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L’arrivée des Afghans retarde le traitement des autres demandes en immigration

Une famille qui marche de dos.

Cette famille italo-canadienne attend depuis février 2019 l'obtention de la résidence permanente du père.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

L’arrivée des réfugiés afghans au Canada, jugée prioritaire, a pour conséquence de ralentir les services d’immigration de toutes autres natures. Des centaines de familles canadiennes doivent encore patienter avant d’être réunies pour de bon.

La pandémie a ralenti le processus d'immigration de bien des ménages. Avant la crise, il fallait entre 12 et 16 mois pour obtenir une résidence permanente. Les délais moyens oscillent maintenant entre 18 et 36 mois.

Voilà toutefois qu’un autre facteur vient à nouveau compliquer l'équation. Le ministère de l'Immigration doit concentrer ses ressources à la situation afghane, selon un courriel d’Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC) consulté par Radio-Canada.

Afin de répondre à un volume élevé de demandes liées à la crise en Afghanistan, nous avons dû réaffecter les ressources de notre Centre de soutien à la clientèle. Cela aura un impact sur notre capacité à répondre à certaines de vos demandes, peut-on lire.

Si votre demande ne fait PAS partie des demandes prioritaires [...], vous ne recevrez pas de réponse.

Une citation de :Extrait de courriel d'IRCC

Des centaines de familles touchées

C’est ce à quoi est confrontée une famille italo-canadienne qui vit à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, près de Québec.

Même si on essaie d'appeler ou d'écrire, personne ne nous répond. Toutes les lignes sont fermées, explique la mère de famille québécoise, Andréane Paquet.

Elle et son mari italien, Marco Mariatti, ont vécu en Italie pendant 12 ans. C’est là qu’ils ont eu leurs trois enfants avant de s’installer au Québec il y a trois ans.

Un couple marié de dos.

Andréane Paquet et Marco Mariatti se sont mariés en Italie en 2012.

Photo : Andréane Paquet

Sophia, huit ans, Massimo, cinq ans et Émilie, trois ans, ont vu leur papa en tout et pour tout neuf mois pendant ces trois dernières années.

Le père de famille fait des aller-retour entre l'Italie et le Canada en attendant sa résidence permanente demandée en février 2019.

On est toujours up and down d'émotion. On a dit aux enfants que c'est fini : "papa ne retourne plus." Mais là c'est-tu vrai cette fois-ci, s’inquiète la mère de famille.

La distance est particulièrement difficile pour Massimo. Émilie, elle, a même de la difficulté à reconnaître son père.

Trois enfants attablés.

Andréane et Marco ont eu trois enfants en Italie. Massimo, cinq ans, Sophia, huit ans, et Émilie, trois ans.

Photo : Andréane Paquet

C'est terrible, ce qui arrive en Afghanistan. Nous sommes solidaires. Cependant, on est encore une fois dans l'oubli. C'était la COVID. Là, c'est la situation avec les réfugiés. Après ça, ça va être quoi, s'interroge Andréane Paquet.

Pourtant le dossier de Marco est complet depuis le mois d'avril. Son statut de résident permanent a été accepté. Il manque seulement quelques formalités pour l'obtenir. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Marco Mariatti est au Canada présentement.

Dans l’espoir d’obtenir sa résidence, il a tout laissé en Italie, dont son emploi comme marin de navire.

Séparer des familles inutilement

Selon Johanne Boivin, consultante en immigration canadienne qui représente 300 familles comme celle d'Andréane et Marco, le gouvernement sépare des familles inutilement.

Ils ont trois enfants canadiens. Pourquoi les faire attendre? Le gouvernement devrait se débarrasser de ces cas-là faciles. Pour garder du temps sur des cas un peu plus difficiles, qui demandent une plus grande enquête ou une plus grande recherche, dit-elle.

Le député conservateur de leur circonscription, Joël Godin, déplore un manque flagrant de gestion au ministère de l'Immigration.

Il faut mettre deux équipes. Deux groupes de travail. Un pour les dossiers réguliers et un pour le problème en Afghanistan, parce que les deux situations sont des drames humains. Mettez-vous à la place de ceux qui les vivent.

Une citation de :Joël Godin, député sortant dans Portneuf—Jacques-Cartier

Par courriel, IRCC affirme que malgré le traitement des demandes afghanes, il n'y a eu aucune pause dans le traitement des autres secteurs d’activité, y compris les demandes de résidence permanente.

Nous continuons à travailler aussi fort que possible pour réduire les délais de traitement, peut-on lire.

Sans sa résidence permanente, Marco ne peut travailler et sera contraint de retourner en Italie en raison des normes canadiennes. Il ne peut rester plus de six mois en tant que visiteur.

Le plus difficile, c’est de dire au revoir quand tu veux rester ici, conclut-il.

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