les provinces qui voudraient interdire les armes de poing, comme le Québec.

En février dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion demandant au gouvernement fédéral de lui déléguer le pouvoir de réglementer les armes de poing. On a répondu oui au souhait exprimé par l’Assemblée nationale, a indiqué Pablo Rodriguez

Tous ceux qui vont le faire seront appuyés non seulement législativement, mais l’argent va suivre aussi, a-t-il ajouté, en promettant qu’un gouvernement libéral créerait une enveloppe d’au moins un milliard de dollars pour appuyer les provinces et les territoires qui voudraient imiter le Québec.

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