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Texas : mobilisation en ligne pour défendre le droit à l’avortement

Une femme portant un mégaphone devant un édifice

Une activiste manifeste devant la Cour suprême, à Washington, contre la loi anti-avortement récemment adoptée au Texas.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Agence France-Presse

Un site web qui encourage le public à dénoncer des avortements illégaux au Texas s'est vu notifier de son éviction par son hébergeur Internet, une des mesures prises par des sociétés de technologie après l'entrée en vigueur d'une loi qui interdit la majorité des interruptions de grossesse dans cet État du Sud, même en cas d'inceste ou de viol.

Le site Pro Life Whistle Blower a été mis en place par le groupe texan anti-avortement Right to Life (droit à la vie) pour récolter des tuyaux ou des dénonciations concernant des personnes et organisations qui aideraient une femme à se faire avorter dans cet État historiquement conservateur après six semaines de grossesse.

Depuis mercredi, une loi prévoit que les plaignants et plaignantes perçoivent au moins 10 000 dollars de dédommagement en cas de condamnation. Une prime à la délation, selon les personnes qui dénoncent cette loi.

Mais vendredi, un clic sur le bouton tuyaux du site web dirigeait l’internaute vers une page intitulée Accès refusé - Pare-feu de GoDaddy.

Contre les règles de GoDaddy

Le fournisseur de services en ligne GoDaddy a en effet informé jeudi le site qu'il enfreignait son règlement et qu'il avait 24 heures pour changer d'hébergeur.

Les règles de GoDaddy stipulent que les internautes ne peuvent pas collecter d'informations sur des personnes sans leur consentement.

Nous ne serons pas réduits au silence, a assuré Kimberlyn Schwartz, directrice de la communication de Right to Life.

Plusieurs personnes tenant des pancartes sont entassées dans une rue.

Une manifestation en faveur de l'avortement s'est déroulée en mai dernier à Austin, au Texas.

Photo : Getty Images / Sergio Flores

Personne ne peut nous empêcher de sauver des vies. Nous n'avons pas peur. Nous ne reculerons pas. Notre équipe technique a déjà entrepris le transfert vers un autre service, et le site sera de nouveau opérationnel dans les 24-48 heures, a-t-elle précisé.

Des sites de rencontre créent des fonds de soutien

Des internautes, encouragés par des organisations de défense des droits de la personne, ont par ailleurs inondé le site web de fausses dénonciations. Sur les réseaux sociaux, comme TikTok et Instagram, des activistes font part de leurs efforts pour créer des robots qui bombardent le site de cette façon.

Uber et Lyft, les deux leaders des réservations de voitures avec chauffeur, ont de leur côté annoncé vendredi qu'ils couvriraient les frais de justice des conducteurs et conductrices, en cas de dénonciation à leur endroit dans le cadre de la nouvelle loi.

Bumble et Match Group (Tinder, OkCupid...), dont les sièges se trouvent au Texas, vont créer des fonds de soutien. L'application de rencontres en ligne Bumble veut ainsi soutenir les droits des femmes et personnes qui veulent avorter au Texas, a tweeté mercredi l'entreprise fondée et dirigée par des femmes.

Notre société ne prend d'ordinaire pas parti politiquement, à moins que cela ne concerne nos affaires. Mais dans ce cas, moi, personnellement, en tant que femme au Texas, je ne pouvais pas rester silencieuse, a écrit Shar Dubey, la patronne de Match, dans un mémo interne relayé sur Twitter.

Tout le monde doit bien voir le danger posé par une loi aussi punitive et injuste que celle-ci, qui ne fait même pas d'exception pour les victimes de viol ou d'inceste. Je détesterais que notre État fasse un tel pas en arrière dans les droits des femmes, a-t-elle ajouté.

Un système de justicières et justiciers autoproclamés, dénonce Biden

La loi entrée en vigueur mercredi interdit d'avorter dès que les battements de cœur de l'embryon sont détectés, soit à environ six semaines de grossesse, quand la plupart des femmes ignorent être enceintes. Seule l'urgence médicale justifie une exception.

Jusqu'à présent, les textes similaires d'autres États américains avaient été invalidés en justice, mais cette fois-ci la Cour suprême fédérale a refusé de bloquer la loi.

Selon la législation texane, il ne revient pas aux autorités de faire respecter la mesure, mais à la population, encouragée à porter plainte au civil.

La chose la plus pernicieuse [...] est que cela crée une sorte de système de justicières et justiciers autoproclamés, avec des gens qui perçoivent des récompenses, a déploré le président américain Joe Biden devant la presse à la Maison-Blanche, vendredi.

Cela semble ridicule, presque anti-américain, a-t-il continué.

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