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Allégations d’inconduite : Trudeau devrait lâcher Raj Saini, selon le NPD

Le candidat libéral Raj Saini rejette les allégations selon lesquelles il aurait eu un comportement inapproprié envers de jeunes employées.

Raj Saini sourit derrière une pancarte posée par son équipe.

Raj Saini brigue un nouveau mandat dans la circonscription ontarienne de Kitchener-Centre, malgré des allégations d'inconduites.

Photo : Facebook/Raj Saini

À la lumière des allégations d'inconduite visant le libéral Raj Saini, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a appelé Justin Trudeau à ne plus soutenir sa candidature dans Kitchener-Centre, tandis que le Parti conservateur a dit attendre du chef libéral « une réponse sérieuse ».

La sortie des néo-démocrates fait suite à la publication d'un reportage de CBC, dans lequel sept sources au fait du dossier ont indiqué que M. Saini aurait plus d'une fois fait des avances déplacées et tenu des propos inappropriés.

Le candidat libéral a quant à lui nié toute allégation de comportement inapproprié.

En conférence de presse mercredi, la néo-démocrate Lindsay Mathyssen, qui tente se faire réélire dans la circonscription ontarienne de London–Fanshawe, a demandé à Justin Trudeau de ne plus permettre à M. Saini de se présenter sous la bannière libérale.

M. Trudeau a une fois de plus prouvé que son féminisme n'était que façade, a-t-elle accusé.

Le chef du NPD Jagmeet Singh a ensuite fait écho aux propos de sa candidate, dénonçant chez Justin Trudeau une tendance à ignorer les inquiétudes des femmes.

C'est la même attitude que le chef libéral a adoptée en faisant fi des problèmes soulevés par les femmes au sein des Forces armées canadiennes, a-t-il donné en exemple. Plus tôt cette année, l'armée canadienne a été plongée dans la tourmente après qu'une série de hauts gradés eurent été accusés d'inconduites et d'agressions sexuelles.

Selon certains témoignages, le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan et le bureau du premier ministre étaient au courant, mais ne sont pas intervenus.

Le fait que les inquiétudes de [ces] femmes aient été complètement ignorées et le message inquiétant que ça envoie aux femmes de ce pays, soit qu’elles ne seront pas écoutées, c’est ça, le vrai problème.

Une citation de :Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

D'après plusieurs sources qui se sont confiées à CBC, quatre employées ont informé un cadre du Parti libéral que Raj Saini ainsi que l'ancien député libéral Marwan Tabbara auraient eu un comportement inapproprié à l'endroit de jeunes employées lors d'une fête de fin d'année, en 2015.

Selon les témoignages, les deux hommes auraient touché les employées et auraient eu les mains baladeuses au cours de la soirée.

Ces allégations auraient ainsi été portées à l'attention du bureau du premier ministre et de la cheffe de cabinet de Justin Trudeau, Katie Telford, selon ces mêmes sources.

Or, le Parti libéral du Canada a indiqué à CBC n'avoir aucune trace au dossier ni connaissance de cette affaire.

Raj Saini a pourtant été la cible de plusieurs allégations, a souligné la néo-démocrate Lindsay Mathyssen. Il est clair qu'elles n'ont pas été traitées correctement, a-t-elle déclaré.

Quatre hommes, dont Justin Trudeau, et une femme sont assis les uns à côté des autres à une longue table.

(Archives) Justin Trudeau lors d'une rencontre en compagnie de Raj Saini (à droite) et de Marwan Tabbara (à gauche), en avril 2019.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Parmi les témoignages recueillis, une ancienne haut placée a raconté avoir déposé une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne, l'an dernier, disant avoir été la cible d'avances indésirables et de harcèlement de la part de M. Saini.

Après avoir signalé en vain les comportements déplacés du député libéral – qui l'ont plongée dans un état de détresse psychologique –, elle dit avoir tenté de s'enlever la vie dans le bureau de M. Saini, en mars 2020.

Plusieurs sources ont aussi indiqué que Raj Saini aurait ensuite harcelé une jeune employée du parti, allant jusqu'à la suivre lors de plusieurs événements et à lui demander son numéro de téléphone.

Une employée a aussi indiqué que M. Saini aurait pris l'habitude de l'appeler dans son bureau tard dans la nuit. Inconfortable, elle en serait venue à demander qu'un employé du bureau d'un autre député l'accompagne pour ne pas se retrouver seule en sa présence.

À ces allégations aussi, le Parti libéral a répondu qu'il n'était pas au courant.

Justin Trudeau a justifié sa décision de ne pas exclure Raj Saini de son équipe en expliquant qu'il avait fourni aux plus hautes instances les détails des procédures, qui ont été menées avec rigueur.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

O'Toole exige une « réponse sérieuse » de la part de Trudeau

Une réponse jugée insatisfaisante par le chef conservateur Erin O'Toole, qui a reproché à Justin Trudeau de ne pas prendre ses responsabilités.

Dans la garde rapprochée du chef libéral règne une culture de la dissimulation, a-t-il poursuivi, évoquant à son tour l'inaction du gouvernement Trudeau dans le cas des Forces armées canadiennes.

Tout le monde savait, sauf Justin Trudeau, apparemment, a-t-il ironisé.

Et là, on observe la même culture au sein de son propre personnel? C'est très inquiétant, a-t-il ajouté.

J'espère que M. Trudeau et son équipe fourniront une réponse sérieuse, à savoir comment on a pu dissimuler [ces informations].

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur du Canada

Se disant rarement en accord avec le chef du Parti conservateur, la néo-démocrate Lindsay Mathyssen a admis qu'Erin O'Toole avait bien géré le dossier d'allégation d'inconduites sexuelles qui visait l'un de ses candidats.

Plus tôt cette semaine, le chef conservateur a demandé à Troy Myers, alors candidat dans Dartmouth—Cole Harbour, en Nouvelle-Écosse, de se retirer de la course après qu'une femme eut affirmé en avoir été la victime.

Avec des informations d'Ashley Burke, de CBC News

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