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Vives réactions face à un possible foyer de groupe pour des bambins de la DPJ

Un toutou vêtu d'un blouson aviateur et d'un casque sur une table avec en fond de décor un enfant dans son lit de bébé.

Accueillir un enfant de la DPJ nécessite l'investissement complet des membres de la famille et de tout l'entourage.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La possibilité de mettre en place un foyer pour des bébés de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en Mauricie génère une levée de boucliers. Certains pressent le gouvernement de mettre en place le grand chantier émanant du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

C’est le cas de l’organisme Pétales Québec qui a pour mandat d’accompagner les parents et de favoriser le lien d’attachement. La directrice de l’organisme estime que le rapport de la Commission Laurent offrait des recommandations clé en main pour justement éviter ce genre de situation. Danielle Marchand n’observe pas de mise en place des recommandations depuis le dépôt du rapport en mai.

C’est juste la pointe de l’iceberg. Ça m’inquiète beaucoup que l’administration d’un [CIUSSS] envisage une solution de désespoir de cause. Je ne peux pas imaginer qu’on envisage de telles solutions, ajoute la directrice.

Des règles jugées trop strictes

Plusieurs continuent de décrier la rigidité des règles pour devenir famille d’accueil. Jadianne Clément a entamé le processus pour accueillir un poupon de la DPJ il y a environ cinq mois, mais elle a abandonné le projet.

L’emplacement de la chambre qui pourrait accueillir l’enfant pose problème. La pièce se trouve au sous-sol, pas très loin de la chambre des parents. Mais la règle de la DPJ demande à ce qu’elle se trouve au même étage ou au-dessus.

« On nous a dit: "C’est cette règle-là, il n’y a pas d’autre possibilité." On n’a même pas eu envie de continuer la rencontre. »

— Une citation de  Jadianne Clément

La mère de famille et éducatrice à la petite enfance plaide pour qu’il y ait davantage de cas par cas dans le processus de sélection. Elle estime que le processus prive des enfants de milieux sains et chaleureux.

Ils n’arrêtent pas de le dire: il manque de familles d’accueil. Mais ils privent certaines familles qui ont vraiment envie d’aider, qui ont vraiment envie de donner de l’amour, déplore Jadianne Clément.

Le dernier recours

Concernant les règles strictes, le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec indique que des dérogations sont parfois possibles, et invite les familles intéressées à se manifester et à se rendre au bout du processus.

La directrice des programmes pour la jeunesse au CIUSSS MCQ, Nathalie Garon, estime que c’est de la responsabilité de l’organisation d’envisager toutes les options, même celles de derniers recours.

On a vraiment le devoir [...] de toujours avoir un endroit pour héberger les enfants qui font l’objet d’un signalement et qui vivent dans une situation où leur développement ou leur sécurité peut être compromis. C’est une responsabilité qu’on prend avec grand grand sérieux, assure Nathalie Garon.

Quant à Régine Laurent, qui a présidé la Commission, elle a pris la décision de ne pas commenter l’actualité depuis le dépôt de son rapport en mai dernier. Elle souhaite attendre de voir ce que le gouvernement va faire de ses recommandations.

À savoir si les choses vont assez vite, Mme Laurent réitère son devoir de réserve, mais l’éventualité que des nourrissons soient intégrés à un foyer de groupe de la DPJ ne l’enchante guère et ne la laisse pas indifférente.

Le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant a décliné notre demande d’entrevue.

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