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Dominik Sokolowski : en temps et lieux

L'artiste Dominik Sokolowski qui regarde vers la droite devant une de ses toiles.

Un survol de la vie et de la carrière de Dominik Sokolowski en cinq temps et lieux.

Photo : Jean-Pierre Bex

Peintre prolifique et directeur artistique de la galerie Alpha, à Ottawa, Dominik Sokolowski tiendra bientôt sa première exposition solo à Québec. L’émission Les malins l’a reçu pour sa grande entrevue du samedi 4 septembre. Survol d’une vie et d’une carrière en cinq temps et lieux.

Un château, en Pologne communiste

Une toile de Dominik Sokolowski.

Détail de « Automne Nº 3 », huile sur toile, 18 po x 14 po, 2020.

Photo : Avec la gracieuseté de Dominik Sokolowski

Dominik Sokolowski vient au monde en 1976, en Pologne, de parents étudiants. Comme le bébé pleure beaucoup, la famille est expulsée des résidences de l’université que le jeune couple fréquente alors.

Dans la Pologne communiste, les options de logement pour étudiants étaient limitées, raconte Dominik Sokolowsi. Ses parents retournent vers le collège où mon grand-père est directeur, et je vis dans un château, résume-t-il.

Cet édifice somptueux sert de résidence aux étudiants et au personnel de ce collège forestier de Lubasz, un petit village situé dans le nord du pays. Dans ce lieu complètement irréaliste, en pleine nature, avec des fortifications et beaucoup d’adultes pour lui donner de l’attention, Dominik l’enfant s’initie aux arts en regardant du théâtre à la télévision et en fouillant dans les livres de son père photographe. Entre l’architecture et la nature, il y a un monde qui m’intéresse, mentionne-t-il.

Hull, en 1989

Une toile de Dominik Sokolowski.

Détail de « Passé Composé Nº 52 », huile sur toile, 34 po x 34 po, 2008.

Photo : Avec la gracieuseté de Dominik Sokolowski

Dominik Sokolowski a 11 ans quand son père, sa mère et lui fuient la Pologne. Ils aboutissent à Rome, où ils partagent un appartement avec deux autres familles.

Ses parents planifient de partir aux États-Unis jusqu’à ce que son père, devenu jardinier, croise un médecin québécois qui lui vante les charmes européens de Montréal. Les Sokolowski se laissent convaincre, d’autant que des rumeurs courent que les Polonais réfugiés à Rome seraient bientôt chassés vers le sud du pays. Mais comme la liste d’attente est moins longue pour s’installer à Gatineau, finalement, on a atterri sur le boulevard Gréber, se souvient-il.

L’avenir est flou pour Dominik l’adolescent. Il dessine beaucoup, même si devenir artiste relève alors de la fiction dans sa tête. Mes parents n’ont pas beaucoup de sous. On a un modeste appartement à Hull. J’utilise à peu près tout ce que je peux, comme les boîtes des souliers qu’on a reçus en arrivant, et je dessine (dessus). Je me fais plaisir, mais c’est encore loin d’un canevas, soutient-il

Sur la sellette, à l’heure des choix

Une toile de Dominik Sokolowski.

Détail de « Nocturne 9 », 48 po x 60 po, terminée en 2015.

Photo : Avec la gracieuseté de Dominik Sokolowski

En 1999, fraîchement diplômé de l’Université du Québec en Outaouais, Dominik le jeune adulte vogue un peu entre deux mondes, illustre-t-il.

L’artiste fait à la fois du graphisme et de la peinture, ce que son père juge inacceptable. Mon père a dit : "Assis-toi mon fils, il faut qu’on se parle", paraphrase le principal intéressé.

Son père le met en garde : Si tu fais les deux, tu ne réussiras pas. Je t’encourage peu importe dans quelle discipline tu vas, mais choisis-en une, va au bout de tes rêves, fais-toi plaisir et on va essayer de te soutenir, se rappelle le fils.

Chez Jean-Claude Bergeron, en 2004

Une toile de Dominik Sokolowski.

Détail de « Grand Nord du Canada Nº 103 », 30 po x 24 po, 2020.

Photo : Avec la gracieuseté de Dominik Sokolowski

Au début, Dominik le peintre loue une chambre plutôt qu’un appartement, peint dans des studios de fortune aménagés dans des greniers ou des garages, et se heurte souvent à la sourde oreille de galeristes à qui il veut montrer son travail.

Jusqu’à ce qu’il fasse partie d’une exposition, en 2004, à la galerie de Jean-Claude Bergeron, à Ottawa. Jean-Claude m’a mis sur la map de l’Outaouais, souligne son protégé.

Du jour au lendemain, Dominik Sokolowski rembourse ses dettes d’étude et déménage ses pinceaux dans un atelier. M. Bergeron l’emmène à des foires à Toronto et en Europe. D’autres galeristes commencent à s’intéresser à lui. Et je commence à peut-être devenir un artiste, lance en souriant celui qui a maintenant produit des milliers d'œuvres vendues et exposées partout au Canada, en Europe et en Chine.

Dans un tube de jaune, en période sombre

Une toile de Dominik Sokolowski.

Détail de « Paysages du Nord », exposé à la galerie Alpha, à Ottawa.

Photo : Avec la gracieuseté de Dominik Sokolowski

Le 9 septembre, le Gatinois inaugurera sa nouvelle exposition, Œuvres récentes, à la galerie Douce Passion, située dans le Vieux-Québec.

C’est la première fois de ma vie [que] je décide de faire une exposition jaune, lance le quadragénaire, qui préfère habituellement le noir, le blanc et le gris.

Le jaune s’est imposé à la fois comme un défi et parce qu’il avait besoin de lumière dans sa vie. Lorsqu’il traverse une période sombre, Dominik Sokolowski peint en clair; dans ses moments de joie, le noir abonde. Lorsque son père est décédé, en 2013, il a repoussé de deux ans une exposition en hommage aux Nocturnes de Chopin pour laquelle il voulait explorer la nuit à sa manière. Les nuances de noir s’avéraient trop sombres pour son moral.

En prévision d’Œuvres récentes, j'ai peint énormément et j’avais besoin de la couleur. Je pense que le jaune y est pour quelque chose, conclut l’artiste, qui est maintenant copropriétaire de la galerie Alpha.

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