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L’immigration comme remède à la pénurie de main-d’œuvre dans l’est ontarien

Une affiche indiquant "Nous embauchons" sur le bâtiment d'une entreprise.

Une entreprise affiche qu'elle embauche dans l'est ontarien.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Radio-Canada

La pénurie de main-d'œuvre est un enjeu électoral incontournable pour les employeurs des Comtés unis de Prescott et Russell, dans l’est ontarien. Plusieurs interpellent les partis fédéraux pour que ceux-ci s’engagent à accélérer les processus en immigration leur permettant d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires ou de nouveaux arrivants.

La directrice générale du Centre de service à l’emploi de Prescott et Russell, Caroline Arcand, estime que 1000 postes sont à combler sur ce territoire de 90 000 habitants.

On parle de postes de niveau d’entrée autant que de postes de cadres. Les besoins sont à tous les niveaux, explique-t-elle en entrevue avec ICI Ottawa-Gatineau.

L’éventuelle fin des programmes déployés durant la crise de la COVID-19, comme la Prestation canadienne de relance économique (PCRE), ne viendra pas mettre un terme à la crise, dit-elle.

La pénurie de main-d'œuvre existait bien avant la pandémie et on l’a vue aller au cours des dernières années.

La pandémie a toutefois pu aggraver le problème, en conduisant certains employés à se tourner vers de nouveaux domaines.

Un problème de salaire

Candidat pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans Glengarry-Prescott-Russell, Konstatine Malakos livre sa propre analyse : Il faut regarder les raisons [profondes] de cette pénurie. Pendant la pandémie, beaucoup de gens ont réalisé que les salaires étaient trop bas. Et après avoir pris la Prestation canadienne d’urgence, ils se sont rendu compte qu’ils ne voulaient pas retourner à une situation où ils ne sont pas assez payés. Et ça, c’est une grande partie du problème.

Une personne s'adresse à des manifestants dont certains tiennent des pancartes.

Le candidat néo-démocrate, Konstatine Malakos (Archives)

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

M. Malakos milite avec son parti pour un salaire minimum à 20 $ dans les secteurs régulés par le gouvernement fédéral.

J’espère que si on le fait au niveau fédéral, les provinces suivront, dit-il.

Faciliter l’immigration économique

Mais sur le terrain, certains estiment que c’est plutôt de l’immigration que viendra le salut.

Les agriculteurs se butent à de longs délais et à des programmes onéreux qui signifient des mois de démarches pour embaucher des travailleurs à travers des programmes d’immigration, souligne Mme Arcand.

Directrice des opérations de l'agence de recrutement Contak Solutions, à Hawkesbury, Mélanie Desjardins propose aux entreprises des programmes clés en main pour trouver la perle rare à l’étranger.

On s’occupe de tout. De l’étude d'impact sur le marché du travail pour donner le droit à l’entreprise d’embaucher des travailleurs étrangers, au recrutement des travailleurs, en faisant la présélection d’après les critères prédéterminés par notre entreprise cliente. De là, on soumet les [candidatures] à nos clients pour passer aux entrevues. Une fois que le choix est fait, on va faire la demande du permis de travail, qui est la dernière étape. [...] Et une fois que les candidats sont arrivés, on va les chercher à l’aéroport et on les aide à s’établir dans la région.

Ce service complet n’empêche pas les délais. En Ontario, il faut compter six mois, dit Mme Desjardins.

C’est quand même très long, ne sachant pas ce qui va se passer dans le futur pour les entreprises. [...] On pourrait peut-être baisser [la durée de traitement] d’un à deux mois, ce qui compte beaucoup au bout de la ligne quand une entreprise est en pénurie de main-d'œuvre.

Une personne travaille sur une machine, en intérieur.

Le secteur manufacturier, surtout ce qui touche à la ligne de production, est particulièrement à la recherche de nouveaux employés.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Mme Desjardins indique que le secteur manufacturier, surtout ce qui touche à la ligne de production, est particulièrement à la recherche de nouveaux employés.

Si la pandémie a ralenti les ardeurs des entreprises, l’activité a redémarré ces derniers mois et avec elle, le problème du recrutement. Il y a beaucoup de gens avec qui on parle qui refusent les contrats. Les gens en poste commencent à être fatigués parce qu’ils doivent souvent faire des heures supplémentaires. Il y a un essoufflement.

D’où la solution de recrutement international, insiste-t-elle.

Simplifier les démarches

Il faut améliorer l’administration du programme et rendre ça plus simple, admet d’emblée le député libéral sortant de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, qui tente de se faire réélire.

Dans sa plateforme électorale, son parti propose de mettre en place un système d’employeur de confiance visant à simplifier le processus de demandes des entreprises canadiennes qui font appel à des travailleurs étrangers temporaires pour pallier le manque de main-d'œuvre.

Francis Drouin devant ses affiches électorales.

Le candidat libéral et député sortant dans la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin (Archives)

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Je pense que la paperasse, c’est un problème majeur, insiste-t-il.

Les libéraux promettent aussi de faire en sorte que les employeurs aient une ligne de communication directe avec les personnes qui traitent leurs demandes.

C’est un enjeu qui est très important si on veut continuer notre développement économique, on a besoin des gens pour travailler.

Une citation de :Mélanie Desjardins, directrice des opérations de l'agence de recrutement Contak Solutions, à Hawkesbury

Dans leur programme, les néo-démocrates veulent faire correspondre les politiques et les niveaux d’immigration aux besoins des employeurs. Mais leur candidat local se montre prudent.

Amener plus d’immigrants ne va pas résoudre le problème de la faiblesse des salaires, dit-il. C’est important que les postes soient attirants, que les salaires soient attirants, que les bénéfices sociaux soient attirants… Parce que la réalité, c’est qu’il y a des gens qui ont des postes à remplir et qui n’ont aucun souci à les remplir. Ce n’est pas tout le monde qui a de la difficulté à trouver des employés. Je comprends que pour des petites entreprises, c’est parfois difficile de payer plus. On devrait donc avoir des programmes pour les aider à donner des salaires plus compétitifs.

De leur côté, les conservateurs veulent accueillir en priorité les immigrants qui peuvent contribuer à l’économie. Un nouveau mécanisme selon lequel les travailleurs étrangers paieraient pour accélérer le traitement de leur demande est proposé.

Selon Caroline Arcand, il faudra s’attaquer au problème de main-d'œuvre plus tôt que tard, car c’est la croissance des entreprises qui est en jeu.

C'est impossible de s'imaginer le développement de notre communauté et le développement économique dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre comme on le connaît actuellement.

Elle se réjouit toutefois de voir que la pénurie de main-d'œuvre est sur le radar des différents partis politiques.

Avec les informations de Denis Babin

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