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Ben Marc Diendéré, premier président noir du Conseil des arts de Montréal

Un homme en complet bleu sourit à l'objectif à l'extérieur d'un bâtiment.

Ben Marc Diendéré a pris ses nouvelles fonctions mercredi, en remplacement de Jan-Fryderyk Pleszczynski.

Photo : Conseil des arts de Montréal / Normand Huberdeau

Radio-Canada

Le Conseil des arts de Montréal a écrit une page de son histoire cette semaine en nommant un premier homme noir à la tête de son conseil d’administration, Ben Marc Diendéré. Ce Montréalais polyvalent d’origine africaine affirme être activement à la recherche de solutions pour redresser la philanthropie culturelle mise à mal par la pandémie.

Né à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, il y a de cela 50 ans, Ben Marc Diendéré se considère comme un Montréalais à part entière, lui qui est arrivé dans la métropole à l’âge de 25 ans.

Homme d’affaires et communicateur passionné de culture depuis son plus jeune âge, M. Diendéré a occupé plusieurs fonctions depuis son arrivée au Québec. Actuellement chef des affaires publiques et des communications de VIA Rail Canada, il a déjà travaillé pour des organisations comme la SODEC, Québecor Média et Sollio Groupe Coopératif, la plus importante coopérative du secteur agricole au Canada.

J’ai navigué entre la culture, les médias, les télécoms, l’agroalimentaire et maintenant le transport, a-t-il expliqué à Catherine Richer, chroniqueuse culturelle au 15-18. Mais la culture occupe une place particulière dans son cœur.

Je n’ai pas décroché depuis que je suis tout petit. C’est mon éveil, c’est là ou j’ai appris à comprendre le monde, à m’y connecter et à savoir qu’il y a un "ailleurs".

Les arts et les affaires : des alliés essentiels

Avec plusieurs campagnes de financement à son actif – notamment pour le Rideau Vert, le TNM et la compagnie de théâtre documentaire Porte Parole, derrière la pièce J’aime Hydro – M. Diendéré se sent bien positionné pour comprendre la relation particulière entre le monde culturel et celui des affaires.

Je comprends très bien le besoin financier qu’il y a derrière les organismes de la culture, a-t-il expliqué. Ça va prendre de l’argent du public, mais aussi du monde des affaires, parce qu’on est tous bénéficiaires d’une certaine élégance de la ville, d’une certaine beauté.

Convaincu que la vie serait bien triste sans les arts et la culture, il cherche maintenant à rétablir la relation avec les partenaires financiers de l’industrie, tout en étant conscient des effets de la pandémie sur la société dans son ensemble.

On ne peut pas jeter le blâme aux gens d’affaires. Tout le monde était dans une pandémie, a-t-il déclaré. C'était inopiné, c’est venu brutalement, et le temps que les gens mettent de l’ordre leurs propres finances, ils ont suspendu l’aide qu’ils envoyaient à certaines organisations culturelles. C’est malheureux, mais ce n’est pas par méchanceté.

Il refuse tout de même que la culture soit traitée comme le parent pauvre des malheurs et demeure convaincu qu’il y a des façons de garder à flots les institutions culturelles québécoises, hors des sentiers battus.

À 7-8% du PIB national, c’est beaucoup d’argent, la culture. Et il faut qu’on commence à la regarder différemment.

Une citation de :Ben Marc Diendéré

Considérer d’autres sources de financement

Il s’étonne d’ailleurs de constater la portée limitée des campagnes de financement pour la culture, notamment auprès des petites entreprises et des personnes immigrées. On est dans un Québec fait à 90 % de PME, et on ne les a pas encore impliquées totalement dans la philanthropie, a-t-il expliqué.

La philanthropie est encore coincée entre les Francos et les Anglos, mais moi je pense qu’il y a encore le Chinois le plus riche, le Sud-Asiatique le plus riche et l’Haïtien le plus riche à Montréal qu’on n'a pas encore sollicités pour la philanthropie. C’est tout ça qu'il va falloir stimuler.

Une citation de :Ben Marc Diendéré

En attendant de trouver la meilleure façon de convaincre ses homologues que l’art est l’affaire de toute une société, Ben Marc Diendéré espère pouvoir agir comme un pont entre les différentes communautés montréalaises et québécoises.

J’ai milité longtemps pour l’inclusion et la représentativité. C’est important pour mon garçon, pour la petite fille d’origine haïtienne ou afrodescendante, ou pour l’Asiatique qui me voit. Oui, je veux être un pont, je veux être un porte-voix des communautés [culturelles], et également des communautés autochtones.

Avec les informations de Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l'émission Le 15-18.

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