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Actions Femmes Î.-P.-É. interpelle les candidats sur l’accès aux services d’avortement

Johanna Venturini, directrice générale d’Actions Femmes Î.-P.-É

Johanna Venturini, directrice générale d’Actions Femmes Î.-P.-É

Photo : Radio-Canada / Divulgation

Laurent Rigaux

Actions Femmes Île-du-Prince-Édouard (AFIPE) se joint au Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick en cosignant un appel aux candidats fédéraux à soutenir et à améliorer l’accès aux services d’avortement. Pour l’organisme insulaire, la question de l’accessibilité aux soins de santé est un enjeu majeur en cette période électorale.

L’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, dont fait partie d'AFIPE, a publié une série de 10 priorités sur son site internet, adressées aux partis politiques fédéraux, telles que l’équité salariale, la modernisation de la loi sur les langues officielles, ou encore le système universel de garderies pour les francophones.

On revendique tout à fait les 10 priorités soulevées, qui sont issues de consultations de femmes et d’organismes, appuie Johanna Venturini, directrice générale d’AFIPE. Elle souligne cependant qu’à l’Île, l’accès aux soins de santé en français est le sujet majeur.

C’est vraiment un enjeu dans un pays comme le Canada de ne pas avoir à des services de santé dans sa langue, et ici à l’Î.-P.-É., à des services tout court, complète-t-elle.

Plus d'accessibilité

En ce qui a trait à la santé, AFIPE insiste particulièrement sur les soins en santé mentale, et en santé sexuelle et reproductive. L’organisme s’est joint au Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick en signant une lettre envoyée aux cinq principaux leaders politiques, leur demandant de s’engager pour un accès universel à l’avortement.

Pour Johanna Venturini, ce droit en tant que tel ne devrait plus faire l’objet de tractations électoralistes.

Qu’on arrête de ramener ce sujet sur la table alors qu’on a déjà des droits! On est en 2021, on est au Canada, ça ne devrait plus être une question ou un débat.

Une citation de :Johanna Venturini, directrice d'Actions Femmes Île-du-Prince-Édouard

La directrice d’AFIPE souhaiterait plutôt voir les candidats s’engager à accroître l’accessibilité aux services d’avortement, inégale d’une province à l’autre.

À l'heure actuelle, libéraux, conservateurs, néodémocrates, bloquistes et verts ont tous fait part dans leurs plateformes ou déclarations respectives de leur volonté de garantir le droit des femmes à avoir accès à l'avortement, partout au pays. Mais les méthodes diffèrent. Le parti libéral par exemple, dit ne plus vouloir accorder le statut d’organisme de bienfaisance à des organisations anti-avortement. Le parti conservateur, de son côté, s'engage à ne plus soutenir aucune mesure législative visant à réglementer l’avortement.

Le NPD ne rouvrira pas le débat sur ce sujet et souhaite qu'il n'y ait plus d'obstacle pour les femmes à accéder à un service d'avortement. Même son de cloche du côté du Parti vert, tandis que le Bloc québecois, réitère et défend le droit inaliénable des femmes à disposer de leur corps, sans toutefois écrire le mot avortement dans sa plateforme.

Le service est disponible, mais est-il accessible?, s’interroge Johanna Venturini, citant les distances à parcourir à l’Île pour se rendre à la seule clinique pratiquant des avortements, à Summerside. Est-ce que c’est suffisant de dire qu’il y a un seul service dans la province?, poursuit-elle.

La lettre publiée par le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick s’attarde aussi sur le cas de la clinique 554 à Fredericton, qui est à la limite de la fermeture faute de soutien financier de la part du gouvernement provincial.

Améliorer les conditions de financement

Dans ses priorités du moment, Johanna Venturini évoque également la violence fondée sur le genre, qui s’est accrue avec la pandémie et l’isolement. Comme pour les soins de santé, elle attend de la part des candidats des engagements concernant l’accès aux services, notamment en français, aujourd’hui inexistants à l’Île.

Le gouvernement élu devrait, selon elle, mettre en place une réelle stratégie pour éradiquer cette violence.

Enfin, la responsable souhaite une revalorisation du financement des organismes travaillant avec les femmes, tels qu’AFIPE. Ces financements sont aujourd’hui conditionnés à des projets, et sont versés sur des durées limitées.

On court tellement à chercher du financement pour garder nos employés qu’on ne travaille plus sur les enjeux qui demandent du temps, explique-t-elle.

Pour Johanna Venturini, toutes les questions soulevées par l’Alliance des femmes francophones du Canada devraient interpeller l’ensemble de la population : Il faut arrêter de penser qu’il y a juste des enjeux de femmes, ce sont des enjeux qui touchent toute notre société.

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