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La MRC de Memphrémagog limitera fortement la construction de nouvelles rues

Une grue sur la montagne Owl's Head, dans un gros trou.

Un développement immobilier sur le flanc est du mont Owl’s Head au début 2021 suscité l’indignation d'environnementalistes (archives).

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Le nouveau schéma d’aménagement de la MRC de Memphrémagog, qui a été présenté le mardi 31 août lors d’une consultation publique, prévoit de nouvelles mesures pour assurer la protection de l’environnement. Parmi elles, l'interdiction d’aménager de nouvelles rues dans plusieurs secteurs. Cependant, plusieurs citoyens auraient aimé que la MRC aille encore plus loin pour protéger l’environnement.

La précédente version du schéma d’aménagement de la MRC de Memphrémagog avait été adoptée en 1998, mais a fait l’objet de modifications au cours des dernières années. Il s’agit toutefois de la première refonte majeure depuis plus de 20 ans.

Ce document phare d’une MRC a pour objectif de guider les municipalités dans l’aménagement et le développement du territoire.

Cette refonte se concrétise dans un contexte où de nombreux projets de développement immobilier ont suscité une levée de boucliers dans la région comme celui du mont Owl’s Head ou de Bonsecours.

De nouvelles contraintes

Plusieurs nouvelles contraintes au développement immobilier seront intégrées dans le schéma d’aménagement de la MRC de Memphrémagog dont une interdiction de construction de nouvelles rues pour limiter l’étalement urbain.

Il ne sera plus possible de construire de nouvelles rues à l’extérieur des périmètres urbains, sauf dans certains secteurs. Il n’y a même pas le quart du territoire où il est possible de faire de nouvelles rues , a expliqué le coordonnateur à l’aménagement pour la MRC, Hugues Ménard.

Ce changement répond aux attentes du gouvernement du Québec selon le préfet, Jacques Demers. Tout ce qui est agricole, c’est déjà impossible et ce qui est hors périmètre urbain, ça prendra des cas d’exceptions , explique-t-il.

Il y aura beaucoup moins d’ouvertures de route que ce qu’on a pu connaître (dans le passé) et moins de facilité à en faire.

Une citation de :Jacques Demers, préfet de la MRC de Memphrémagog

Une interdiction de construire dans des pentes fortes (30 % et plus) pour éviter l’érosion est aussi prévue dans le nouveau schéma d’aménagement. Les nouvelles constructions dans des pentes de 15 à 30 % seront assujetties à une série de critères.

Pas assez selon des citoyens

Des citoyens réunis dans une salle écoutent les présentations des élus.

La consultation publique s'est déroulée à l'hôtel Eastman.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Certains citoyens présents à la rencontre jugent le schéma ne va pas assez loin pour faire face à l’urgence climatique. C’est le cas de Claude Desautels qui habite dans la municipalité d’Eastman. J’ai l’impression qu’une fois que le schéma sera adopté, le lendemain matin on sera déjà en retard parce qu’on ne se place pas dans un contexte d’urgence climatique , a-t-il déploré.

Actuellement on vit la COVID-19, mais il faut savoir que pour les changements climatiques, on ne réglera pas cela avec des vaccins et qu’il y aura probablement plus de dégâts (causés par les changements climatiques).

Une citation de :Claude Desautels, citoyen d’Eastman

Christelle Proulx Cormier, citoyenne de Magog abonde dans le même sens. On aurait intérêt à s’arrimer un peu plus avec la future stratégie d’urbanisme et d’aménagement du territoire du gouvernement du Québec, a-t-elle souligné. On devrait être un peu plus ambitieux et contraindre davantage le développement pour l’orienter dans les secteurs où ça va faire moins mal.

Selon le président de l’organisme Memphrémagog Conservation, Robert Benoit, le nouveau schéma sous-estime l’impact des changements climatiques. Je me demande si on ne prend pas de balises avec lesquels on est confortable. J’aimerais qu’on aille plus loin que cela , a-t-il commenté.

Un statut particulier pour le lac Memphrémagog

L’organisme Memphrémagog conservation (MCI) a fait savoir qu’un mémoire contenant 81 recommandations sera déposé sous peu.

La première est l’octroi d’un statut de protection particulier pour le lac Memphrémagog. Un statut qui permettrait d’implanter des normes plus strictes pour protéger cette source d’eau potable. Il faut reconnaître le lac Memphrémagog comme réservoir d’eau potable dans le schéma d’aménagement, ce qui n’est pas indiqué nulle part dans le schéma , déplore le président de l’organisme, Robert Benoit.

Le préfet Jacques Demers, s’est dit étonné par ce fait et s’est positionné en faveur de l’ajustement proposé.  

Transport actif

L’enjeu du transport actif a aussi fait l’objet de discussions lors de la consultation. Certaines citoyennes dont Christelle Proulx Cormier souhaiterait que l’on considère davantage le vélo comme un moyen de transport et non uniquement comme une activité de loisirs.

Une préoccupation aussi pour le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie qui analyse actuellement le schéma d’aménagement proposé. On va particulièrement regarder les mesures prévues pour la mobilité active, la lutte à l’étalement urbain, la préservation de milieux naturels , énumère Geneviève Pomerleau, adjointe aux changements climatiques et à la biodiversité pour l’organisme.

La MRC recueillera les commentaires des citoyens jusqu’au 7 septembre et prévoir adopter une nouvelle mouture d’ici octobre prochain.

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