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La Côte-Nord en manque d’enseignants

Des élèves dans une classe.

La pénurie de main-d'œuvre touche durement le milieu scolaire (archives).

Photo : iStock

Félix Lebel

La rentrée scolaire n’a pas été de tout repos sur la Côte-Nord, alors que les centres de services scolaire (CSS) tentent désespérément de trouver du personnel enseignant, tout en jonglant avec des banques de remplaçants vides.

À Natashquan, on n'a jamais vu un tel manque de ressources à la veille d’une rentrée. Trois postes d'enseignants au primaire étaient toujours à pourvoir au début du mois d’août.

Pour assurer un maintien des services, une réorganisation majeure a dû être effectuée à l’école primaire du village. L’embauche de personnel non légalement qualifié a aussi été nécessaire.

Pour cette rentrée, les élèves de la 3e année jusqu’à la 6e année du primaire sont regroupés dans une seule classe de 35 étudiants.

Deux membres du personnel vont se partager la tâche d’enseignement, avec l’aide d’un éducateur spécialisé.

L'école primaire, avec en avant-plan, la clôture de la cour d'école.

L'École Notre-Dame-des-Anges de Natashquan fait face durement au manque de personnel (archives).

Photo : Page Facebook de l'école Roger-Martineau

C’est un véritable casse-tête et, malheureusement, on n’a pas toujours tous les morceaux nécessaires, explique le directeur général du CSS de la Moyenne-Côte-Nord, Mario Cyr.

Ce dernier n’a jamais été aux prises avec un tel manque de personnel en 25 ans de carrière.

Cette réorganisation de dernière minute est saluée par le syndicat des employés, qui estime que le Centre de services scolaire a les mains liées face à la pénurie de main-d’œuvre.

On est tous dans la même situation. Même si ça me fâche, on ne peut pas inventer des enseignantes. Au moins, on a pris la peine de consulter le personnel pour réorganiser les cours, explique la présidente du Syndicat de l’enseignement de la région du Fer, Monica Chiasson.

Monica Chiasson porte un veston rouge et prend la pose sur une rue à Sept-Îles.

Monica Chiasson prévoit que le problème de main-d'œuvre va se dégrader au fil des années (archives).

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Une fois la rentrée scolaire terminée, des appels de candidatures seront lancés afin de pourvoir ces postes vacants.

Toutefois, la situation reste fragile, étant donné l’absence de noms dans les banques de remplacement.

Des congés de maternité sont prévus pour cette année, et le CSS de la Moyenne-Côte-Nord est à court de candidats.

Pour les congés de maternité, on a une bonne idée de la durée, et du nombre de remplacements au cours des prochains mois. Dès que la rentrée scolaire va être terminée, nous allons rouvrir des postes afin de permettre des remplacements qui vont nous arriver au cours de l’année, explique Mario Cyr.

Ce dernier craint que des congés de maladie imprévus l’obligent à réorganiser les cours et ses ressources restantes.

Pénurie généralisée

C’est une situation que partagent aussi les autres centres de services scolaire de la Côte-Nord.

À Sept-Îles, même si les cours ont pu être offerts comme prévu, le recrutement reste un défi majeur.

On n’a pas beaucoup de marge de manœuvre. On a des équipes qui travaillent très fort pour recruter des candidats, mais c’est très difficile, explique Richard Poirier, le directeur général du Centre de services scolaire du Fer.

Richard Poirier est devant la pancarte des bureaux administratifs du Centre de services scolaire du Fer.

Richard Poirier assure que tout est mis en œuvre pour que les services aux élèves ne soient pas touchés par les difficultés de recrutement (archives).

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Face à cette situation, le Syndicat de l'enseignement de la région du Fer souhaite que Québec s’attaque au problème de main-d'œuvre.

Augmenter les primes salariales de rétention pourrait faire partie de la solution, selon le Syndicat, mais augmenter l’offre de formation sur la Côte-Nord serait incontournable également.

Un point de vue que partage le directeur général du Centre de services scolaire de la Moyenne-Côte-Nord, Mario Cyr, qui regrette que les enseignants doivent sortir de la Minganie pour étudier.

Il y a des gens qui ont des compétences et des qualifications universitaires, qui sont obligés présentement d’aller deux ans aux études à l’extérieur parce qu’il n’y a pas d’offre adéquate. On perd comme ça des employés pendant deux ans alors qu’on est en pénurie de main-d'œuvre, explique-t-il.

L’Université du Québec à Chicoutimi offre présentement des cours en enseignement du primaire à son pavillon de Sept-Îles.

Un partenariat permet par ailleurs aux étudiants de combiner quelques jours d’enseignement sur le terrain tout en poursuivant leurs études universitaires.

Un pas dans la bonne direction, mais qui ne règle pas tous les problèmes de main-d'œuvre, d’après Richard Poirier, du Centre de services scolaire du Fer.

D’autant que la pénurie de main-d'œuvre dans les écoles ne concerne pas seulement le personnel enseignant.

Des chauffeurs d’autobus, des techniciens spécialisés, des orthophonistes, pour ne nommer que ceux-ci, sont toujours recherchés dans les différentes écoles de la Côte-Nord.

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