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Les internautes hostiles sont tout aussi méchants dans la vraie vie, révèle une étude

Un homme surpris par ce qu'il voit sur son téléphone.

Les discussions politiques hostiles sur le web sont causées par des individus motivés par leur statut.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les internautes qui publient des messages hostiles sur les réseaux sociaux sont tout aussi tranchés dans leur vie quotidienne, montre une étude réalisée par des chercheurs danois.

Le chercheur Alexander Bor et ses collègues du Département de science politique de l’Université Aarhus se sont demandé pourquoi les discussions politiques en ligne sont plus hostiles que les discussions hors ligne.

L’une des explications souvent avancées réside dans le fait que la psychologie humaine serait adaptée à une interaction en face à face, de personne à personne. Selon cette hypothèse (mismatch hypothesis, en anglais), le comportement des gens changerait donc pour le pire lors de discussions impersonnelles qui se déroulent en ligne.

Or, dans huit études s'appuyant sur des enquêtes et des expériences comportementales menées auprès de 8000 Danois et Américains, les chercheurs n’ont pu confirmer le rôle de cette hypothèse dans les échanges en ligne, bien au contraire.

Leurs résultats montrent plutôt que les discussions politiques hostiles sur le web sont causées par des individus motivés par leur statut qui sont tout aussi hostiles en ligne que hors ligne.

Ces données apportent une première preuve que les discussions en ligne semblent plus hostiles, en partie parce que le comportement de ces individus est plus visible en ligne que hors ligne, notent les chercheurs.

Ainsi, la raison pour laquelle de nombreuses personnes estiment que les discussions politiques en ligne sont si hostiles serait liée, selon les chercheurs, à la visibilité des comportements agressifs sur la toile.

Ils ont aussi constaté que les gens bienveillants évitent habituellement toutes discussions politiques en ligne, qu’elles se produisent dans les blogues, les forums ou les réseaux sociaux tels que Twitter ou Facebook.

Ainsi, ces travaux tendent à montrer que l’hypothèse selon laquelle des personnes habituellement agréables dans la vie peuvent se transformer en trolls méchants lorsqu'elles ne peuvent pas voir physiquement la personne avec laquelle elles discutent serait fausse. Les propos de ces personnes seraient simplement plus visibles en ligne, estiment les chercheurs, dont le détail des travaux est publié dans la revue American Political Science Review (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Comment réduire l’hostilité?

Il n'existe pas de solution facile pour empêcher les comportements agressifs sur Internet. Les chercheurs pensent qu’il est pratiquement impossible de bloquer la haine en ligne par l'éducation, puisqu’elle n’est pas le fruit de l'ignorance.

Les gens hostiles savent que leurs mots blessent et c'est pourquoi ils les utilisent. Nos résultats laissent à penser qu'il est nécessaire de clairement mentionner ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas dans chaque page de discussion. Il faut aussi faire respecter ces normes en ayant recours à des modérateurs, explique Alexander Bor.

La meilleure façon de contrer l'hostilité en ligne passerait, selon M. Bor, par une modération intensive des sites de discussion.

Il estime que d’autres études pourraient, à l’avenir, évaluer si les comportements en ligne des trolls suscitent l'hostilité des autres personnes habituellement bienveillantes en détournant le débat des discussions en ligne.

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