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Une modélisation prévoit 6000 nouveaux cas de COVID-19 par jour en Alberta

L'Alberta a le pire taux d'infection à la COVID-19 et le plus grand nombre de cas actifs au pays.

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La quatrième vague de l'Alberta pourrait entraîner 1500 hospitalisations à son sommet, selon une modélisation.

Photo :  (Evan Mitsui/CBC)

La quatrième vague de l'Alberta pourrait atteindre plus de 6000 nouveaux cas par jour au mois d'octobre, selon une modélisation réalisée par un groupe non gouvernemental. Les auteurs estiment toutefois qu’il est peu probable que la province vive le pire scénario, si des mesures d'atténuation sont instaurées.

Selon la nouvelle modélisation, avec l'assouplissement actuel des restrictions sanitaires et la stagnation des taux de vaccination, la quatrième vague provoquée par le variant Delta pourrait entraîner plus de 1500 hospitalisations et l'admission de près de 500 personnes en soins intensifs d'ici le début du mois d'octobre.

Le rapport indique que cette modélisation laisse suffisamment de temps pour prendre des mesures d'atténuation appropriées.

Nous suivons cette trajectoire rapide, et à un moment donné, il faudra agir pour éviter ce résultat précis, dit Dean Karlen, l'un des contributeurs et professeur de physique à l'Université de Victoria.

Cette projection fait partie d'une série de rapports du COVID-19 Modelling Group, de la Colombie-Britannique, un projet dirigé par divers universitaires travaillant dans les domaines de l'épidémiologie, des mathématiques et de l'analyse des données.

Le pire reste à venir, indique Dean Karlen. L'ampleur du taux d'infection dépend des gestes des particuliers, mais aussi de ceux des gouvernements.

L'Alberta a présentement le pire taux d'infection et le nombre de cas actifs de COVID-19 le plus important au pays, soit plus de 12 000. L'Ontario et la Colombie-Britannique suivent loin derrière avec près de 6000 cas.

Les projections du rapport

Le rapport présente différents scénarios, dont un sans intervention et un avec une augmentation du taux de vaccination et la réintroduction de mesures de santé publique. Le modèle montre une lente augmentation de l’immunité correspondant à la période entre la première et la deuxième dose ainsi qu'au temps nécessaire pour qu’elles fassent effet.

Le rapport prévoit qu'un resserrement des mesures de santé et une augmentation du taux de vaccination pourraient se solder par environ 3000 cas quotidiens au début du mois d'octobre, environ 1200 hospitalisations et 250 personnes aux soins intensifs.

Craig Jenne, expert en maladies infectieuses à l'Université de Calgary et membre du Snyder Institute for Chronic Diseases, souligne que le groupe a auparavant presque parfaitement prédit les données de la COVID-19 de la fin de l'été en Alberta, ce qui devrait servir d'avertissement.

« Cela devient assez inquiétant, avant même d'arriver au mois d'octobre, car la capacité d'accueil des hôpitaux et des unités de soins intensifs peut être atteinte ou dépassée.  »

— Une citation de  Craig Jenne, expert en maladies infectieuses à l'Université de Calgary 

Actuellement, près de 70 % des Albertains admissibles au vaccin sont complètement vaccinés. 

La pression se fait sentir dans certains hôpitaux de l'Alberta en raison de la COVID-19 et du manque de personnel. Selon Services de santé Alberta (AHS), 44 lits en soins intensifs sur 200 étaient toujours disponibles à la fin du mois d'août. Environ 44 % de la capacité étaient occupés par des patients atteints de la COVID-19. De plus, environ 91 % de la capacité hors des unités de soins intensifs est utilisée, dont 5 % sont des personnes atteintes de la COVID-19.

Les deux experts s'entendent pour dire que la vaccination peut changer la donne afin d’éviter le pic prévu et se rapprocher d’un retour à la normale.

Selon Dean Karlen, l'Alberta n'a pas encore gagné suffisamment de terrain en matière de vaccination pour atténuer la pression.

« Le niveau de vaccination actuel n'est pas suffisant, vu l'environnement de transmission. »

— Une citation de  Dean Karlen, contributeur à la modélisation et professeur de physique à l'Université de Victoria

Envisager de nouvelles mesures

Le rapport indique que des mesures non vaccinales sont nécessaires pour protéger la population d'ici à ce que le taux de vaccination augmente. Le port du masque, la distanciation sociale et la filtration de l'air font partie des suggestions.

Le message, je pense, est que la province ne peut pas continuer sur cette voie pendant très longtemps, conclut M. Karlen. 

Lors d’un événement Facebook live, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a insisté sur l’importance de la vaccination à plusieurs reprises. Selon lui, la situation actuelle aurait pu être évitée si davantage d’Albertains étaient vaccinés.

Au lieu de 78 % de couverture vaccinale, ou disons 69 % de couverture complète, si nous avions une couverture de 90 %, nous n'aurions pas une pression aussi forte sur le système de santé, a-t-il affirmé.

Jason Kenney a ajouté que des restrictions sanitaires ciblées pourraient entrer en vigueur si la pression sur le système de santé devenait trop grande, mais que l’Alberta n’imposerait pas un nouveau confinement.

L'Alberta a suspendu la suppression des protocoles de traçage et d'isolement jusqu'au 27 septembre, après que la médecin-hygiéniste en chef eut déclaré que les tendances du virus l'avaient incitée à faire une pause. La province n'a pas indiqué son intention de rétablir les restrictions levées cet été.

CBC/Radio-Canada a contacté la province pour connaître sa propre modélisation et sa réaction à ce rapport.

La médecin hygiéniste en chef de l'Alberta, Deena Hinshaw, s'est excusée il y a deux semaines pour le retard dans la publication des données de modélisation de la province sur la COVID-19. Aucun document à ce sujet n'a encore été publié.

Avec des informations d’Elise von Scheel

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