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Le monde au chevet d’une nature en danger au congrès de l’UICN

Des zèbres, éléphants et girafes dans la savane africaine.

Dès samedi, la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l'UICN permettra de prendre la mesure de la poursuite de la destruction de notre environnement.

Photo : iStock

Agence France-Presse

La plus grande organisation de protection de la nature, l'UICN, ouvre vendredi à Marseille son congrès mondial, avec l'ambition de donner un coup de fouet à la défense d'une planète grandement mise à mal par l'Humain.

La biodiversité s'effondre, avec jusqu'à un million d'espèces animales et végétales menacées de disparition, selon les experts de l'ONU. La nature décline plus vite que jamais dans l'histoire humaine, avertissaient-ils dès 2019.

Un déclin, souvent qualifié de sixième extinction de masse, qui met en péril les conditions mêmes de l'existence humaine sur Terre. Comme le montre également la multiplication de catastrophes liées aux effets du changement climatique, lui aussi causé par l'activité de l'être humain, tempêtes, inondations, sécheresses, incendies…

Nous faisons face à des défis immenses. Nous voyons le climat changer avec de graves conséquences pour nos sociétés. Nous voyons disparaître la biodiversité et la pandémie frapper nos économies, nos familles, notre santé. Et nous savons que tous ces défis sont liés à notre comportement humain, a lancé le secrétaire général de l'UICN Bruno Oberle, lors d'un sommet en ligne des peuples indigènes, quelques heures avant l'ouverture officielle.

Le président français Emmanuel Macron participera à l'inauguration du congrès, prévu jusqu'au 11 septembre en format hybride – en présence et en ligne – COVID-19 oblige. Plus de 5000 participants sont inscrits, dont 3600 à Marseille, contre 15 000 espérés.

Il a effectué dans la matinée une sortie en mer dans le célèbre parc naturel des Calanques, annonçant la tenue en France d'un One ocean summit fin 2021 ou début 2022. L'état des océans, affectés par le réchauffement climatique comme par la pollution, notamment plastique, est un des sujets importants du congrès. Ils sont en effet un des principaux puits de carbone naturels de la planète.

Deux fois reporté à cause de la pandémie, le congrès s'inscrit dans un important cycle de négociations devant conduire à la COP15 biodiversité qui se tiendra en Chine en avril 2022. Lors de cette conférence, la communauté internationale doit adopter un texte visant à vivre en harmonie avec la nature à l'horizon 2050, avec des objectifs intermédiaires pour 2030.

Le temps presse, car en dépit de l'urgence, les États n'ont pas tenu leurs engagements pour inverser la tendance en matière de biodiversité sur la décennie 2010-2020.

Et sans être un espace de négociations à proprement parler, le congrès de l'UICN jouera un rôle important dans ce processus, en réunissant une large palette d'acteurs - gouvernements, ONG, société civile, entreprises - et en définissant des priorités.

Dès samedi, la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l'UICN permettra d'ailleurs de prendre la mesure de la poursuite de la destruction de notre environnement.

Le congrès doit également voter une série de motions, notamment une déclaration finale qui devrait porter sur la place de la nature dans les plans de relance économique post-COVID, une nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité ambitieuse s'accompagnant d'un plan d'action mondial pour les espèces, et la contribution de la nature à la lutte contre le changement climatique, indique Sébastien Moncorps, directeur de l'UICN France, à l'AFP.

La question de la santé dans le rapport de l'Humain à la nature sera également un point essentiel, alors que l'hypothèse d'une transmission du virus SRAS-CoV de la faune sauvage à l'Homme est centrale pour expliquer l'origine de la pandémie.

Nouveauté de cette édition, les organisations des peuples autochtones, dont le rôle est de plus en plus reconnu pour protéger la nature, pourront voter. Mais la participation des pays en voie de développement sera réduite, faute notamment de vaccins.

Autre nouveauté, le congrès, qui se tient pour la première fois en France depuis la création de l'UICN en 1948, comprendra une partie dédiée au grand public.

Car si les politiques publiques peinent à évoluer, la sensibilisation du public est bien plus grande que lors du dernier congrès en 2016, tout comme celle du monde économique, se réjouit Gavin Edwards, de WWF International.

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