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Les agriculteurs demandent aux politiciens fédéraux de mieux les protéger

L’Union des producteurs agricoles veut que les partis fédéraux s’engagent à protéger le système de gestion de l’offre.

Des vaches dans une étable.

Au cœur des demandes d'Yvon Boucher pour sa ferme laitière : la protection du système de gestion de l'offre.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Debout devant son étable, Yvon Boucher rappelle qu'une dizaine de fermes des alentours ont cessé leurs activités depuis les années 1990. Lui a suivi les pas de son père et de son grand-père à la ferme laitière du rang du Pipeline, à Saint-Césaire, en Montérégie.

Quand un producteur laitier disparaît, c'est toute une partie de l'économie qui vient de mourir, dit-il.

Juste ici, sur la ferme, je fais vivre cinq familles, à part tous les gens qui travaillent pour nous et qui nous fournissent des choses : le vétérinaire, l'inséminateur et des métiers indirects, comme le mécanicien, celui qui vend de l'essence... C'est incroyable tout ce qu'on peut apporter dans un milieu. Quand on dit "le Québec des régions", bien il faut y faire attention si on veut qu'il existe encore demain, explique M. Boucher.

Yvon Boucher, assis sur un tracteur, devant les bâtiments de la ferme.

Yvon Boucher a suivi les pas de son père et de son grand-père à la ferme laitière familiale à Saint-Césaire.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Au cœur des demandes d'Yvon Boucher se trouve un concept complexe pour les non-initiés : protéger le système de gestion de l'offre qui régit le marché canadien du lait, des œufs et de la volaille.

On nous émet des quotas de production selon les besoins de la consommation, pour ne pas créer de surplus ou de carence, explique celui qui est aussi président du syndicat des producteurs de lait de la Montérégie. La gestion de l'offre permet à un producteur, peu importe où il est au Canada, d'avoir le même prix pour le transport et le même prix pour le lait.

Sinon, lui-même serait avantagé par rapport, par exemple, aux producteurs de lait de l'Abitibi ou de la Gaspésie, plus éloignés des centres de transformation.

Cet équilibre est menacé, selon les agriculteurs, par les différents accords de libre-échange conclus au fil des ans. Le beurre américain et le fromage européen trouvent de plus en plus de place sur le marché canadien et il est temps de fermer la porte, à leur avis, et d'éviter les brèches dans les prochains accords commerciaux.

Des brèches dans les accords

Marcel Groleau devant un édifice portant le logo de l'UPA.

L'Union des producteurs agricoles, que préside Marcel Groleau, est exaspérée par les concessions faites par les gouvernements au fil des ans.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Là, on est un peu exaspérés, parce que ça fait quelques fois qu'on a des engagements des libéraux, des conservateurs : on n'en fera plus, de concessions, puis ils en font quand même.

Une citation de :Marcel Groleau, président de l'UPA

Les libéraux ont négocié le nouvel ALENA, l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, explique le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau. Avant eux, les conservateurs avaient négocié l'entente avec l'Europe et l'entente du Partenariat transpacifique. Dans tous les cas, les agriculteurs canadiens y ont perdu, selon l'UPA. Des compensations ont été offertes aux producteurs canadiens, mais elles étaient insuffisantes, à leur avis.

Le gouvernement libéral a beau dire qu'il nous a compensés, précise Yvon Boucher, ce n'est jamais à la hauteur des pertes que je subis, et ça, c'est à perpétuité, ce n'est pas juste pour cinq ans.

Le député Louis Plamondon, du Bloc québécois, avait déposé l'an dernier le projet de loi C-216 pour protéger la gestion de l'offre.

Il a été adopté en deuxième lecture, mais le déclenchement des élections l'a rendu caduc.

Il y a un engagement des libéraux et des conservateurs à compenser les producteurs, mais on exige surtout qu'il n'y ait pas d'autres concessions dans les prochaines ententes, ajoute Marcel Groleau en mentionnant de futurs accords avec les pays du MERCOSUR et la Grande-Bretagne.

L'UPA compte bien obtenir des engagements plus clairs, la semaine prochaine, lors de rencontres avec des représentants de cinq partis fédéraux, dont l'ex-députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau, elle-même agricultrice.

Aider plus les petits

Claude Carmel caresse trois agneaux dans un champ.

Après avoir été ingénieur industriel, Claude Carmel a suivi son rêve de devenir éleveur de moutons.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Dans un champ de Carignan, près de Chambly, une dizaine d'agneaux suivent docilement Claude Carmel. Le propriétaire de la nouvelle ferme Le pré du mouton noir demande aux politiciens de porter attention aussi aux petites entreprises.

Dans toutes les industries, on favorise un peu les gros. Aider un peu plus les petits pour avoir une alimentation plus locale, c'est beaucoup ce que mes clients recherchent.

Une citation de :Claude Carmel, éleveur de moutons

L'ex-ingénieur industriel devenu éleveur de moutons dit avoir suivi ses rêves pour tenter une nouvelle aventure. La façon dont je m'en sors, c'est en faisant de la vente à la ferme, mais pour les autres éleveurs qui vendent juste à des grossistes, c'est beaucoup plus compliqué de réussir à tirer son épingle du jeu.

L'un des problèmes, à son avis, est le faible nombre d'abattoirs au Québec. Les abattoirs de proximité sont presque inexistants. Les réglementations ont été incroyablement resserrées, beaucoup pour notre sécurité alimentaire, mais il faut aussi avoir une certaine marge de manœuvre.

Claude Carmel, qui se décrit lui-même comme le mouton noir de la ferme, signale que l'agriculture est de compétence à la fois fédérale et provinciale. Comme dans le cas des abattoirs, c'est toujours une question d'harmoniser les différents paliers de gouvernement, et ça, on sait que c'est tout un sport.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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