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Envoyé spécial

Mostra de Venise : le rêve de Roger Frappier et de Kirsten Dunst

Trois femmes et trois hommes posent sur un tapis rouge.

Le producteur Roger Frappier, à droite, avec l'équipe du film « Le pouvoir du chien » à Venise. Au centre, se trouve Kirsten Dunst, avec à sa droite l'acteur Benedict Cumberbatch et, à la droite de ce dernier, la réalistarice du film Jane Campion.

Photo : getty images for netflix / John Phillips

Le producteur québécois Roger Frappier en a vu d’autres, et pourtant, la présentation du film Le pouvoir du chien (The Power of the Dog) à la Mostra de Venise est la concrétisation d'un rêve qu'il avait en commun avec Kirsten Dunst, celui de travailler avec Jane Campion.

Roger Frappier a produit près de 50 films en carrière, dont Le déclin de l'empire américain, de Denys Arcand; Un zoo la nuit, de Jean-Claude Lauzon; et La grande séduction, de Jean-François Pouliot. Celui qui a également travaillé avec Denis Villeneuve et François Girard a fait partie des 11 producteurs du monde entier auxquels le Festival de Cannes a rendu hommage en 1998. 

Mais cette année, se retrouver au 78e Festival international du film de Venise avec le film qu’il a coproduit, Le pouvoir du chien, le rend fébrile et heureux. Pour moi, travailler avec la réalisatrice Jane Campion est l'aboutissement d'un rêve. Il s'agit d'une rencontre incroyable.  

Jane Campion et moi, on est vraiment contents. Ça va être la joie après autant d’années de travail. Ce qui est fantastique pour moi est que ma vision de ce film et celle de Jane Campion sont restées les mêmes depuis le début.

Une citation de :Roger Frappier, producteur

Le pouvoir du chien est une adaptation du roman éponyme de l'écrivain américain Thomas Savage, paru en 1967. L’histoire se déroule en 1925 au Montana. Un cowboy brutal nommé Phil mène la vie dure à la nouvelle femme de son frère. 

Ce qui m’a touché dans le récit de Thomas Savage, c’est que l'amitié entre deux frères va se fissurer parce que l’un va se marier avec la veuve du village. Il va s’établir un climat malsain avec une résolution inattendue. C’est une histoire qui joue sur les pulsions intérieures avec une grande humanité. Quand j’ai lu le roman, j’ai été attiré par l’histoire des trois personnages, explique Roger Frappier.

Roger Frappier souriant devant un mur de briques.

Le producteur Roger Frappier

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Comment le livre est devenu une production cinématographique 

Si l'histoire du livre est captivante, celle qui se cache derrière la production de l'adaptation cinématographique l'est encore plus. C’est moi qui ai acheté les droits cinématographiques du roman il y a huit ans. J’ai reçu beaucoup d’offres qui n’ont pas abouti jusqu’à ce que Jane Campion me contacte. Je suis tombé en bas de ma chaise lorsque j’ai reçu l’appel de son agent. On s’est vus à Cannes en 2017, et ensuite, on s’est revus à Rome, où la chimie s'est tout de suite installée, raconte-t-il en entrevue. 

On est allés au Montana pour rencontrer les héritiers de Thomas Savage afin de s’inspirer, mais on a tout tourné en Nouvelle-Zélande. Je lui ai dit que la Nouvelle-Zélande ressemblait plus au Montana que le Montana!, ajoute-t-il.

Le tournage s'est étalé sur 55 jours. La pandémie a forcé l'arrêt de la production pendant près de quatre mois.

Jane Campion est la première femme à avoir remporté la Palme d'Or au Festival de Cannes avec son film La leçon piano (The Piano), sorti en 1993. Avec Le pouvoir du chien, elle revient après une absence de 12 ans au cinéma, pendant laquelle elle a réalisé la série policière Au bout du lac (Top of the Lake). Adapter un roman au cinéma est plus difficile que de partir d’un scénario original. Jane Campion a su garder la force du roman, dit Roger Frappier.

Une femme est assise derrière une caméra devant des montagnes.

Jane Campion derrière la caméra sur le tournage du film

Photo : Twitter/The Power of the Dog

Kirsten Dunst aux côtés de Benedict Cumberbatch

Le film met entre autres en vedette la prolifique actrice Kirsten Dunst, qu'on a pu voir dans une quarantaine de films. Nous l'avons rencontrée pour une entrevue à la Mostra de Venise. 

Pour moi, c'était important de travailler avec Jane Campion. Elle n'avait pas fait de film depuis longtemps, et en faire partie m'était essentiel. Elle a un regard sensible que j'apprécie beaucoup. [...] Jane fait de la poésie avec des images.

Une citation de :Kirsten Dunst, actrice

Le film tourne autour de la tension entre deux personnages, Rose (Kirsten Dunst) et Phil Burbank (Benedict Cumberbatch). C'est intéressant, toutes mes scènes ont été filmées sans Phil, je devais donc trouver seule mes propres démons. Et sur le plateau, je gardais mes distances avec Benedict pour créer une certaine tension, nous raconte-t-elle. 

Cette première mondiale à Venise a une signification toute particulière pour elle. Pour être honnête, quand nous faisions le film, à cause de la pandémie, nous ne pensions pas être capables de le terminer. Être ici, à Venise, est donc fantastique.

Une femme blonde regarde sur le côté, l'air triste.

Kirsten Dunst dans le film « Le pouvoir du chien » (« The Power of the Dog »)

Photo : Twitter/The Power of the Dog

La musique du film est signée par Johnny Greenwood, guitariste du groupe Radiohead. Le géant Netflix, qui distribue le film, espère bien se retrouver à la cérémonie des Oscars.  

Après Venise, l'équipe du Pouvoir du chien fera la tournée des festivals, dont celui de Toronto. Le film aura droit à une sortie en salle limitée au mois de novembre avant d'être mis en ligne le 1er décembre sur Netflix. Roger Frappier est confiant : Si le film me touche autant, c'est parce que je suis convaincu qu'il va durer dans le temps.

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