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Les aînés, surtout en région rurale, durement touchés par la crise du logement

Une affiche accrochée à un immeuble sur laquelle est écrit : logements à louer, complet.

Un plus grand nombre d'appartements abordables est l'une des solutions pour venir à bout de la crise du logement (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Maya Chebl

Ce n'est pas un secret. La crise du logement sévit depuis plusieurs années partout au pays, et la pandémie n’aura fait qu’exacerber le problème. Les personnes âgées n'en sont pas épargnées, bien au contraire. À Bathurst cette semaine, par exemple, certaines ont appris que leur loyer doublera d’ici la fin de l’année.

Pour répondre à ce problème, Roger Doiron, ancien maire de Richibucto, dans le comté de Kent au Nouveau-Brunswick, mise sur un projet de coopérative d’habitation. Grâce à un programme fédéral qui appuie la construction de logements dont une partie se louerait à 80 % du prix du loyer fixé, il souhaite offrir plus de logements abordables aux gens de sa collectivité qui en ont besoin.

Roger Doiron interviewé.

Roger Doiron souhaite proposer plus de logements aux citoyens de Richibucto pour éviter, entre autres choses, un exode de la population.

Photo : Radio-Canada

La coopérative aurait toutefois d’autres objectifs dans sa ligne de mire. Car, non seulement n’y a-t-il pas assez de logements abordables à Richibucto, mais la disponibilité des logements en général se réduit de plus en plus. Et ce, particulièrement auprès de la population vieillissante qui se cherche un endroit plus petit où vivre.

On a des personnes [âgées] qui vendent leur maison, mais qui malheureusement déménagent de la région. [Elles] s’en vont à Moncton, elles s’en vont à Dieppe. Donc, c’est une perte pour la communauté au niveau de la population, clarifie M. Dorion.

Matthew Hayes, porte-parole de la Coalition pour les droits des locataires du Nouveau-Brunswick, abonde dans le même sens. L’organisme qu’il représente milite entre autres pour l’adoption d’une loi sur le contrôle des loyers et une protection contre les évictions.

Il reconnaît qu’il y a un grand défaut de logements abordables pour les aînés à revenus modestes. C’est particulièrement un problème pour les personnes dans une petite ville, où le taux de logements vacants est très bas et qu’il y a peu de nouvelles constructions, analyse-t-il.

Matthew Hayes en entrevue par webcam.

Matthew Hayes est porte-parole de la Coalition pour les droits des locataires du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Il ajoute que, chez les personnes du troisième âge, les inégalités de revenus sont très marquées.

Ainsi, chez cette population majoritairement à la retraite, les logements disponibles dans la région de Moncton et Dieppe sont surtout accessibles à celles et ceux qui bénéficient d’une pension substantielle.

La construction des logements s’est beaucoup accélérée dans les dernières années, mais ils sont faits pour loger des personnes avec des pensions qui sont plutôt confortables par rapport à la majorité de la population et qui peuvent se permettre des logements à 2000 $ par mois, révèle M. Hayes.

La part du fédéral

L’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick dit exercer une pression sur les politiciens, notamment pour imposer une politique contre la flambée des loyers. Elle salue les actions qui sont prises, mais admet qu’il en faut davantage. Je comprends que les gouvernements sont aussi serrés et qu’ils peuvent pas faire tout ce qu’on voudrait nécessairement, mais que ce soit tout aussi bien le provincial que le fédéral, c’est très, très, très limité et ça change peu de choses, nuance son président, Marcel Larocque.

Marcel Larocque interviewé.

Le président de l'Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick, Marcel Larocque, applaudit aux programmes d'aide gouvernementaux offerts à la population vieillissante, mais les juge encore trop limités (archives).

Photo : Radio-Canada

Le logement, c’est pas un investissement comme n’importe quoi, c’est un droit, défend Matthew Hayes. Il demande plus de subventions de la part du gouvernement fédéral pour la construction de logements qui sont à l’abri des fluctuations du marché.

Il note que la crise du logement ne date pas d’hier. Elle est en marche depuis les années 80, 90, quand le gouvernement fédéral a délaissé le secteur de la construction de logements abordables, soutient le porte-parole de la Coalition.

Le Canada ne ferait d’ailleurs pas bonne figure, d’après lui, car il a un stock de [ces] logements beaucoup moindre que les autres pays du G7.

Au cours de cette campagne électorale, l’enjeu des logements abordables ne sera pas écarté du débat. Plusieurs partis promettent de s’y attaquer. Le Parti libéral du Canada s’engagerait notamment à lutter contre les rénovictions. Le Nouveau Parti démocratique voudrait quant à lui créer un fonds pour venir en aide aux organismes à but non lucratif afin qu'ils puissent mettre la main sur des propriétés.

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