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Les libéraux promettent des dépenses de 78 milliards sur cinq ans

Plusieurs grandes promesses avaient déjà été dévoilées, mais la plateforme comprend plusieurs nouveaux engagements, notamment en environnement et sur l'avortement.

Justin Trudeau en conférence de presse.

Justin Trudeau a présenté la plateforme électorale du Parti libéral mercredi matin.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Au 18e jour de la campagne, et tout juste avant le premier débat, les libéraux de Justin Trudeau ont dévoilé leur plateforme électorale, promettant d'investir 78 milliards de dollars sur cinq ans, soit trois fois plus que les revenus qu'ils projettent d'engranger d'ici 2025-2026.

S'il est réélu le 20 septembre prochain, le Parti libéral du Canada (PLC) prévoit ainsi dépenser trois dollars pour chaque dollar engrangé, ses prévisions de revenus s'élevant à un peu plus de 25 milliards de dollars d'ici cinq ans.

Le retour à l'équilibre budgétaire n'est pas dans les cartons pour le moment, mais le PLC prévoit que le ratio de la dette par rapport au PIB fondra de 2 % d'ici 2025-2026.

En avril, le budget déposé par la ministre des Finances, Chrystia Freeland, prévoyait un déficit de 155 milliards de dollars pour 2021-2022. Ce chiffre a été revu à la baisse en août, à 138 milliards, par le Directeur parlementaire du budget. Les libéraux promettent maintenant d'ouvrir les robinets en 2021-2022 avec de nouveaux investissements de 13 milliards pour la relance économique et dans différents programmes. Ils évaluent maintenant le déficit à 157 milliards de dollars dans leur plateforme.

Répondant aux questions concernant sa plateforme, Justin Trudeau n'a pas paru inquiété par le niveau élevé de dépenses mercredi, parlant d'un plan responsable, prudent et aussi transparent.

« C’est important d’être fiscalement responsable, et de vivre selon nos moyens. Mais c’est aussi important de faire les bons investissements pour que les générations futures puissent prospérer encore plus. »

— Une citation de  Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Les libéraux comptent notamment sur leur promesse d'augmenter le taux d'imposition des banques de 3 % pour financer les investissements. On a fait le choix de demander aux banques encore plus parce qu’elles ont très bien profité de cette pandémie, a lancé Justin Trudeau.

Invité à commenter le plan des conservateurs de revenir à l'équilibre budgétaire en 10 ans sans couper dans les investissements, le chef libéral s'est montré peu impressionné. Erin O’Toole peut bien dire ce qu’il veut, mais s’il ne dévoile pas ses chiffres, pourquoi les Canadiens devraient le croire?

Il se base sur une pensée magique qui implique une croissance de 3 % chaque année, sans même comprendre que d’investir dans un réseau de garderie à 10 $ par jour est le meilleur moyen de ramener les femmes sur le marché du travail et d’assurer la croissance au pays, a ajouté le chef libéral.

On a partagé nos chiffres en détail dans notre plateforme, les autres partis n’ont pas partagé leurs chiffres.

Pandémie, emploi et environnement

Plusieurs des grandes promesses comprises dans la plateforme avaient déjà été dévoilées par l'équipe libérale depuis le début de la campagne, notamment concernant l'accélération de la construction et de la rénovation de 1,4 million de logements et l'embauche de personnel soignant pour améliorer l'accès au réseau de la santé partout au pays.

Certains éléments nouveaux sont toutefois apparus mercredi. Les libéraux prévoient notamment de mettre fin aux subventions aux énergies fossiles deux ans plutôt que prévu, soit en 2023, en plus de retirer le statut fiscal d'organisme de bienfaisance aux organisations qui fournissent des services de consultation malhonnêtes aux femmes en matière d'avortement.

Ils souhaitent aussi rassurer les employeurs, surtout ceux des petites et moyennes entreprises, qui comptent exiger la preuve vaccinale pour ramener leurs travailleurs en présentiel en déposant un projet de loi qui leur permettrait de le faire sans crainte de contestation judiciaire.

Leur plan comprend également le dépôt, dans les 100 premiers jours d'un éventuel mandat, d'un projet de loi sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Initialement, ce projet était prévu en 2020, mais la pandémie a retardé la volonté des libéraux d'y procéder. Ils veulent raviver dans ce même délai la réforme de la Loi sur la radiodiffusion, le projet de loi C-10, grandement critiqué par les conservateurs.

Pour stimuler la relance économique et s'attaquer à la pénurie de main-d'œuvre, les libéraux veulent aussi maintenir le Programme d’embauche pour la relance économique du Canada jusqu’au 31 mars prochain, en plus de créer un crédit d'impôt pour inciter les aînés à demeurer sur le marché du travail sans être pénalisés financièrement.

Le PLC prévoit aussi un total de 350 millions de dollars pour permettre à 20 000 Afghans de plus, donc un total de 40 000, de venir s'installer au Canada d'ici 2023.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Du recyclé, du réchauffé et de l'improvisé, selon les adversaires

Les conservateurs ont présenté leur plateforme dès le lendemain du déclenchement de la campagne. Le Bloc québécois a suivi quelques jours plus tard. Quant au Nouveau Parti démocratique (NPD), une bonne partie de son programme a été dévoilée avant même le début de la période électorale.

Les adversaires de Justin Trudeau attendaient donc la plateforme libérale de pied ferme, insinuant qu'une panne d'idées en retardait probablement la publication. Et ils se sont montrés peu impressionnés par l'envergure du plan libéral dévoilé mercredi, au 18e jour de la campagne.

Rebondissant sur la pique de Justin Trudeau quant à l'absence de chiffres pour soutenir sa propre plateforme, Erin O'Toole a répliqué en attaquant sur deux fronts. Justin Trudeau a lui-même déclenché les élections et recycle maintenant des promesses de la dernière campagne qu’il a échoué à remplir, a-t-il lancé, sans toutefois préciser quand le Parti conservateur comptait publier un cadre financier appuyant ses promesses et prévisions.

Jagmeet Singh n'a pas perdu de temps non plus pour attaquer Justin Trudeau mercredi matin. Avant même le dévoilement du plan libéral, le chef néo-démocrate s'est montré incrédule devant la mise en œuvre des mesures promises. Les libéraux font de grandes promesses, mais ils ne livrent pas la marchandise. Un exemple clé : ils ont promis de mettre en œuvre l’assurance-médicaments universelle, a-t-il illustré.

Justin Trudeau l’a répété pendant le discours du Trône, c’était une priorité pour les libéraux. Et au premier moment où on a eu la chance de voter sur un projet de loi, ils ont voté contre. Ça montre clairement qu’ils disent une chose pendant la campagne et qu’ils font autre chose quand ils sont élus.

Aujourd’hui, ce qui me dérange, c’est la légèreté, a pour sa part lancé Yves-François Blanchet en mêlée de presse en après-midi. Selon le chef bloquiste, les libéraux dépensent désormais sans égards à l'endettement. Il y a des chiffres que tu ne peux pas simplement lancer pour alimenter la conversation. Il faut que tu aies une articulation, et peut-être une attitude responsable derrière ça. Pour moi, c’est une préoccupation.

On verra le détail […]. Mais il y a beaucoup d’éléments qui restent encore un peu vagues, a-t-il aussi déploré. Ça donne encore l’impression d’un programme qui est entre du réchauffé et de l’improvisé, selon les circonstances.

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