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L’enseignement en présentiel, favori de la rentrée scolaire

Des parents franco-ontariens expriment leurs inquiétudes.

Des élèves portant le masque entrent dans une école.

Jour de rentrée à l'École secondaire catholique Franco-Cité, le 31 août 2021

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

La majorité des élèves des conseils scolaires francophones de l'Ontario ont choisi de se rendre en classe, selon des chiffres préliminaires fournis par les conseils. D’autres préfèrent l’enseignement en ligne. À l'aube de la rentrée, bien des parents ont toutefois des inquiétudes.

Taux d’inscription par méthode d’enseignement

CONSEILS SCOLAIRES

PRÉSENTIEL

VIRTUEL

Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario

93,5 %

6,5 %

Conseil des écoles catholiques du Centre-Est

96,1 %

3,9 %

Conseil scolaire public du Nord-Est de l'Ontario

99 %

1 %

Conseil scolaire catholique MonAvenir

95,5 %

4,5 %

Conseil scolaire Viamonde (élémentaire)

93 %

7 %

Conseil scolaire Viamonde (secondaire)

87 %

13 %

Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières

99 %

1 %

Conseil scolaire du district catholiques des Aurores Boréales

99%

1%

Le Conseil scolaire catholique des Aurores boréales affirme que sept élèves ont choisi l’école virtuelle. Toutefois, les défis de recrutement d’enseignants auxquels le conseil fait face ne lui permettent pas d’offrir une école virtuelle. Nous sommes en train de faire un partenariat avec le Conseil catholique des Grandes Rivières pour que les élèves de notre territoire puissent bénéficier de l’école en ligne, affirme Audrey Debruyne, directrice adjointe du Service des communications.

Le Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario affirme pour sa part que les inscriptions se poursuivent et seront confirmées seulement à la fin du mois de septembre.

Le Conseil scolaire de district catholique de l'Est ontarien (CSDCEO) n’a pas voulu divulguer ses données avant le 31 octobre. De plus, le Conseil scolaire catholique Providence souhaite offrir des données précises après la rentrée scolaire.

Les autres conseils scolaires francophones de l’Ontario n’ont pas répondu à nos multiples courriels.

Des parents inquiets face à la rentrée scolaire

Par ailleurs, en dépit de leur choix, certains parents sont inquiets face à la rentrée.

Tasha Stroesser est mère de deux enfants et vit à Ottawa. Pour elle, il n’y a aucun doute, l’enseignement virtuel est ce qui convient à sa situation familiale.

Nous avons les grands-parents qui vivent chez nous et nous avons mon conjoint qui fait un traitement de cellules souches. Elle explique qu’au moins deux membres dans sa famille ont un système immunitaire très fragile et qu’il faut les protéger.

Tasha s’inquiète aussi de l’environnement sanitaire à l’école. Ils ne sont pas en train de réduire le nombre d’élèves dans la classe, dit-elle. Toutes les écoles n’ont pas eu la chance d’avoir des rénovations pour les systèmes de ventilation.

De plus, son fils souffre d’un déficit de l'attention. Mon fils souffre d'un TDAH donc, pour lui, porter un masque à longueur de journée puis écouter toutes les consignes... ça m’inquiète. Elle explique que l’option de l'école à la maison fonctionne mieux pour lui en ce moment.

Le fils aîné de Tasha lui fait un bisou dans les cheveux. Son benjamin la serre dans ses bras en s'allongeant sur son dos. Tasha sourit à la caméra, entourée de ses enfants.

Tasha Stroesser coordonne les activités scolaires de ses enfants.

Photo : Tasha Stroesser

Tasha s’occupe d’encadrer ses enfants avec leurs enseignants en mode asynchrone. Et elle reconnaît que ce serait encore plus difficile si elle travaillait à temps plein. Je suis chanceuse, parce que je suis parent à la maison. Je n’imagine pas ce que c’est pour quelqu’un qui doit travailler en même temps, dit-elle.

Badrieh Kojok est résidente de Windsor. Son fils unique est au secondaire. Elle a toujours été contre l’école en mode virtuel. Je travaille à la maison. Il y a du bruit un peu partout. C'était difficile pour lui de se concentrer de manière continue. Elle explique que son fils a eu quelques difficultés avec l’apprentissage en mode virtuel. L’échange direct avec l'enseignant est nécessaire, selon elle.

Badrieh Kojok sourit à la caméra.

Badrieh Kojok est originaire du Liban.

Photo : Badrieh Kojok

Pour Mme Kojok, l’école à distance est un message contradictoire alors qu’on a toujours sensibilisé les jeunes contre la cyberdépendance. Elle craint d’ailleurs un possible retour en classe virtuel pour tous.

C’est une très grande crainte pour moi qu’il y ait un autre confinement... D’autres mesures qui feraient en sorte que les enfants ne puissent pas tous aller à l'école.

Une citation de :Badrieh Kojok, résidente de Windsor

Elle trouve que la qualité du soutien offert en salle de classe dépasse largement l'accompagnement en enseignement en mode virtuel.

De son côté, Anne Salter, résidente de Kingston, se réjouit également de pouvoir envoyer ses enfants à l’école. Elle croit que ces derniers ne risquent pas d’y contracter le coronavirus. En plus, ils sont doublement vaccinés. La propagation dans ces écoles, on n’en voit à peu près pas, dit-elle.

L’anxiété, un défi à surmonter à la rentrée

Tania Renaud Fournier, psychologue et directrice des services de santé mentale aux jeunes et aux familles au Centre d'appui et de prévention à Ottawa, affirme que la santé mentale fait partie des enjeux de la rentrée. On devrait s’attendre à de l’anxiété autant chez les élèves que chez les parents et le personnel enseignant.

Elle explique qu’il faudra du temps à certains élèves pour se remettre à niveau. Avec la réalité de l’école à la maison dans la dernière année, tous les enfants n’ont pas eu le même type d’appui, les mêmes forces scolaires.

Faut prendre le temps de parler aux enfants, aux ados.

Une citation de :Tania Renaud Fournier, psychologue et directrice des services de santé mentale aux jeunes et aux familles

L’experte explique qu’il faudra être attentif à l’évitement scolaire, à toute tendance à l’isolement. Elle conseille d'être à l’écoute des enfants et des jeunes. Elle croit qu’un retour à la vie sociale leur sera toutefois bénéfique parce que le premier outil qu’ils ont pour la résilience, ce sont leurs amis.

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