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Le Texas adopte un projet de loi controversé sur l’accès au vote

Des électeurs qui portent un masque déposent leur bulletin de vote au Cypress Fairbanks Funeral Home, à Houston.

La maison funéraire Cypress Fairbanks était l'un des lieux de vote utilisés dans le comté de Harris en novembre dernier.

Photo : Associated Press / Elizabeth Conley

Radio-Canada

L'assemblée législative du Texas, à majorité républicaine, a adopté mardi un projet de loi électorale qui, selon les démocrates et les défenseurs du droit de vote, restreindra celui des minorités.

Les républicains ont ainsi infligé une cuisante défaite aux démocrates, qui se sont battus pendant des mois contre ce qu'ils considéraient comme une tentative éhontée de priver de leur droit de vote les minorités visibles, notamment les Afro-Américains, et d'autres électeurs qui sont plus enclins à voter démocrate.

Une fois en vigueur, le projet de loi de près de 75 pages, dont la promulgation n'est qu'une formalité, limitera notamment les heures de vote, restreindra le vote par correspondance, interdira le dépôt des bulletins de vote dans des sites destinés aux automobilistes et donnera des pouvoirs accrus aux observateurs partisans.

Avec ses 17 millions d'électeurs, le Texas est l'État le plus populeux remporté par le camp républicain, mais sa démographie évolue progressivement en faveur du Parti démocrate.

Le projet de loi vise d'ailleurs spécifiquement les bastions démocrates, notamment le comté de Harris, à Houston. Plusieurs des mesures incluses dans la réforme électorale restreignent ou interdisent les mesures mises en place par ce comté, le plus populeux de l'État, en raison de la pandémie de COVID-19.

L'an dernier, le comté avait entre autres permis l'ouverture des bureaux de vote 24 heures par jour et le dépôt des bulletins de vote dans des boîtes destinées aux conducteurs. Il avait aussi soutenu l'envoi automatique de demandes de vote par correspondance à deux millions d'électeurs inscrits.

Tout cela sera désormais interdit, et les responsables électoraux qui enverront des demandes de vote postal à des électeurs qui n'en ont pas spécifiquement fait la demande pourraient faire l'objet de sanctions pénales.

Les républicains font valoir que les bureaux de vote pendant les deux semaines de vote anticipé partout au Texas devront désormais être ouverts pendant au moins une heure supplémentaire et que davantage de comtés devront ouvrir des bureaux de vote pendant au moins 12 heures.

Le gouverneur Greg Abbott, un gouverneur républicain, a déjà annoncé depuis longtemps qu'il promulguerait le texte législatif, connu sous le nom de projet de loi 1 du Sénat.

Dans un communiqué publié quelques minutes après l'adoption du projet de loi, il a dit avoir hâte d'apposer sa signature à un texte législatif qui allait faciliter le vote, rendre la fraude plus difficile et garantir l'intégrité des élections au Texas.

En mai, le président américain Joe Biden disait voir dans cette initiative une nouvelle « attaque » contre le droit de vote et la démocratie.

Des dizaines d'entreprises, parmi lesquelles se trouvent des sociétés comme Microsoft, American Airlines, Unilever, HP, Patagonia et Levi Strauss, ainsi que des entreprises et chambres de commerce locales, avaient pour leur part dénoncé les réformes électorales envisagées par les républicains de l'État.

Avant même l'adoption du texte, le Texas était déjà considéré comme l'un des États américains où il est le plus difficile d'exercer son droit de vote.

Bras de fer partisan

Au cours des derniers mois, le texte législatif a été au centre d'une épreuve de force acrimonieuse entre républicains et démocrates. Les démocrates ont boycotté les derniers jours de la session législative, en mai.

Quelques semaines plus tard, la majorité des représentants démocrates ont fui, temporairement, l'assemblée législative de leur État pour Washington de façon à priver les républicains du quorum nécessaire pour soumettre le texte au vote.

Les républicains avaient notamment contre-attaqué en les menaçant d'arrestations, et le gouverneur Abbott avait même apposé son veto sur le versement des salaires de milliers d'employés de l'État parce que le projet de loi n'était pas parvenu plus tôt sur son bureau.

Mais le gouverneur a convoqué deux sessions spéciales d'affilée et les démocrates sont petit à petit revenus, permettant finalement d'atteindre un quorum le 19 août. La loi a ainsi été débattue, puis finalement adoptée mardi.

Ce n'est pas le moment d'abandonner. C'est le moment d'adopter une loi fédérale sur le droit de vote, a réagi sur Twitter l'ancien représentant démocrate Beto O'Rourke, ex-candidat sénatorial du Texas, puis ex-candidat aux primaires démocrates pour la présidentielle américaine.

Le projet de loi auquel il fait allusion, qui a été adopté par la Chambre des représentants américaine, sera vraisemblablement bloqué par les républicains du Sénat.

Le projet de loi texan est la plus récente initiative du genre des républicains, qui resserrent dans plusieurs États l'accès au vote au nom de la lutte contre la fraude électorale.

De nouvelles restrictions ont ainsi été ajoutées en Georgie, en Floride, en Arizona, notamment, dans la foulée des déclarations non fondées de l'ex-président Donald Trump au sujet d'une élection qui lui aurait selon lui été volée.

Depuis janvier, au moins 18 États ont adopté 30 lois électorales restrictives et des dizaines d'autres sont en cours d'examen, selon le groupe de réflexion non partisan Brennan Center for Justice.

En 2017, l'organisation indépendante a évalué que le risque de fraude électorale, sur la base d'études portant sur des élections passées, se situait entre 0,00004 % et 0,0009 %.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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