•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une 4e vague « aussi difficile » que les autres en Alberta

Le personnel soignant commence cette vague un peu plus fatigué que la précédente, confie le Dr Luc Benoit, qui pratique à l'Hôpital de Red Deer.

Le personnel de la santé dans une unité de soins intensifs.

Le personnel de l'unité de soins intensifs du centre hospitalier Peter Lougheed de Calgary, en avril 2020.

Photo : Leah Hennel / Services de santé Alberta

C’est encore une fois le branle-bas de combat dans les hôpitaux en Alberta. Alors que le nombre de cas ne cesse d’augmenter, le système de santé se prépare à une quatrième vague qui devrait être aussi difficile que les précédentes.

Pour l’intensiviste et pneumologue Luc Benoit, c’est un peu le jour de la marmotte. Le médecin qui pratique à l’Hôpital de Red Deer, dans le centre de la province, s’attend à devoir traiter encore beaucoup de patients très mal en point, à la différence que lui et ses collègues commencent sérieusement à ressentir les effets de 18 mois de pandémie.

On commence un peu plus fatigués la 4e fois, comparé à la 2e ou 3e vague, illustre le médecin franco-albertain. Le Dr Benoit peut certes soigner davantage de gens s’il le faut, mais à l’Hôpital de Red Deer, qui compte en temps normal 12 places aux soins intensifs, les ressources ne sont pas infinies.

Le Dr Luc Benoit, de Red Deer, rappelle que les ressources du système de santé ne sont pas infinies.

Le Dr Luc Benoit, de Red Deer, rappelle que les ressources du système de santé ne sont pas infinies.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Nous en avons pris 23 ou 24 [patients] durant la 3e vague. Je pense que c’est possible de faire plus, mais pas pour très longtemps, peut-être quelques jours, une semaine ou deux. Il n’y a pas assez d’infirmières, c’est le plus grand problème, explique-t-il en entrevue.

Avec la fin de toutes les restrictions le 1er juillet, comme le port du masque dans les espaces publics intérieurs, et une couverture vaccinale sous la moyenne canadienne, la quatrième vague s’annonce aussi éprouvante que les précédentes, soutient le Dr James Talbot, professeur à l’Université de l’Alberta et surtout ancien médecin-hygiéniste en chef de la province. 

La quatrième vague semble devenir aussi difficile que les autres en matière d’hospitalisations et nous ne sommes encore qu’à mi-chemin du sommet des hospitalisations de la troisième vague, souligne le Dr Talbot qui ajoute toutefois que le nombre de décès demeure plus faible.

La tendance actuelle est claire. En l’espace de 10 jours, le nombre d’Albertains hospitalisés avec la COVID-19 a doublé, passant de 198 à 431.

Même chose en ce qui concerne les soins intensifs : on comptait 49 patients très mal en point le 21 août, ils sont désormais 106 dans la province.

Par comparaison, le Québec, dont la population est deux fois plus grande que l’Alberta, compte 136 hospitalisations, dont 36 aux soins intensifs, liées à la COVID-19. 

Cette pression supplémentaire sur le réseau de la santé se fait déjà sentir alors qu’à Edmonton, 30 % des chirurgies non urgentes sont reportées.

Des autorités absentes

Jason Kenney en conférence de presse avec la ville d'Edmonton derrière lui.

Le premier ministre albertain Jason Kenney a annoncé la réouverture complète de la province dès le 1er juillet.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

En Alberta, il n’y a pas que la hausse des cas qui est remarquée. L’absence du premier ministre Jason Kenney et de la Dre Deena Hinshaw, médecin-hygiéniste en chef de la province, l’est tout autant.

Toujours en vacances, Jason Kenney n’a pas été vu publiquement depuis le 9 août. Le dernier point de presse de la Dre Hinshaw remonte quant à lui au 13 août.

Un vide que déplore le Dr James Talbot.

Le vrai leadership, c'est de mener par l'exemple. Si les vacances des travailleurs de la santé sont annulées à cause de la COVID, ils doivent respecter les mêmes standards soutient le prédécesseur de la Dre Hinshaw.

L'ancien médecin-hygiéniste en chef de l'Alberta, le Dr James Talbot, critique l'absence des autorités.

L'ancien médecin-hygiéniste en chef de l'Alberta, le Dr James Talbot, critique l'absence des autorités.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

En attendant que la province réinstaure des mesures, la ville d’Edmonton imposera dès vendredi le masque dans tous les lieux publics intérieurs. Le maire Don Iveson ne cachait pas son impatience en faisant cette annonce plus tôt cette semaine.

« On a besoin d'action et de leadership pour remplir le vide. »

— Une citation de  Don Iveson, maire d'Edmonton

En l’absence de directives provinciales, James Talbot salue les initiatives prises par les municipalités et les commerces qui recommencent à imposer le port du masque.

Ça aide, mais on l’a vu durant les 1res, 2e, et 3e vagues, ça prend un gouvernement qui fait preuve de leadership pour l’ensemble de la province, indique le médecin.

En point de presse mardi pour présenter la plus récente mise à jour économique de la province, le ministre des Finances Travis Toews a défendu l’approche de son gouvernement.

Nous n'avons pas été silencieux. J'ai confiance que notre médecin hygiéniste en chef va présenter ses mises à jour au moment opportun.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !