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Les nouvelles mesures pour endiguer la 4e vague en Alberta déçoivent

Des masques sur une table.

Le retour du port obligatoire du masque dans les lieux publics intérieurs est la seule mesure qui trouve grâce aux yeux des critiques du gouvernement Kenney.

Photo : getty images/istockphoto / mihalec

| Mis à jour

Dangereuses selon l’opposition officielle, inadéquates selon certains médecins. Les mesures annoncées par le gouvernement albertain pour contenir la 4e vague de COVID-19 ne recueillent aucun compliment en dehors des cercles conservateurs.

La cheffe du Nouveau Parti démocratique de l'Alberta Rachel Notley a particulièrement critiqué l’incitatif financier offert aux non-vaccinés s’ils acceptent une première ou une deuxième dose. 

C’est un message dangereux envoyé pour cette pandémie et pour les pandémies futures, a-t-elle souligné.

« Le premier ministre a échoué… encore une fois. »

— Une citation de  Rachel Notley, cheffe du NPD de l'Alberta

Manque de cohérence

Le maire de Calgary s’est dit heureux de voir le gouvernement finalement passer à l’action, mais il est aussi en colère. Pour que [les mesures] fonctionnent, il faut que ce soit cohérent, il doit y avoir une logique et cette annonce ressemblait à du spaghetti qu’on lance sur un mur pour voir ce qui colle, explique Naheed Nenshi.

Le maire fait aussi remarquer que le premier ministre a parlé longuement de l’offre de 100 dollars pour les gens qui se feraient vacciner à partir de vendredi et n’a rien dit sur le port du masque dans son allocution.

« Il a attendu que son ministre de la Santé répète tout ce qu’il venait de dire pour ensuite dire: "Oh en passant, nous allons imposer le port du masque." C’est clairement pour des raisons politiques et ça m’a dérangé. »

— Une citation de  Naheed Nenshi, maire de Calgary

L'exemption pour les écoles questionnée

La chef du NPD Rachel Notley est heureuse de voir le retour du port obligatoire du masque dans les lieux publics intérieurs, mais elle a avoué ne pas comprendre pourquoi les écoles étaient exemptées de cette obligation.

Le gouvernement provincial laisse les conseils scolaires décider des mesures les plus adéquates. Nous avons reçu tellement de messages de parents inquiets pour la santé de leurs enfants, a-t-elle déclaré.

L’Association des enseignants de l’Alberta (ATA) a également partagé son mécontentement sur cette question dans un communiqué. Des rassemblements de plus de 30 personnes sans masques vont continuer de se produire avec la bénédiction du gouvernement. Les enfants sont entassés dans des lieux mal ventilés, a critiqué le président de l’Association des enseignants de l’Alberta, Jason Schilling.

Pour le NPD albertain, la mesure qui aurait dû être prise et aurait satisfait les Albertains est la mise en place d’un passeport vaccinal.

Effet sur les hospitalisations

L’urgentologue Joe Vipond, cofondateur des organisations Masks4Canada et Protect our province, ne donne aussi qu’un seul bon point au gouvernement provincial : le retour du port obligatoire du masque dans les lieux publics intérieurs. Le reste des mesures n’aura aucun effet, selon lui. 

L’annonce est totalement inadéquate. Nous allons voir une croissance exponentielle des cas de COVID-19, s’inquiète-t-il.

Le Dr Joe Vipond lors d'une entrevue avec des manifestants.

Le Dr Joe Vipond a créé deux groupes soutenant des mesures sanitaires en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Julien Latraverse

Sa principale peur est l’effet que cela aura sur les soins intensifs qui sont déjà remplis à 95 % de leur capacité d’accueil. Nous sommes déjà au maximum de notre capacité. [...] Ce qu’il va se passer, c’est qu’on va devoir prioriser les patients et il y aura des morts inutiles, croit-il.

Des mesures trop timides

En plus du masque, le médecin aurait voulu le retour du traçage des contacts des cas positifs, la fermeture des salles de restaurants et le retour de l’enseignement en virtuel. C’est juste trop dangereux, il y a juste trop de cas de COVID-19 pour avoir des enfants en face à face, dit-il.

La professeure agrégée de sciences politiques à l’Université Mount Royal Lori Williams est persuadée que la plupart des Albertains vont partager ces sentiments de colère et d’incompréhension face aux mesures annoncées.

Après plusieurs semaines de silence, la population s’attendait à une réponse plus forte selon elle.

« Les Albertains ne font plus confiance [à Jason Kenney] pour gérer cette crise. »

— Une citation de  Lori Williams, professeur de sciences politiques

Elle ne comprend pas pourquoi le gouvernement a choisi de mettre en place une mesure à l’efficacité non prouvée, les 100 dollars d’incitatif, plutôt qu’un passeport vaccinal qui fait ses preuves dans d’autres provinces.

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