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Plateforme libérale : un crédit d’impôt pour aînés contre la pénurie de main-d’œuvre

Le premier ministre Justin Trudeau est accusé par certains adversaires d’avoir contribué au manque de travailleurs en prolongeant les programmes d’aide fédéraux mis sur pied dans le sillage de la crise sanitaire.

Gros plan de Justin Trudeau parlant au micro.

Les libéraux de Justin Trudeau ont attendu au 18e jour de la campagne pour dévoiler leur plateforme électorale, qui comprend des mesures pour contrer la pénurie de main-d'œuvre.

Photo : La Presse canadienne

Le chef libéral veut encourager les aînés à rester plus longtemps sur le marché du travail avec des incitatifs fiscaux et miser sur la formation des travailleurs pour contrer la pénurie de main-d'œuvre, a appris Radio-Canada.

Selon nos informations, le Parti libéral proposera, dans sa plateforme qui sera rendue publique aujourd’hui, un crédit d’impôt pour prolongation de la carrière pouvant s’élever jusqu’à 1650 $ par année.

Il vise les personnes âgées de 65 ans et plus qui ont un revenu d’emploi annuel d’au moins 5000 $. À partir de 35 000 $ de revenu de travail, le crédit d’impôt diminuerait graduellement pour disparaître entièrement à 60 000 $.

Le coût de ce programme s’élèverait à 650 millions de dollars par an, selon le camp libéral.

L’objectif est d’encourager les aînés à occuper des emplois à temps partiel et de leur éviter d’être pénalisés en matière fiscale et sur le plan des allocations gouvernementales s’ils choisissent de continuer de travailler. Le camp libéral souhaite ainsi combler rapidement les besoins de personnel dans les commerces au détail, dans les quincailleries, par exemple.

Les libéraux fédéraux s'inspirent ainsi d’un modèle déjà instauré par le gouvernement du Québec. Les deux programmes viendraient s’additionner pour les résidents de la province.

Le taux d’emploi des personnes âgées de plus de 55 ans est de 34,5 %, contre 60,3 % pour les 15 ans et plus, selon les données de juillet de Statistique Canada.

Un travailleur manipule une portière de véhicule sur une chaîne de montage.

Un travailleur de l’usine de General Motors, à Oshawa, travaille sur une chaîne de montage.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les libéraux veulent aussi doubler le financement du Programme pour la formation et l’innovation en milieu syndical, annoncé dans le dernier budget. Le montant passerait de 25 à 50 millions de dollars par an pour aider les grandes organisations syndicales à mettre sur pied des formations de courte durée, comme dans le secteur de la construction.

Toutefois, les libéraux n’ont pas l’intention de mettre fin plus tôt que prévu à la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) qui doit venir à échéance le 23 octobre.

La PCRE, qui a remplacé la Prestation canadienne d’urgence, a souvent été prise pour cible par des entrepreneurs et des associations patronales, qui estiment que la générosité de l’aide offerte incite les travailleurs à rester à la maison plutôt qu’à se chercher un emploi.

Les promesses des adversaires

Les autres partis ont également ciblé la pénurie de main-d'œuvre comme un enjeu important de la campagne et proposent plusieurs mesures pour y remédier.

Les conservateurs souhaitent, par exemple, investir 250 millions de dollars sur deux ans pour créer un nouveau fonds qui offrirait aux employeurs et aux syndicats des subventions pour former des travailleurs.

Le chef Erin O’Toole promet également d’offrir aux Canadiens un prêt de 10 000 $ pour les aider à parfaire leurs compétences professionnelles.

De son côté, le camp bloquiste mise, comme les libéraux, sur les aînés. Il propose que les personnes plus âgées à faible revenu puissent travailler davantage sans être pénalisées financièrement.

Contrairement aux libéraux de Justin Trudeau, le chef Yves-François Blanchet souhaite la suspension de la PCRE, sauf pour des secteurs ciblés où la relance est lente, comme l'aéronautique et la culture.

Le NPD souhaite de son côté maintenir la PCRE. Jagmeet Singh juge que les montants versés actuellement – qui ont récemment diminué de 500 $ à 300 $ par semaine pour bien des travailleurs – ne sont pas suffisamment élevés pour avoir un impact significatif sur la pénurie de main-d'œuvre. C’est également un argument repris par les stratèges libéraux, en coulisses.

Pour les néo-démocrates, la solution passe inévitablement par l’immigration. Un gouvernement du NPD tenterait par exemple d’influencer le Québec pour que la province accueille plus d’immigrants économiques.

Une plateforme très attendue

Justin Trudeau aura donc attendu au 18e jour de la campagne pour publier sa plateforme électorale, juste avant le premier débat. Cette attente lui aura valu bien des critiques de ses adversaires.

Erin O’Toole accuse souvent Justin Trudeau de ne pas avoir de plan et prend plaisir à rappeler que ce sont les libéraux qui ont déclenché les élections.

Les conservateurs ont présenté leur plateforme au lendemain du déclenchement de la campagne. Le Bloc québécois a suivi quelques jours plus tard. Quant au NPD, une bonne partie de son programme a été dévoilée avant même le début de la période électorale.

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