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Passeport vaccinal : restaurateurs et sites touristiques craignent les commentaires

Un ours polaire se trouve dans son enclos au Zoo sauvage de Saint-Félicien.

Un ours polaire dans son enclos au Zoo sauvage de Saint-Félicien

Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Bourassa

Radio-Canada

Avec l'entrée en vigueur mercredi du passeport vaccinal, les restaurateurs et autres gestionnaires des sites visés par cette nouvelle mesure se préparent à accueillir leur clientèle, certains avec appréhension en raison des commentaires négatifs qui se multiplient déjà sur les réseaux sociaux.

Ainsi, il sera nécessaire d'être adéquatement vacciné, soit d'avoir reçu deux doses ou une dose et un diagnostic de COVID-19. En date du 29 août, selon les données de l'Institut national de santé publique (INSPQ), 82,6 % des Saguenéens et des Jeannois de 12 ans et plus sont adéquatement vaccinés. La proportion grimpe à 87,4 % pour ceux qui ont reçu leur première dose.

Les employés du Parc Mille Lieux de la colline, à Chicoutimi-Nord devront demander à leurs clients dès mercredi leur passeport vaccinal ainsi qu'une preuve d'identité avec photo. Les commentaires défavorables à cette nouvelle mesure, publiés sur la page Facebook de l'organisation, n'y changeront rien, a assuré Fabien Hovington, directeur général de la Société de gestion de la Zone portuaire de Chicoutimi.

On l'a vu aussi. On regarde les réseaux sociaux. Nous ce n'est pas un choix, c'est un parc familial. Le gouvernement le demande, alors c'est ce que l'on va mettre en application, a-t-il tranché.

Le Zoo sauvage de Saint-Félicien a aussi reçu plusieurs critiques. Le statut Facebook sur la page du site touristique annonçant l'obligation du passeport vaccinal a généré 350 commentaires, la plupart négatifs. Plusieurs personnes déploraient notamment que la part restante du passeport annuel du zoo ne soit pas remboursée.

On a des appels, des gens qui nous contactent, pour s'assurer que l'on va vraiment demander la preuve vaccinale, les deux vaccins. Il y a des gens qui ne sont pas en accord, mais écoutez, nous on l'exige parce que sinon on ferme nos portes, a répondu Lauraine Gagnon, directrice générale du Zoo sauvage de Saint-Félicien.

Des restaurateurs essoufflés

Essoufflés par la pandémie, les restaurateurs devront aussi exiger ce passeport. En raison d'un manque de personnel, une entrepreneure qui a fermé son commerce durant trois semaines se prépare à la réouverture le 6 septembre.

Il faut s'adapter à ça, ce n'est évident pour personne. Nous, ça nous demande aussi beaucoup de gestion en frais de personnel, les skus (unité de gestion des inventaires) ces choses-là, vérifier les passeports, ça ralentit aussi souvent le service face aux clients, a indiqué Amirah Derbala, copropriétaire du Coconut café à Alma.

Un homme verse une bière en fût.

Pierre Harvey est copropriétaire de la Microbrasserie Lion Bleu à Alma.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Du côté de la Microbrasserie Lion bleu, également à Alma, il y a aussi des craintes sur la facilité d'utilisation de l'application disponible sur la plateforme Android, a expliqué le copropriétaire Pierre Harvey.

Il y a la version sur Android, qui n'est pas encore cinq sur cinq, je vous dirais, avec les tablettes que l'on a. Puis c'est plus au niveau du personnel que ça prend vraiment des personnes dédiées [...] C'est la même bataille pour tout le monde, c'est difficile d'avoir des gens supplémentaires, a-t-il mentionné, en lien avec la pénurie de personnel qui sévit dans l'industrie.

Un homme sourit dans un restaurant.

Francois-Olivier Pelletier, directeur de la restauration Hôtel Universel.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Mais certains redoutent aussi la réception des clients. Les clients sont tannés. Souvent, il y en a qui ne comprennent pas pourquoi les mesures sont là, a fait part François-Olivier Pelletier, directeur de la restauration à l'Hôtel Universel Alma. Quand on fait affaire avec de la clientèle qui est régulière, souvent de leur demander le passeport et la pièce d'identité, ils vont nous dire : "Mais vous me connaissez, je viens ici tous les jours." Et ce qui est épeurant aussi, est-ce que ça va décourager les gens de venir?

D'autres restaurateurs ont confié trouver délicat de parler de ce sujet publiquement, craignant même des représailles de la part de la clientèle. Même s'ils comptent les respecter, ils auraient souhaité un assouplissement des mesures.

Pour sa part, le propriétaire des restaurants Resto Roberto à Alma et Jonquière, Roberto Martel, entend respecter l'obligation de demander la preuve vaccinale à ses clients à compter de mercredi. Il déplore cependant l'obligation de vérifier l'identité des clients qui présenteront leur VaxiCode. Le VaxiCode, je n'ai pas de problème avec ça, mais là, identifier les gens, c'est là que j'ai de la misère. On devrait faire confiance au monde. Ça va être un peu plus compliqué, a-t-il déploré lors de l'émission Place publique.

Roberto Martel est particulièrement mal à l'aise de devoir refuser des clients non vaccinés, dont un en particulier qui venait quotidiennement à son restaurant. J'ai un client qui vient tous les jours au restaurant en quadriporteur. On va le refuser, mais c'est un bon client. Mais je n'ai pas le choix, s'est-il résigné.

D'après un reportage de Laurie Gobeil

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