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Souvenirs de septembre 2001

20 ans après le drame, les organisateurs de Québec-New York 2001, qui étaient au cœur de la tourmente, n'ont rien oublié.

La tour nord s'effondre alors que des piétons se trouvent dans une rue à proximité.

Photo de l'effondrement de la tour Nord prise par André Boulard, de l'équipe de Québec-New York 2001.

Photo : Gracieuseté : André Boulard, Saison du Québec à New York

11 septembre 2001. La délégation de Québec-New York 2001, un événement promotionnel à la fois culturel et économique, s'est réveillée avec le sentiment de vivre un cauchemar. Vingt ans plus tard, si les souvenirs sont moins douloureux, certains sont restés bien gravés dans les mémoires.

André Boulard était responsable de la logistique des lancements pour Québec-New-York 2001, qui devait se tenir à compter du 13 septembre. Comme beaucoup de membres de l'équipe, il habitait à quelques coins de rue des tours du World Trade Center. Après avoir vu à la télé les images montrant un premier avion se fracasser contre la tour Nord, il avait décidé, avec un collègue, d'aller voir de plus près. Personne ne savait à ce moment-là qu'il s'agissait d'un attentat terroriste.

J'ai décidé de prendre des photos. Puis, quand la première tour est tombée, j'ai compris qu'on n'avait plus affaire là, que c'était sérieux. Les chasseurs américains sillonnaient le ciel. Il y avait comme une odeur de fin du monde, se rappelle André Boulard.

André Boulard et Rémy Charest étaient de l'équipe Québec-New York 2001.

André Boulard et Rémy Charest étaient de l'équipe de Québec-New York 2001.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Black out total

André Boulard n'a pas le sentiment d'avoir été traumatisé par cette vision d'horreur. À aucun moment, il n'a senti la peur. C'était trop gros pour qu'on puisse réaliser ce qui se passe, poursuit André Boulard. Sauf la soirée du 11 septembre, dont il n'a gardé aucun souvenir.

C'est comme si mon cerveau s'était fermé. Qu'est-ce que j'ai fait? Je ne sais pas. Toutefois, il n'oubliera jamais le bruit causé par l'effondrement des deux tours ni l'odeur de Ground Zero. Imaginez le tonnerre qui est à vos pieds. C'est assez saisissant. Et l'odeur me revient à chaque fois que je rallume les plinthes électriques chauffantes.

Son collègue Rémy Charest, qui était alors directeur des relations publiques de Québec-New York 2001, se souvient très bien de la soirée du 11 septembre. Après s'être suffisamment éloignés des lieux, et avoir été témoins de l'effondrement des tours jumelles, Rémy Charest et d'autres membres de l'organisation ont pris quelques moments à regarder la mégapole meurtrie.

On était assis sur le bord du trottoir. Il n'y avait aucune voiture. New York, qui est tellement animée, s'est transformée en ville fantôme. C'était surréaliste.

Une citation de :Rémy Charest, directeur des relations publiques, Québec-New York 2001
Rémy Charest et Michel Létourneau

Le directeur des relations publiques Rémy Charest et le commissaire Michel Létourneau, lors du point de presse de Québec-New York 2001, à leur retour à Montréal, le lendemain de l'attentat.

Photo : Radio-Canada

Michel Létourneau était à bord d'un véhicule, qui était bloqué sur l'un des ponts de Manhattan, lorsqu'il a reçu un appel d'une station de radio de Québec. C'est au moment où il décrit ce qu'il voit en direct que le deuxième appareil s'écrase sur la tour Sud.

J'ai eu un silence à ce moment-là. L'animateur m'a demandé : "Vous ne parlez pas?". J'ai répondu : "Je ne sais pas quoi dire". Il y avait de l'incrédulité, se rappelle Michel Létourneau, commissaire général de Québec-New York 2001.

La grande majorité des membres de l'organisation de Québec-New York 2001 sont retournés au Québec le jour même. Les derniers ont quitté la ville le lendemain. La tragédie n'a fait aucun blessé ni victime parmi la délégation québécoise.

Un panneau publicitaire est en train d'être installé par un homme dans une nacelle. On peut y lire quebecnewyork.com. En arrière-plan, les deux tours du World Trade Center.

Une affiche de l'événement Québec-New York 2001 lors de son installation au pied des tours jumelles.

Photo : Gracieuseté : Remy Charest

C'est vraiment un miracle parce qu'il aurait bien pu y avoir des pertes de vies, souligne Michel Létourneau.

Je suis retourné deux semaines après pour évaluer l'étendue des dommages de nos équipements. Quand je suis arrivé à Ground Zero, il y avait une senteur entre le kérosène et la chair brûlée, si je peux dire ça comme ça. C'est une senteur que je n'oublierai jamais.

Une citation de :Michel Létourneau, commissaire, Québec-New York 2001

Québec-New York 2001, qui a nécessité plus de deux ans de travail, n'a évidemment jamais pu être tenu.

On est restés tous frères et sœurs après cet événement. Il y a des gens qui versent encore des larmes quand on en parle, parce que ça nous a tous marqués émotivement, constate Michel Létourneau.

Chaque 11 septembre, l'ancien commissaire général écrit une pensée sur sa page Facebook.

Bannière Québec-New York 2001 sur la passerelle North Bridge, entre l'ancien World Trade Center et World Financial Center, en septembre 2001.

Bannière Québec-New York 2001 sur la passerelle North Bridge, entre l'ancien World Trade Center et le World Financial Center, en septembre 2001.

Photo : Gracieuseté : Bureau des Saisons du Québec

20 ans plus tard

Que reste-t-il du 11 septembre 2001 aujourd'hui?

Je me questionne, est-ce que l'ONU, les alliés, les Américains ont appris quelque chose, quand on regarde ce qui se passe en Afghanistan? Je n'ai pas la réponse. Mais pour nous, ça nous a ramenés à la précarité de la vie. On peut s'estimer heureux d'être encore dans un pays en paix.

Une citation de :Michel Létourneau, commissaire, Québec-New York 2001

J'ai eu le goût, après le 11 Septembre, de passer plus de temps avec ma petite famille, explique pour sa part Rémy Charest. Et par la suite, ces événements ont créé chez moi un attachement pour New York, où je retourne plusieurs fois par année pour voir des amis ou pour le travail.

Après ces événements, tous les petits incidents de la vie prennent pour moi une autre dimension, conclut quant à lui André Boulard.

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