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O’Toole critique la stratégie de reprise économique de Trudeau

Erin O'Toole parle derrière un lutrin.

Le chef conservateur Erin O'Toole a parlé d'économie dans son studio aménagé dans un hôtel d'Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O'Toole, est passé à l'offensive mardi sur le thème de la reprise économique : il a reproché aux libéraux de Justin Trudeau d'avoir pris du retard par rapport à d'autres pays et de ne pas avoir de plan de réduction des dépenses.

Il a commenté un nouveau rapport de l’OCDE qui, selon le PCC, démontre que le Canada est le seul pays du G7 dont la croissance économique ralentit.

Sous Justin Trudeau, le Canada est le seul pays du G7 à avoir enregistré un ralentissement de la reprise économique au deuxième trimestre. Alors que d’autres pays se remettent de la COVID-19, le Canada tire encore de l’arrière, a décrié le chef conservateur dans une déclaration écrite transmise aux médias lundi soir.

Vérification faite, au deuxième trimestre 2021, le Canada a enregistré un taux de croissance de 0,6 %. Comme il s’agissait d’une baisse par rapport à 1,4 % au trimestre précédent, c’est la seule grande économie qui a enregistré une croissance moindre au deuxième trimestre, indique l'OCDE dans son rapport.

Toutefois, le Canada n'est pas bon dernier lorsqu'on examine le PIB des grandes économies, puisque le Japon a connu une croissance de 0,3 %. Il est par contre devancé par la France qui affiche un taux de 0,9 %.

Aux yeux d'Erin O'Toole, ces statistiques démontrent une pauvre performance économique, a-t-il dit en conférence de presse, mardi midi, dans son studio aménagé dans un hôtel d'Ottawa. Il considère que l'économie canadienne empire au lieu de s'améliorer. Ces données nous rappellent la fragilité de notre économie, a-t-il ajouté.

La vie devient plus difficile, pas le contraire. Sous Justin Trudeau, on va vers la récession et non vers la reprise.

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur du Canada
Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Mettre fin aux mesures extraordinaires

Erin O'Toole a reconnu d'emblée que les conservateurs avaient soutenu les dépenses d'urgence en réponse à la pandémie. Il a concédé qu'une situation extraordinaire entraîne l'adoption de mesures extraordinaires.

Mais ça ne peut pas durer indéfiniment. Ce qui est prudent en situation d'urgence est imprudent sans urgence, a-t-il spécifié. Selon lui, il est important de contrôler les dépenses tout en maintenant les services essentiels dont nous avons besoin.

Il reproche au chef libéral Justin Trudeau de ne pas avoir de plan pour réduire les dépenses. Il l'accuse d'emprunter plus de 400 millions de dollars chaque jour. De l'argent que nous devons rembourser, a-t-il insisté. Le déficit fédéral pour l'exercice financier en cours est évalué à plus de 381 milliards de dollars.

Il a attaqué le bilan du gouvernement Trudeau, le blâmant de ne pas avoir respecté ses objectifs de création d'emplois. [Justin] Trudeau a raté sa cible de 340 000 emplois, a-t-il déploré.

Le Canada dépense toujours plus, 500 milliards de dollars de plus en deux ans, mais nos résultats sont parmi les pires.

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur du Canada

Il a mentionné que le taux de chômage se situait à 7,5 % au Canada et, par comparaison, c'est plus que le taux de chômage du Royaume-Uni et de l'Allemagne.

Vérification faite, selon les plus récentes données disponibles, l'Allemagne connaît un taux de chômage de 3,7 % et le Royaume-Uni, de 4,8 %. À titre indicatif, l'Italie, membre du G7, est aux prises avec un taux de chômage de 9,7 %, la Suède a déclaré un taux de 9,5 % en juillet et l'Espagne, de 15,1 %.

Pendant son discours, M. O'Toole a aussi fait remarquer que la dette augmente, que l'inflation croît et que les coûts de l'essence et de l'épicerie sont à la hausse. Mais notre filet de sécurité sociale est de plus en plus en danger. Les futures générations vont devoir payer cette dette, s'est-il désolé.

On va avoir une approche mesurée et responsable pour équilibrer le budget au cours de la prochaine décennie. Notre plan va contrôler les déficits, l'inflation et l'augmentation du coût de la vie.

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur du Canada

Quand la reprise sera bien implantée, le chef conservateur prévoit de réduire graduellement les programmes d'urgence et d'investir dans l'économie de façon sectorielle, tout en promettant de protéger le financement de la santé. On va agir pour l'avenir, a-t-il affirmé.

Cependant, le chef conservateur n'a pas expliqué concrètement comment il comptait s'y prendre pour équilibrer le budget, sans compressions, au cours des prochaines années. On va faire croître l'économie afin d'atteindre l'équilibre budgétaire d'une façon responsable et équitable sans faire de coupes, a-t-il promis.

Face à la hausse des cas de COVID-19, le leader s'est fait questionner par les journalistes sur le contrôle aux frontières. On doit avoir une réouverture sécuritaire. Nos frontières sont très importantes pour l'économie. On doit utiliser les vaccins et les tests de dépistage rapide à la frontière, parce que notre économie et le commerce international avec les États-Unis sont très importants pour une relance économique, a-t-il répondu.

Trudeau croit à l'idée d'investir

Justin Trudeau parle devant une clôture en bois.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors d'un point de presse à Ottawa, mardi matin.

Photo : Radio-Canada

À son tour, Justin Trudeau s'est fait demander lors d'un point de presse à Ottawa s'il entendait réduire les dépenses publiques advenant un autre mandat comme premier ministre, alors qu'il multiplie les annonces pendant la campagne électorale.

Il a rétorqué qu'il avait déjà commencé à réduire l'aide gouvernementale fournie pendant la pandémie parce que notre économie est en train de rebondir extrêmement fort, mais pas dans tous les secteurs.

Il a cité en exemple le milieu des arts et de la culture ainsi que l'industrie hôtelière et touristique qui nécessitent, selon lui, encore un soutien financier de l'État fédéral.

Relancé au sujet de l'avenir des finances publiques, le chef libéral a dit croire que les dépenses gouvernementales pouvaient contribuer à la croissance économique.

Un exemple parfait de cela est notre décision d'investir dans les garderies. On sait que 30 milliards de dollars au cours des prochaines années constituent une grosse dépense pour un gouvernement. Mais c'est aussi un véritable investissement, pas uniquement pour les familles [...], mais c'est aussi un important moteur de croissance économique, car les femmes peuvent alors entrer sur le marché du travail en plus grand nombre, a-t-il répondu.

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