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Apple retarde la mise en place de ses outils contre la pornographie juvénile

L'homme au cheveux gris lève le doigt pendant qu'il parle.

Le PDG d'Apple, Tim Cook, s'est porté à la défense de la politique de chiffrement de son entreprise à plusieurs reprises.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Agence France-Presse

Le géant californien a annoncé vendredi qu'il allait retarder la mise en place de ses nouveaux outils controversés de protection contre la pédopornographie, accusés par plusieurs d'entraver la confidentialité de ses appareils et services.

Devant les remarques de la clientèle, des groupes de défense des droits, des équipes de recherche et autres, nous avons décidé de prendre du temps au cours des prochains mois pour recueillir des commentaires et apporter des améliorations avant de mettre en service ces importantes fonctionnalités de protection des enfants, a écrit le groupe dans une note sur son site.

Apple, qui a fait de la protection des données de ses utilisateurs et utilisatrices un argument de vente majeur ces dernières années, avait dévoilé, au début du mois d'août, de nouveaux outils conçus pour mieux repérer les images à caractère sexuel impliquant des enfants.

L’un d’entre eux devait permettre de comparer les photos téléchargées sur son serveur iCloud avec celles entreposées dans un fichier géré par le Centre national des enfants disparus et exploités (NCMEC) sans avoir directement accès à l'image. Un autre permettrait de balayer les photos reçues ou envoyées par des personnes mineures par le biais de la messagerie iMessage.

Un risque pour la vie privée

Le géant de l’informatique, qui avait jusqu'à présent tenu tête à toutes les personnes qui essayaient de contourner son système de cryptage pour avoir accès à des messages privés, a affirmé que les nouveaux algorithmes ne rendaient pas le système moins sûr ou moins confidentiel.

Les spécialistes du cryptage et de la vie privée croient toutefois que ce genre d'outils pourrait être utilisé à d'autres fins.

Ces personnes craignent notamment que le fait de pouvoir intervenir de quelque façon que ce soit sur iMessage remette en cause le chiffrement de bout en bout des données. C'est, pour plusieurs spécialistes, une porte ouverte à la surveillance ou à la censure.

Une lettre ouverte contre ces technologies a été signée par diverses ONG et plus de 7700 personnes, dont l'ancien informaticien de la CIA et lanceur d'alerte Edward Snowden.

Apple avait annoncé initialement vouloir installer ses nouveaux outils lors des prochaines mises à jour des systèmes d'exploitation sur les iPhone, iPad, iWatch et iMac, aux États-Unis.

L’heure des concessions pour Apple

En repoussant ce moment, la marque à la pomme croquée semble faire une nouvelle concession alors qu'elle est attaquée sur plusieurs fronts et se retrouve sous la pression des organismes de régulation et tribunaux de plusieurs pays.

Le groupe a notamment annoncé la semaine dernière qu'il allait permettre aux éditeurs d'applications mobiles de proposer à leur clientèle des moyens de paiement hors de l'App Store, un changement radical pour la firme de la Silicon Valley.

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