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Conversations entre le compte du conseiller Chiarelli et des femmes partagées sur Twitter

Rick Chiarelli assis devant un ordinateur portable et un microphone.

Rick Chiarelli (archives)

Photo : CBC / Giacomo Panico

Radio-Canada

Plusieurs femmes ont partagé des captures d’écran de messages envoyés par le compte Twitter du conseiller municipal d'Ottawa, Rick Chiarelli. Son bureau assure cependant que son compte a été piraté.

Jeudi, Cassidy Kuhlanek, une humoriste de Chicago, a tweeté des photos d’un échange de messages qu’elle aurait eu avec le compte du conseiller. Rapidement, elle a reçu des réponses d’au moins deux autres femmes qui auraient eu des conversations similaires.

Les photos prises par Mme Kuhlanek montrent des messages disant que le personnel de M. Chiarelli ne voulait pas voyager dans un endroit où un bain de soleil seins nus pourrait se produire.

La suite de messages suggère ensuite que Mme Kuhlanek pourrait voyager avec le conseiller en Europe, toutes dépenses payées si elle lui remet une facture soigneusement rédigée.

Je veux du plaisir ! Pas seulement du travail, aurait écrit la personne utilisant le compte de M. Chiarelli.

Une résidente d’Ottawa, Tracy Lager, a raconté à CBC avoir elle aussi reçu un message du compte du conseiller, lui demandant des conseils pour un voyage à Ibiza, en Espagne.

Elle lui aurait répondu ne pas avoir visité l’attraction touristique, mais aurait continué de recevoir des messages les jours suivants.

Mme Lager a qualifié les messages d'effrayants et de dérangeants.

Elle indique suivre la politique régionale et la plupart des conseillers d’Ottawa sur Twitter, ce qui explique qu’il aurait pu envoyer un message.

Je l’ai juste ignoré

M. Chiarelli a fait l’objet d’une longue enquête d’un an menée par l’ancien commissaire à l’intégrité, Robert Marleau, portant sur des comportements inappropriés et de nature sexuelle envers plusieurs femmes, dont d’anciennes employées.

M. Marleau a conclu que les comportements de M. Chiarelli constituaient du harcèlement et a demandé que son salaire soit suspendu jusqu’en novembre 2021, une recommandation qu’a approuvée le conseil municipal.

Au départ, Tracy Lager croyait que les messages provenaient d’un faux compte, d’une parodie, dit-elle.

Je sais qui c’est. Il est un conseiller de la Ville d’Ottawa. Il est, vous savez, tristement célèbre en raison de conduite obscène avec ses employées. J’ai montré [les messages] à mon mari après le premier. Je l’ai juste ignoré après ça, témoigne-t-elle.

La citoyenne ne croit pas que quelqu’un d’autre que le conseiller ou son personnel accédait à son compte en raison de la période sur laquelle s’étendent les messages.

Elle aurait reçu un premier message le 19 août.

Si c’est arrivé avec plusieurs femmes au cours des dernières semaines ou mois, alors lui ou ses employés devaient être au courant, ou l’ont fait, croit-elle.

Mme Lager raconte que son compte Facebook a été piraté il y a plusieurs mois, et qu’elle l’a su immédiatement. Elle compte faire parvenir les messages au commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa.

La commissaire à l’intégrité informée, selon une conseillère

Catherine McKenney, qui représente le quartier Somerset, a tweeté jeudi que le bureau de la commissaire à l’intégrité récemment nommée, Karen Shepherd, avait été informé.

Cette dernière a expliqué, en réponse à CBC, que les dossiers traités à son bureau sont confidentiels et qu’elle n’émettra pas de commentaires à savoir si elle a reçu une plainte ou non.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, a pour sa part écrit à la commissaire à l'intégrité, vendredi matin, afin de lui demander de lancer une enquête, selon ce qu'a appris Radio-Canada.

Le personnel de M. Chiarelli a souligné les sanctions résultant de l’enquête précédente sur son comportement comme preuves qu’il n’a pas envoyé les messages. Les employés ajoutent qu’il ne peut embaucher ni congédier du personnel et n’a pas de contrôle sur le budget de son quartier.

Nous avons déterminé que le style d’écriture et la mauvaise grammaire étaient incompatibles avec ceux du conseiller, affirme Chantal Lebel, directrice des affaires stratégiques et des communications pour M. Chiarelli.

Elle ajoute que ce sont principalement des employés qui gèrent les comptes du conseiller sur les médias sociaux, et que les mots de passe sont mis à jour pour empêcher tout accès non autorisé.

Le conseiller Chiarelli n’a pas voyagé depuis qu’il a subi un quadruple pontage à cœur ouvert en décembre 2019, écrit Mme Lebel. Il n’a pas non plus l’intention de voyager dans un avenir proche avec le récent décès de son beau-père, le mariage de sa fille dans quelques semaines et la naissance de son premier petit-enfant cet automne.

Vendredi, l'équipe de M. Chiarelli a également ajouté dans une déclaration écrite qu'après une enquête plus approfondie sur les heures où les messages semblent avoir été envoyés notre équipe a déterminé que certains des messages envoyés lundi ont été envoyés alors que le conseiller Chiarelli se trouvait aux funérailles de son beau-père et, donc, certainement pas entrain d'utiliser les médias sociaux ou son téléphone. Des messages supplémentaires ont été envoyés alors que nous étions en réunion virtuelle avec deux membres de notre personnel présents pour constater qu'il ne tapait pas de messages.

L'équipe de M. Chiarelli s'étonne de la demande d'une enquête auprès du bureau de la commissaire à l’intégrité.

Cela serait en conflit avec la nature indépendante du rôle du commissaire à l'intégrité.

Avec les informations de Sara Frizzell de CBC et d'Antoine Trépanier

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