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Davantage de places en garderie, mais un manque d’éducatrices

Des enfants jouent avec leur éducatrice à une table.

Près de 600 nouvelles places en service de garde ont été annoncées pour l'Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / CBC

Au lendemain de l’annonce de la création de nouvelles places subventionnées en garderie en Abitibi-Témiscamingue, plusieurs s’interrogent sur la capacité à trouver la main-d'œuvre pour faire fonctionner ces services de garde.

Les multiples intervenants amenés à réagir sur l’annonce sont unanimes : il s’agit d’une excellente nouvelle et d’un pas dans la bonne direction pour les parents des quelque 1000 enfants en attente d’une place en garderie dans la région.

Un mais revient cependant rapidement dans les discussions : où trouver les éducatrices pour travailler dans ces installations pour lesquelles on a annoncé 584 nouvelles places?

Le président de la Chambre de commerce Témis-Accord, Charles Lavergne, tient à être clair. Il se réjouit de la création de ces nouvelles places en garderie dans la région.

Toutefois, celui qui a eu l’occasion de participer à un dîner-conférence avec le ministre Mathieu Lacombe s’est dit surpris de constater le peu de connaissances du politicien quant à l’étendue de la pénurie de main-d'œuvre qui sévit en Abitibi-Témiscamingue.

Ce que j’ai été étonné d’apprendre, c’est que le ministre semblait ignorer les milliers de nouveaux emplois annoncés à Rouyn-Noranda et à Val-d’Or, dans le secteur minier et dans la foresterie, dans un avenir aussi rapproché que dans les cinq prochaines années. Ça ne faisait pas partie de sa compréhension du problème auquel on est confronté , affirme-t-il.

Mathieu Lacombe s'adresse aux médias dans la cour d'un CPE de Rouyn-Noranda.

Le ministre de la Famille annonçait mardi à Rouyn-Noranda la création de nouvelles places en CPE dans la région.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Selon M. Lavergne, le consensus parmi les gens des milieux d’affaires, de la santé et de l’éducation présents lors de la rencontre avec le ministre tendait vers une augmentation de l’immigration internationale comme solution pour apaiser la pénurie de main-d'œuvre.

La création d’emplois, c’est souhaitable, on la veut, elle fait partie du développement économique. En revanche, le gouvernement doit prendre la mesure de l’incidence, de l’impact et de la pression que cela exerce sur les soins de santé, l’éducation, les services de garde et le logement , souligne-t-il.

Le ministre est un peu resté sans mots à savoir comment on pourrait aller chercher de nouveaux résidents, comment on pourrait favoriser l’immigration dans notre région.

Une citation de :Charles Lavergne, président de la Chambre de commerce Témis-Accord

On aurait aussi déploré lors de la rencontre le fait que les délais pour obtenir la résidence permanente sont beaucoup plus courts au Nouveau-Brunswick et en Ontario qu’au Québec.

Des négociations qui mettent sous pression les garderies non subventionnées

Parmi les places annoncées par le ministre Lacombe mardi, 80 ont été octroyées à la coopérative de solidarité Le Phénix, à Rouyn-Noranda. Le Phénix est une entité mise sur pied par l’équipe du Vol du Colibri afin de parvenir à obtenir des places subventionnées à Rouyn-Noranda.

Une bâtisse avec un terrain qui comporte divers jeux pour enfants.

La coopérative de solidarité Le Vol du colibiri, qui offre un service de garde à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Bien qu’elle se réjouisse de l’annonce des 584 nouvelles places subventionnées dans la région, la présidente du conseil d’administration de la Coopérative de solidarité Le Vol du Colibri, Marie-Ève Barbe, ne peut s’empêcher d’évoquer la difficulté pour les garderies non subventionnées d’être aussi attractives que les CPE.

Au Vol du Colibri, les tarifs ont dû être augmentés l’automne dernier afin d’offrir des salaires compétitifs aux éducatrices. Mme Barbe craint toutefois de revenir à la case départ lorsque les négociations pour une augmentation salariale seront conclues entre le gouvernement et les éducatrices des CPE.

On souhaite l’amélioration des conditions de travail des éducatrices. Ça fait partie de la valorisation du métier d’éducatrice et c’est super important. Toutefois, pour nous, au Vol du Colibri, c’est certain que ça va influencer notre attractivité au niveau de la main-d'œuvre. On va retrouver l’écart qu’on avait réussi à combler. Ça devient essoufflant de suivre la parade , constate Marie-Ève Barbe.

De l’argent pour les humains, pas pour du béton, clame la CSN

Pour le président de la branche régionale de la CSN, Félix-Antoine Lafleur, il est temps que le gouvernement investisse dans les conditions de travail des éducatrices, plutôt que dans des infrastructures physiques.

C’est encore une annonce de béton. C’est ça le problème, on n’investit pas dans la main-d'œuvre, on investit dans le béton. On dirait que la directive qui est donnée par la CAQ dans l’ensemble de ses sphères, c’est qu’on va mettre de l’argent dans du béton, dans du bois et dans de l’acier, mais je n’ai jamais vu un mur de béton éduquer un enfant , illustre-t-il.

La situation n’est pas prête à s’améliorer à court terme, car selon des informations obtenues par Radio-Canada, moins de 10 étudiantes doivent obtenir leur diplôme en complétant le programme de Techniques d’éducation à l’enfance au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue en 2022.

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