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Des bébés de la DPJ pourraient se retrouver dans un foyer de groupe

Un bébé couché sur le dos dans son lit, dont on voit les jambes en gros plan.

L'APTS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec lance un cri du coeur pour trouver des solutions.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Aux prises avec un manque criant de familles d'accueil, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en Mauricie et au Centre-du-Québec a entamé des démarches pour ouvrir un foyer de groupe pour des bambins de 0 à 3 ans. La simple évocation de cette possibilité suffit à faire bondir le syndicat qui représente les intervenants.

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) considère qu’il est impensable d'envisager que des bébés soient intégrés dans un milieu qu'on dit impersonnel et froid, et qui ne ressemble pas à une famille.

« C’est la clientèle la plus vulnérable qu’on a dans notre société. »

— Une citation de  Jean-Christophe Côté-Benoît, représentant APTS national pour la Mauricie-et-le-Centre-du-Québec

Jean-Christophe Côté-Benoît, représentant APTS national pour la région, craint pour le lien d'attachement de ces enfants et estime que la situation va nuire à leur développement. Je pense que c’est une solution qui pour eux peut paraître financièrement viable. Mais je pense qu’on oublie les besoins de ces enfants-là. Je pense qu’on oublie d’aider sans nuire pour ces enfants-là, croit-il.

Le représentant syndical demande au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) d'envisager d'autres solutions, comme l'assouplissement des critères d'évaluation des familles d'accueil. Il évoque également la création d’un centre mère-enfant où la mère biologique pourrait rester avec son bébé sous la supervision de professionnels.

On a l’impression que c’est un fonctionnement en silo, qu’une personne a décidé que ça marcherait comme ça et que c’est comme ça que ça va marcher, déplore Jean-Christophe Côté-Benoît. Il assure cependant que le syndicat ne s’opposera pas à la création du foyer de groupe et que les intervenantes feront des sacrifices pour y travailler.

La situation n'est pas sans rappeler l'ouverture de deux foyers de groupe à la base de plein air Ville-Joie en décembre dernier. Cette solution, dite temporaire, est toujours en place huit mois plus tard.

Pire en Mauricie

La situation serait pire en Mauricie, selon Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d'accueil et des ressources intermédiaires du Québec. Elle note qu'il y a eu ces dernières semaines une augmentation de demandes de fermeture des familles d'accueil et de mises en non-disponibilité des places.

Geneviève Rioux estime qu’il est impensable de considérer l’ouverture d’un foyer pour des enfants en si bas âge.  C’est un retour à l’institutionnalisation. C’est un retour en arrière énorme , se désole-t-elle.

La présidente attribue cette situation à un manque de soutien des gestionnaires à la DPJ. Elle affirme elle aussi avoir tiré la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois sans avoir reçu de réponse de la part du CIUSSS.

Minimalement, appelez la Fédération pour qu’ensemble on regarde ce qui est le mieux pour nos ressources. Ce premier pas là n’est même pas fait encore et on parle d’ouvrir un centre pour les 0-3 ans. C’est impensable, dit-elle, découragée.

Au CIUSSS MCQ, personne n'était disponible pour répondre à nos questions en entrevue. On indique cependant qu'un comité s'est réuni mardi matin pour évaluer les possibilités.

L’organisation insiste sur le fait que l'ouverture d'un foyer d'accueil pour des bébés est une éventualité qui pourrait être mise de l'avant si la demande devenait trop importante. Toutes les solutions sont actuellement à l'étude, selon le CIUSSS qui convient néanmoins que la réflexion est bien réelle et qu'un lieu est déjà identifié.

Un porte-parole de la santé publique rapporte que l'inscription de nouvelles familles d'accueil intéressées pourrait changer la donne dans la situation. Ces familles sont d'abord invitées à s'inscrire à des rencontres d'information.

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